Bilan

« Régularisez vos avoirs à l’étranger avant 2018 »

Le fiscaliste Thierry Boitelle envoie un signal d’alerte aux contribuables avant l’entrée en vigueur de l’échange automatique de renseignements à l’horizon 2018. Cinq conseils pour votre déclaration d’impôt.

Devenir propriétaire, troisième pilier, déductions... Les astuces pour payer moins d'impôts.

Vous allez vous atteler à votre déclaration d’impôts ? Les conseils de Thierry Boitelle, fiscaliste chez Bonnard Lawson.

1 Régularisez-vous vite (au cas où c’est nécessaire)

A l’horizon 2018, le fisc suisse bénéficiera de l’entrée en vigueur de l’échange automatique de renseignements. Le fisc aura donc accès aux informations concernant d’éventuels avoirs non déclarés à l’étranger et pourra amender les indélicats qu’il intercepte. « Le contribuable a droit, une seule dans sa vie, à une déclaration ou dénonciation spontanée avec laquelle il peut se mettre en règle avec le fisc sans être amendé », indique Thierry Boitelle. La démarche porte sur les dix dernières années, qui doivent être documentées. Seuls les intérêts moratoires et le rappel d’impôt sur ces dix périodes fiscales sont perçus. « Dans les cas où il s’agit de comptes épargnes dormants, la facture à régler dépasse rarement 10% de la somme, environ 1% par année. »  Il en va bien sûr autrement s’il s’agit de revenus sortis frauduleusement de Suisse. Toujours dans le cadre de déclaration spontanée, en fonction de revenus non-déclarés les reprises d’impôts peuvent atteindre 45% dans certains cantons, une retenue qui atteint 50% avec les intérêts de retard. « N’attendez pas, conseille Thierry Boitelle. Si le fisc vous attrape, vous devrez en plus payer en plus une amende. »

2 Régularisez les biens immobiliers à l’étranger

« L’appartement où la propriété détenue à l’étranger constitue une niche fiscale car cette possession n’est pas imposée en Suisse. Ceci est valable tant pour les revenus (loyers ou valeur locative) et la fortune (valeur vénale du bien), mais ceux-ci sont pris en compte pour déterminer les taux progressifs  », poursuit Thierry Boitelle. Le contribuable a tout intérêt à la déclarer par dénonciation spontanée, puisqu’il n’y aura quasiment pas de conséquence sur la facture fiscale, tandis qu’il est amendable s’il ne le fait pas. Néanmoins, s’il s’agit d’une propriété de grande valeur, sa prise en compte peut faire passer le citoyen dans une catégorie de revenu ou fortune supérieur, ce qui dans un système de taux progressifs, peut alourdir d’un coup son ardoise.

3 Souscrivez un troisième pilier

Chacun a la possibilité de soustraire à son revenu quelque 7000 francs par an (6768 francs, état 2015) pour le consacrer à la prévoyance privée, le troisième pilier qui vient s’ajouter à l’AVS et au 2e pilier. Ces fonds sont bloqués mais peuvent être retirés sous certaines conditions comme la mise à son compte ou l’acquisition d’un logement. « A l’heure actuelle, il n’y a plus aucun sens à conserver de l’argent sur un livret d’épargne. Cela ne vous rapporte rien et peut même vous coûter suite à l’introduction de taux négatifs. Souscrire une assurance-prévoyance afin de constituer un capital pour sa retraite est une solution recommandée. En plus, ce capital et les revenus réalisés avec sont exonérés des impôts », souligne Thierry Boitelle. Il est également intéressant de compléter son deuxième pilier en rachetant les années où vous n’avez pas cotisé assez. Le montant versé est soustrait du revenu.

4 Devenez propriétaire

« L’immobilier constitue avec la prévoyance l’une des deux principales possibilités de déductions », observe Thierry Boitelle. Afin d’acquérir un logement, le contribuable souscrit un prêt hypothécaire dont le montant sera déduit de la fortune. Les intérêts hypothécaires sont quant à eux déductibles du revenu imposable. Les propriétaires d’une maison ou d’un appartement qui habitent leur propriété doivent payer un impôt sur la valeur locative. Bon à savoir : les rénovations sont déductibles du revenu. En principe, cette disposition concerne seulement les réparations et les travaux d’entretien visant à maintenir la valeur.

5 Des déductions à ne pas oublier

Différents frais professionnels sont déductibles. Le contribuable qui utilise les transports publics peut déduire ses dépenses effectives. Les déplacements sur le lieu de travail peuvent être déduits sous certaines conditions, ainsi que le repas de midi lorsque le contribuable ne peut le prendre chez lui ou en cas de travail par équipe ou de nuit à horaire continu.

Le contribuable peut aussi faire valoir certains frais médicaux. Une déduction qui concerne la part de 10% qu’il doit payer de sa poche sur les médicaments et les soins ainsi que les dépenses effectuées avant d’atteindre le niveau de la franchise annuelle. Par ailleurs, les frais de médecines alternatives sont déductibles pour autant qu'il s'agisse de thérapeutes. « Organisez-vous afin de conserver toutes les factures de l’année dans un classeur », commente Thierry Boitelle.

Les autorités genevoises ont inclu cette année aux documents pour la déclaration 2014 un petit guide sur toutes les déductions possibles. Un exemple à suivre.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan et community manager pour le site bilan.ch, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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