Bilan

«Le segment dit «High YieLd» redevient intéressant»

La responsable de la stratégie obligataire pour Credit Suisse reste prudente sur les obligations d’Etat.
Crédits: Dr

Pensez-vous que la banque centrale américaine va augmenter son principal taux directeur cette année?

Le scénario principal de nos économistes table sur une première augmentation des taux par la Fed de 25 points de base en décembre prochain. Celle-ci étant ensuite suivie d’augmentations de même ampleur les trimestres suivants.

Et le scénario pour la politique monétaire de la BNS?

Sa politique va essentiellement dépendre des décisions à venir de la BCE. La Banque centrale européenne a laissé entendre qu’elle pourrait prolonger son programme de rachats d’actifs, voire élargir la palette des titres éligibles à ces rachats. Chacune de ces décisions pourrait augmenter la pression sur le franc suisse. Dans ce cas, nos économistes s’attendent plutôt à ce que la BNS intensifie ses interventions sur le marché des changes plutôt que d’appliquer des taux d’intérêt encore plus négatifs sur les liquidités en franc.

Dans un tel contexte, quelles sont vos perspectives pour les marchés obligataires?

On a pu constater récemment que les marchés obligataires ne réagissent pas seulement aux décisions des banques centrales, mais sont également très sensibles à l’environnement économique réel. Les interrogations à propos de la solidité de la croissance économique en Chine ont augmenté l’aversion au risque avec une chute brutale de plusieurs marchés d’actifs risqués: les matières premières, mais aussi les devises des pays émergents, les actions ou encore certaines obligations d’entreprise.

Une fuite vers la qualité qui a favorisé les obligations sûres. Pour une caisse de pension suisse, est-ce le moment de renforcer l’obligataire?

Les caisses de pension ont souvent déjà une part importante de leurs avoirs constituée d’obligations en franc. Or, si elles les gardent jusqu’à l’échéance, ces obligations pourraient enregistrer une performance négative. Nous sommes plutôt réticents envers les obligations d’Etat avec toutefois une recommandation spécifique – si on opte pour ce type de titres – de commencer à acheter des obligations indexées sur l’inflation.

Et les obligations d’entreprises?

Dans la foulée du mouvement de panique qui a incité les investisseurs à céder rapidement les actifs risqués, on a constaté un fort élargissement des spreads sur les obligations d’entreprise. Le segment dit «high yield» redevient intéressant, mais peu de titres de ce type sont disponibles en franc. Les valorisations des titres dans le haut rendement ayant beaucoup diminué, il vaut la peine d’en reprendre, car ce type d’obligations offre actuellement un rendement de plus de 7% en dollar.

Ayant une vision positive sur le dollar, on peut même envisager de ne pas couvrir systématiquement le risque de change sur les titres en dollar. En revanche, étant donné un coût relativement bas, il est préférable de couvrir le risque de change face à l’euro, même si nous prévoyons une stabilité du cours franc-euro pendant les trois prochains mois. Généralement, les caisses de pension sont tenues de couvrir en grande partie leurs risques de change.

Les obligations des pays émergents sont-elles survendues ou risquées?

Mieux vaut rester prudent sur les obligations des pays émergents. Nous conseillons de couvrir le risque de change.

Geneviève Brunet

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