Bilan

Actions: adoptez une gestion opportuniste

La divergence entre les marchés actions et obligations a augmenté. Si les conditions financières devraient rester accommodantes, le potentiel de hausse semble désormais relativement limité.

Tendances Le solide rebond des marchés depuis le début de l’année a permis aux actifs risqués de récupérer la plupart des pertes enregistrées au dernier trimestre 2018. Après le pessimisme exacerbé de la fin d’année dernière, doit-on interpréter ces mouvements comme un excès d’optimisme ou un retour à la normale? 

Nous pensons que cette tendance est soutenue par l’environnement de faibles rendements obligataires et devrait se poursuivre au moins pour plusieurs trimestres (voir graphique). En effet, alors que les taux d’emprunts gouvernementaux auraient dû se tendre, pour refléter de meilleures perspectives macroéconomiques et, à terme, une augmentation des pressions inflationnistes, cette divergence observée entre les deux marchés, actions et obligataire, illustre le changement de ton observé depuis le début de l’année de la part des deux principales banques centrales, la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE).

Dès lors, la décision de la BCE d’emboîter le pas à la Fed en adoptant une approche accommodante réduit le risque de voir les taux d’intérêt se tendre significativement à court terme. Mario Draghi, président de la BCE, a en effet clairement indiqué que les conditions macroéconomiques actuelles ne permettraient pas à l’institution de relever ses taux directeurs en 2019. Dans le même temps, Jerome Powell, son homologue américain, a réitéré mercredi 20 mars la volonté du comité de faire preuve de patience et de prolonger la pause actuelle dans son cycle de resserrement monétaire au moins jusqu’à la fin de l’année 2019. Cela a eu pour effet d’accroître encore cette divergence entre le marché obligataire et celui des actions. 

Ainsi, le rebond de ce début d’année s’insère logiquement dans cet environnement plus porteur: les conditions financières vont rester globalement accommodantes et la récession redoutée le trimestre dernier ne devrait vraisemblablement pas se matérialiser à l’horizon d’un an. Cependant, dans un contexte de fin de cycle caractérisé par un ralentissement de la croissance des bénéfices et une sensibilité accrue des investisseurs aux risques externes, le potentiel de hausse semble désormais relativement limité. 

En termes d’allocation d’actifs, cela plaide selon nous pour une exposition équilibrée aux actions dans les portefeuilles en adoptant une gestion très opportuniste: prises de profit lorsque les objectifs sont atteints et mise en place de stratégies de couverture quand les conditions le permettent. Nous avons récemment favorisé les stratégies de portage sur le marché obligataire telles que la dette des marchés émergents en devises locales ou les obligations d’entreprise, en particulier dans les portefeuilles gérés sur les marchés européens qui souffrent de l’environnement de taux bas. Le principal risque est celui d’une matérialisation des pressions inflationnistes qui remettrait en question
la stabilité actuelle des taux. 

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