Bilan

Actions: surpondérez les valeurs cycliques

Les analystes conseillent d’attendre la confirmation de la reprise avant de revenir sur ce marché.
  • Superbes performances depuis janvier: Emirats arabes unis (+36%), Arabie saoudite (12%) et Qatar (+11%). Crédits: Karim Sahib/AFP
  • Olivier Müller Crédits: CS

La Bourse suisse a progressé en parallèle avec la Bourse américaine depuis le début de l’année, le SMI gagnant environ 18% depuis janvier, pratiquement en parallèle à l’indice S & P 500 des valeurs américaines, alors que l’indice Eurostoxx 50 prenait à peine plus de 4%. Mais tout n’est pas que douceur et lumière sur les bourses mondiales: les marchés émergents ont perdu quelque 9% depuis le début de l’année, avec des performances très contrastées selon les pays.

L’indice turc recule de 13%, une perte qui est encore plus forte en monnaies étrangères puisque la lire turque a perdu environ 10% de sa valeur contre le franc suisse en seulement trois mois. L’indice russe, lui, cède plus de 7%. Certains marchés périphériques affichent par contre des performances époustouflantes: l’indice des Emirats arabes unis s’inscrit en hausse de 36%, une performance de casino, alors que l’indice saoudien prend 12%, talonné par l’indice qatari avec une hausse de 11%.

D’une manière générale cependant, Olivier Müller, analyste de Credit Suisse à Zurich, préconise une certaine retenue sur les marchés au vu de quatre facteurs d’incertitude. Le premier est la politique de la Réserve fédérale américaine dont on attend une clarification de sa politique d’achat d’actifs.

Dans l’immédiat également, les élections en Allemagne pourraient contribuer à de la volatilité. Autre élément à prendre en considération, la tendance sur les taux d’intérêt qui a été à la hausse jusqu’au début de septembre, dans l’anticipation d’une reprise de l’économie.

«Actuellement, les marchés doivent digérer ces taux», estime Olivier Müller. Quatrième facteur en cause, l’éventualité d’une intervention en Syrie paraît s’estomper dans l’immédiat. Tout se passe d’ailleurs comme si les investisseurs n’y avaient jamais vraiment cru (voir encadré ci-contre).

Olivier Müller conseille d’attendre quelque peu avant de revenir sur les marchés, surtout pour les investisseurs déjà fortement positionnés, mais reste positif dans un horizon à douze mois, et préconise une stratégie de surpondération des valeurs cycliques, qui devraient profiter de la reprise, des titres du secteur des technologies de l’information et de certaines financières.

Les objectifs par marché

L’objectif à douze mois est de 7843 sur le SMI qui ne devrait donc pas progresser à partir des niveaux actuels. La Suisse, prévient l’analyste de Credit Suisse, est un marché défensif, c’est-à-dire qu’il se comporte mieux que d’autres dans un contexte conjoncturel difficile. Mais cet avantage a aussi son revers: si les marchés reprennent effectivement au 4e  trimestre, il va sous-performer.

Dans la même perspective, l’Eurostoxx a un certain potentiel de reprise, avec un objectif à douze mois indiqué à 2913, soit 5 à 6% au-dessus des niveaux actuels. Aux Etats-Unis, l’objectif est fixé à 1763 sur le S & P 500, un potentiel du même ordre que celui de l’indice européen.

Au Japon, par contre, l’objectif est plus ambitieux puisque le Nikkei devrait atteindre 17  500, soit un potentiel de hausse supérieur à 20% à partir des niveaux actuels. Le Japon profite du retour de la croissance, à un rythme de 1,8% cette année, soit même un peu mieux que les Etats-Unis et la Suisse.

Au niveau des valeurs, cela donne les recommandations suivantes pour la Suisse: pour les cycliques, ABB, Adecco, Clariant, Georg Fischer, ainsi que Swiss Re dans les assurances.

En Europe, on suivra EADS, Schneider Electric, L’Oréal, ainsi que certaines banques solides comme HSBC. Dans les assurances, la liste comporte Allianz et Axa et, dans la technologie, SAP, une société allemande de logiciels. Aux Etats-Unis, Olivier Müller retient surtout des valeurs technologiques: Google, Oracle, Apple et Intel.

Au Japon, la liste de Credit Suisse inclut notamment Toyota, Bridgestone et Sony, bien placées pour bénéficier de l’affaiblissement du yen. Aux financières, elle retient notamment Sumitomo Mitsui Financial, Mitsubishi UFJ Financial Group et Mizuho Financial Group.

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