Bilan

«Les banques centrales ont gonflé les indices»

Fouad Bajjali, patron d’IG Bank, lance le 13 octobre un Swiss Trading Day à Genève qui donnera la parole à des acteurs diversifiés de la finance.

Fouad Bajjali, CEO de IG Bank. 

Ce 13 octobre, IG Bank organise un Swiss Trading Day à Genève, en partenariat avec Bilan. Au programme, des spécialistes de la bourse, des experts des marchés financiers et des traders professionnels qui vont débattre, analyser la situation et évoquer les nouvelles stratégies à adopter pour 2017.

Parmi eux, Olivier Delamarche et Philippe Béchade, fondateurs du groupe de réflexion Les Econoclastes, rendus célèbres pour leurs interventions à contre-courant et parfois décoiffantes sur BFMTV. « Le flux de nouvelles financières est en général très mainstream, constate le CEO d’IG Bank en Suisse, Fouad Bajjali. Pour cette raison nous avons souhaité donner à cet événement une touche plus diversifiée».

Bruno Estier, qui a longtemps dirigé l’Association suisse des techniciens des marchés, est un célèbre chartiste qui fait aussi partie de ces voix qui ne se fondent pas dans la masse.

IG Bank appartient à IG Group, un acteur britannique du négoce en ligne fondé en 1974 qui figure parmi les leaders mondiaux du secteur, avec une capitalisation de 3,2 milliards de livres sterling à la Bourse de Londres. Il y a tout juste deux ans, IG Bank inaugurait ses locaux à Genève, après avoir obtenu une licence bancaire pour pouvoir opérer sur le marché helvétique.

« Lorsqu’on est actif dans le trading intrajournalier, en quête d’opportunités à court terme, on cherche des idées originales, des éclairages différents, et d’autres sons de cloche que les analyses très homogènes habituellement répandues sur le marché », poursuit Fouad Bajjali. «Tout l’intérêt, dans le trading, est de dénicher des idées et d’explorer des stratégies moins encombrées ».

Lire aussi: IG Bank, poids lourd du trading, s'installe à Genève 

Sur ce marché devenu très consensuel, les opportunités de trading se font plus rares, constate le dirigeant d’IG Bank. Avec la masse d’acteurs impliqués dans les marchés aujourd’hui, les événements mondiaux, même à très fort impact, n’ont pratiquement plus d’effets sur les indices boursiers.

«Auparavant, vous observiez des mouvements brusques sur le marché lors d’événements majeurs; aujourd’hui, beaucoup d’information est disponible, et surtout les interventions des banques centrales ont gommé beaucoup de volatilité des marchés ».

Dès lors, estime Fouad Bajjali, les niveaux actuels des indices ne reflètent en rien l’état réel des économies sous-jacentes. «Il serait intéressant de voir à quels niveaux seraient les indices boursiers aujourd’hui, s’il n’y avait pas eu de politiques monétaires non conventionnelles; je pense que la bourse ne pourrait être à ses niveaux actuels; on verra si j’ai raison lorsque les taux remonteront.»

Si les banques centrales ont gonflé les indices, les acteurs boursiers ne devraient-ils pas les en remercier tous les jours ? Fouad Bajjali en doute fort. « Est-il sain de voir des gens investir dans des obligations à taux négatifs, alors que sans intervention nous pourrions traiter aux taux d’intérêt du marché ? » En outre, pour les traders en forex (devises), il est évident que les interventions des banques centrales ont eu pour effet une baisse de la volatilité, un assèchement des liquidités et une réduction très importante des volumes.

Rendez-vous le 13 octobre, à l’hôtel Président Wilson à Genève, dès 16h. Entrée gratuite, sur réservation. Attention, le nombre de places est limité. Réservations ici

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan.

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