Bilan

Affaire Raoul Weil: Hansruedi Schumacher peut rentrer libre en Suisse

L’ancien banquier de l’UBS, témoin phare de l’accusation lors du procès de Raoul Weil en 2014, a échappé à une peine de prison ferme.

Hansruedi Schumacher (à droite) avec son avocat Peter Raben au tribunal de Fort Lauderdale (Floride) en octobre 2014 lors du procès Raoul Weil.

Hansruedi Schumacher, l’ancien cadre de l’UBS qui avait témoigné l’année dernière dans le procès de Raoul Weil à Fort Lauderdale en Floride, a échappé à la prison ferme. Cette information révélée par Bilan la semaine dernière a été confirmée hier par un magistrat fédéral de Floride. Le juge Daniel Hurley a condamné le conseiller financier helvétique à 5 ans de prison avec sursis et à une amende de 150 000 dollars. Hansruedi Schumacher, âgé de 57 ans, peut rentrer librement en Suisse et reprendre ses activités de consultant financier sans avoir de rendre de comptes à officier américain de liberté conditionnelle.

Le verdict du juge Hurley n’est pas une surprise. Le 28 septembre dernier, le gouvernement américain et Peter Raben, l’avocat de Schumacher, avaient déposé deux motions concordantes et recommandant que le banquier helvétique soit condamné à 5 ans de prison avec sursis et à une amende de 150 000 dollars. Ils avaient rappelé dans leur demande que la sentence était comparable à celles des autres banquiers suisses déjà condamnés pour des affaires d’évasion fiscale. Peter Raben avait représenté Renzo Gadola, un ancien collègue de Schumacher à l’UBS qui avait été condamné en 2011 à 5 ans de prison avec sursis et à une amende de 7500 dollars. En 2014, Martin Lack, lui aussi défendu par Raben, avait été condamné la même peine.

Chèque de 150’000 dollars

Dans sa motion du 28 septembre, le procureur fédéral Mark Daly avait souligné la coopération de Schumacher dans le procès contre Raoul Weil l’année dernière malgré “le grand danger” auquel il était confronté en témoignant. “La loi suisse sur le secret bancaire criminalise la dissémination d’informations sur les comptes bancaires”, avait-il écrit. “La perspective de poursuites en Suisse n’est pas hypothétique”. Le procureur avait justifié sa position en rappelant que Renzo Gadola qui avait aussi été témoin dans le procès de Raoul Weil, avait fait l’objet “d’interrogatoires, de confiscation de ses biens, d’une fouille de son domicile et finalement de poursuites pour espionnage économique”.

L’avocat Peter Raben avait précisé dans sa propre motion que Hansruedi Schumacher ne “craignait pas pour sa vie” et qu’il n’était “pas en danger”. Mais il avait insisté sur le le tort que sa coopération avait fait à sa réputation. “Ces blessures ne guérissent pas facilement”, avait-il ajouté.

Mark Daly était présent lundi à West Palm Beach pour la lecture du verdict. “C’était très compliqué, le juge avait beaucoup de choses à dire”, affirme une source proche du dossier. Hansruedi Schumacher a présenté un chèque de 150’000 dollars comme garantie de sa liberté conditionnelle. Il n’a pas souhaité faire de commentaire à l’issue de l’audience.

Jean-Cosme Delaloye

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