Bilan

Et si les caisses de pension assuraient le préfinancement de la troisième voie CFF

On se souvient qu'il y a quelques semaines, le conseiller d'Etat vaudois François Marthaleravait rencontré un «groupe financier européen» intéressé à une participation dans la construction de la troisième voie CFF entre Lausanne et Genève. «Depuis, la crise financière mondiale a depuis refroidi ces investisseurs», indique l'élu vert. Côté vaudois toujours, le Grand Conseil a adopté un postulat pour étudier l'octroi d'un prêt à la Confédération. Le canton pourrait mettre jusqu'à un milliard de francs pour financer les troisièmes voies CFF et autoroutières. Le 8 décembre dernier, le Parlement a déjà alloué 3 millions de francs pour l'étude du préfinancement d'un quatrième rail entre Lausanne et Renens. Précédemment, le conseiller national genevois Hugues Hiltpoldavait suggéré d'utiliser une partie de la TVA prélevée sur l'essence et le mazout pour financer les coûts de cette troisième voie CFF. «La première étape (troisième voie entre Renens et Allaman, aménagements aux gares de Genève, Allaman et Morges) est estimée à quelque 410 millions de francs», rappelle Gregor Saladin, porte-parole à l'Office fédéral des transports. «Il faut encore y ajouter 210 millions pour le qutrième rail entre Lausanne et Renens. La troisième voie complète tourne autour de 2 milliards», précise François Marthaler. Opportunité idéale? A l'évidence, cela carbure fort pour accélérer la construction de cette indispensable infrastructure (lire Bilan No 261). Dans le registre, on peut se demander si l'investissement dans un tel projet ne serait pas idéal pour des caisses de pension. En effet, avec la crise financière mondiale, les institutions de prévoyance (IP) ne savent plus guère où placer leurs fonds. Et recherchent (presque) désespérément des placements stables, à long terme et à rendement sûr. «Notre caisse serait tout à fait disposée à trouver une joint-venture avec les cantons de Genève et de Vaud pour financer une infrastructure de communication telle que la 3e voie ferroviaire», indique Werner Hertzog, directeur de Publica, confirmant une déclaration déjà formulée lors d'un workshop organisé par la BCV sur le thème de l'immobilier. Cette institution collective, l'une des plus importantes de Suisse, récolte les cotisations de plus de 53000 employés de la Confédération et affiche une fortune globale supérieure à 32 milliards de francs. Par rapport à d'autres caisses, elle a l'avantage d'avoir déjà inclus dans son règlement sur les placements la possibilité d'investir dans des infrastructures. Démarche nouvelle «Dans un projet tel que la troisième voie CFF, nous pourrions envisager un volume d'investissement de l'ordre de 150 millions de francs. Le rendement recherché devrait nous permettre de couvrir le taux technique de 4%. Pour nous, un tel placement serait considéré au niveau des obligations de la Confédération à dix ans», ajoute Werner Hertzog. Le directeur de Publica ne cache pas que, courante à l'étranger, une telle démarche serait novatrice en Suisse. «Dans notre pays, les IP n'ont pas encore découvert ce genre d'investissement. C'est pourquoi il faudrait réaliser un projet exemplaire, qui soit soigneusement ficelé», conclut le gestionnaire de la caisse de pension fédérale. Un enthousiasme que partage François Marthaler, très favorable à un financement par le 2e pilier. Photo: Coppet CFF / © Pierre Abensur

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