Bilan

«Garder du cash pour acheter au bon moment»

Spécialiste de la sélection d’actions, le CIO de La Financière de l’Echiquier garde du cash pour acheter des titres devenus bon marché.

Marc Craquelin: «Sur les marchés européens, les indicateurs laissent espérer un rebond.»

Crédits: NASA

Après la forte chute des marchés d’actions européens en août, Marc Craquelin, chief investment officer de La Financière de l’Echiquier, ne craint pas vraiment que les bourses du Vieux-Continent crèvent, d’ici à la fin de l’année, les planchers atteints cet été. Reste qu’en vieux routier de la sélection de titres il garde suffisamment de cash pour pouvoir acheter au bon moment des titres qui seront jugés bon marché sur la base d’une analyse rigoureuse de leur potentiel de plus-value à moyen terme.

Votre entreprise plaide de longue date pour la gestion active. Mais dans un marché durablement baissier tout perdrait de la valeur, comme en 2008. Craignez-vous une chute durable des actions?

Je ne sais pas si nous sommes dans un bear market, même si je pense que le bull market américain avait pris fin bien avant l’été. Une consolidation après six ans de hausse des marchés d’actions n’était pas vraiment inattendue. Globalement, nous restons toujours plus positifs sur les actions que sur les obligations. Je ne suis pas sûr que les marchés européens puissent aller beaucoup plus bas cette année que les niveaux atteints en août. Les indicateurs laissent plutôt espérer un rebond.

Tous les éléments analysés comme positifs pour les actions européennes en début d’année – baisse du prix du pétrole, rachat de titres par la BCE et début de reprise économique dans la zone euro – sont toujours là, même si les entreprises européennes sont en moyenne plus exposées aux marchés émergents que les groupes américains. 

Reste que nous ne sommes plus dans un marché tranquillement haussier. La volatilité augmente et il faut être très réactif. Raison pour laquelle nous gardons du cash pour pouvoir acheter des titres dont nous jugerions le potentiel sous-estimé. Un volant de cash nous permet aussi de réduire la volatilité de nos fonds de placement.

Avez-vous sous-pondéré les actions dans vos fonds diversifiés?

Non, nous en avons moins qu’en début d’année, mais nous restons bien investis. Dans le fonds diversifié Echiquier Arty, par exemple, dont la part d’actions est fixée à 25% dans notre benchmark, nous étions à 35% en début d’année et nous avons encore 29% d’actions. Avec Echiquier Agressor – un fonds en actions européennes qui a carte blanche pour ses choix d’investissement – nous avions 95% d’actions en début d’année et nous avons un peu réduit l’exposition, avec 14% de cash actuellement.

Dans un tel fonds, le gérant ne peut guère couvrir le risque de baisse du marché, sauf en augmentant le cash…

Le cash permet surtout d’avoir des réserves de liquidités pour acheter des titres lorsque nous les jugeons bon marché sur la base de notre analyse fondamentale des entreprises. Cela permet également de procéder à d’éventuelles rotations sectorielles. 

Par exemple?

Dans ce fonds, en raison des craintes sur la croissance mondiale, nous avons soldé nos positions en Kering, Piaggio et Glencore. En ce qui concerne les achats, au-delà d’une ligne déjà constituée à Credit Suisse, nous surveillons les opportunités sur les titres bancaires.

Les petites et moyennes capitalisations ont fait un beau parcours cette année, restez-vous optimiste à leur propos?

Nous ne détenons pas de petites capitalisations dans un grand fonds comme Echiquier Agressor car si on achetait une ligne correspondant à 2% de l’encours total du fonds, cela ferait varier les cours. En revanche, nous en avons dans nos autres fonds et elles ont bien progressé. Quand la situation macroéconomique s’est détériorée, les petites capitalisations européennes, moins exposées aux pays émergents que les large caps, ont mieux résisté. Alors que le rebond se dessine, il est peut-être temps de commencer à réallouer et à prendre des bénéfices sur les small caps. 

Geneviève Brunet

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