Bilan

«Mieux vaut planifier sa retraite dès 45 ans»

Choisir une stratégie de placement pour sa prévoyance professionnelle surobligatoire n’est que la 2e étape d’une planification financière globale intégrant la prévoyance. Explications.

Albert Gallegos, directeur à la Banque Cantonale de Genève (BCGE).

Crédits: Loris von Siebenthal

Avant de définir une stratégie de placement pour la partie surobligatoire de son épargne vieillesse, il convient d’intégrer l’ensemble de sa prévoyance professionnelle dans une stratégie patrimoniale globale, plaide Albert Gallegos, directeur à la Banque Cantonale de Genève (BCGE), responsable du département Conseil patrimonial et prévoyance.

Pourquoi poser comme préalable une analyse globale de la situation financière?

Ne serait-ce que parce que pour la majorité des plus de 50 ans, la prévoyance professionnelle représente quelque 60% de la fortune personnelle. En outre, à âge égal et salaire comparable, deux personnes auront des besoins futurs de revenu différents selon qu’elles disposent ou pas d’une fortune personnelle, qu’elles ont des enfants adultes ou d’âge scolaire, ou encore qu’elles envisagent de divorcer. Le risque de divorce est élevé  et a un impact important sur la situation financière. 

Quels sont les éléments à prendre en compte dans une planification financière?

Une telle planification doit intégrer le revenu actuel et les besoins de revenus futurs, la prévoyance – AVS, 2e pilier, mais aussi 3e pilier a et 3e pilier b – l’immobilier, la fiscalité, le montant de la fortune et les stratégies de placement choisies, ainsi que la problématique de la succession. Pour les entrepreneurs en exercice, s’y ajoutent une réflexion sur la cession à venir de l’entreprise et la fidélisation de leurs cadres à travers un bon plan de prévoyance. 

A quel moment une telle planification est-elle recommandée?

Les gens se préoccupent souvent trop tard de leur futur revenu à la retraite. Mieux vaut disposer de plus d’une dizaine d’années pour optimiser une stratégie patrimoniale, surtout si elle comporte une part sensible de placements en actions. Or, dans quinze ans, tous les baby-boomers seront à la retraite. Le nombre de personnes qui auraient intérêt à établir une planification financière globale, conseillée dès l’âge de 45 ans, est donc élevé. Une telle démarche est en outre recommandée lors d’un changement d’emploi ou de situation familiale. 

Concrètement, comment est-il possible d’optimiser fiscalité, rendement de l’épargne et revenus futurs?

D’éventuelles lacunes dans la caisse de pension peuvent être comblées avec des rachats déductibles du revenu. Rachats qu’il vaut mieux étaler dans le temps, en fonction de son taux marginal d’imposition. Il convient de noter que le rachat d’un défaut d’épargne dans l’institution de prévoyance est déductible du revenu s’il est consécutif au partage des avoirs de prévoyance après un divorce.  

Un propriétaire immobilier doit également réfléchir au niveau de dette «idéal» – actuellement et à l’âge de la retraite – en tenant compte des revenus et des déductions fiscales autorisées pour les intérêts sur le crédit hypothécaire ou les frais d’entretien. Ensuite seulement peut intervenir l’analyse de l’allocation d’actifs à choisir pour sa prévoyance surobligatoire.

Il convient de se poser des questions simples: quel est le montant que je peux consacrer à un rachat dans la caisse de pension ou à un investissement? Quel est mon horizon temps? Quelle perte maximale pourrais-je accepter? Il est également possible de prévoir des flux de revenus plus importants entre 65 et 75 ans que pour un âge plus avancé si l’on prévoit alors de moins voyager, tout comme d’anticiper des donations aux enfants.

Geneviève Brunet

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