Bilan

Achetez un bien sans piller votre 2e pilier

Il existe au moins deux solutions permettant d’acquérir un logement sans devoir retirer une partie de son capital de prévoyance. Et elles sont souvent plus avantageuses.
Crédits: Pablo Blasberg/Getty

Acquérir son logement grâce aux avoirs cotisés pour son 2e pilier semble une évidence. Mais les futurs propriétaires, qui pensent souvent que c’est la seule possibilité de disposer d’un financement externe, sous-estiment les conséquences du retrait d’une partie de leur capital de prévoyance. En réalité, d’autres options existent, telles que le nantissement des avoirs de prévoyance ou le placement hypothécaire. Elles sont cependant méconnues, alors même qu’elles s’avèrent fréquemment plus avantageuses. 

Le nantissement des avoirs de prévoyance 

Cette solution représente une garantie octroyée au créancier dans le cas d’une impossibilité de remboursement. Le nantissement des avoirs de prévoyance permet au futur propriétaire de conserver la totalité de son capital de prévoyance. Il évite une révision à la baisse des prestations déterminées au moment du départ à la retraite. Il empêche aussi la réduction des rentes fixées en cas d’invalidité ou de décès. Autre avantage à considérer, le capital de prévoyance n’est imposé au niveau fiscal qu’en cas de réalisation du gage immobilier. En comparaison, le retrait anticipé est imposable – certes à un taux réduit – lors du versement de l’ensemble des revenus.

Voir la vidéo: 2ème pilier: où trouver du rendement? 

Ce choix que doit effectuer le cotisant, entre le nantissement et le retrait anticipé de ses avoirs, se pose également à propos du 3e pilier. A l’analyse, on réalise que les capitaux de prévoyance demeurent investis et continuent à croître dans le cadre du nantissement. Lors de l’amortissement d’une hypothèque en cours, les capitaux sont imposés et suivent donc par analogie les mêmes règles que pour le 2e pilier. 

Le placement hypothécaire 

 

Cette seconde option est prévue par l’ordonnance sur la prévoyance professionnelle OPP2. Le placement hypothécaire a pour objectif d’investir collectivement une partie des capitaux de prévoyance dans les biens immobiliers des cotisants. En contrepartie, la fondation de prévoyance dispose, au travers d’un fonds collectif, des cédules hypothécaires de ces derniers en garantie. L’avantage est évident. Le cotisant verse désormais l’intérêt hypothécaire au fonds collectif et non à une banque ou à une compagnie d’assurances. L’intérêt reçu participe ainsi au rendement réalisé par le fonds collectif. Comme pour le nantissement, l’assuré peut conserver en parallèle l’ensemble des prestations liées à sa caisse de pension et des possibilités de rachat.

Lire aussi: Rendements nuls: le 2ème pilier en péril? 

Par rapport au coût d’une dette, le cotisant bénéficiera de plusieurs avantages via un placement hypothécaire réalisé dans le cadre d’un plan de prévoyance complémentaire «1e» appelé aussi «Bel Etage». Il pourra envisager une économie substantielle après impôts (près de 70%). Dans le cadre d’un prêt hypothécaire traditionnel, il devrait parvenir à négocier un taux d’intérêt inférieur à 0,50%. Libre de choisir sa stratégie de placement, l’assuré disposera aussi de conditions comparables à un client institutionnel. Enfin, le rendement d’un tel placement se situe à environ 1,25%, tous frais déduits.

Lire aussi: Racheter son 2ème pilier reste avantageux 

Dans l’environnement actuel d’incertitudes et de taux d’intérêt bas, le placement hypothécaire invite le cotisant à s’interroger. Préfère-t-il investir une partie de ses capitaux de prévoyance dans son bien immobilier ou dans une obligation de la Confédération à 30 ans offrant un rendement négatif? Sécurité du placement, prévisibilité du rendement, stabilité du portefeuille, protection des proches (prestations conservées en cas d’invalidité ou de décès): le placement hypothécaire représente une alternative à considérer. Il assure notamment au cotisant de n’être jamais déçu par le rendement de sa caisse de pension puisqu’il s’agit – in fine – du bien immobilier dans lequel il vit.  

* Gérant de clientèle et membre du conseil de fondation de la caisse complémentaire chez Lombard Odier. 

Knut Giersch*

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