Bilan

«Aujourd’hui, il faut faire du sur-mesure»

Le groupe Mirabaud a enregistré des résultats en forte hausse l’an dernier. Le responsable du wealth management Nicolas Mirabaud raconte comment se prépare la banque privée de demain.

«Pour nous, la technologie, c’est un moyen, pas une finalité.»

Crédits: David Wagnières/Mirabaud

Nicolas Mirabaud incarne la nouvelle génération à la direction du groupe bancaire genevois. Il fait partie des trois associés commanditaires, aux côtés des quatre associés gérants de Mirabaud & Cie. Rencontré à l’occasion de la 80e édition du Bol d’Or, celui qui est responsable du wealth management commente les développements de la banque dans de nouveaux segments.  

Vous êtes entré chez Mirabaud il y a près de vingt ans. Comment se prépare la banque privée de demain?  

Nous réfléchissons en permanence à de meilleurs produits et services. En plus du conseil, il faut aujourd’hui développer des expertises particulières et une offre différenciée, comme avec le cercle d’innovation mis en place avec l’EPF Zurich, afin de  proposer de nouvelles idées d’investissement.  

Comment fonctionne ce cercle d’innovation? 

Nous travaillons en partenariat avec la Fondation de l’EPFZ, qui sélectionne des projets suffisamment matures pour investir. Nous organisons une fois par an une rencontre entre ces startups et des clients ou investisseurs intéressés par ces nouvelles opportunités.  

Est-ce l’évolution de la demande des clients qui vous pousse à sortir des sentiers battus? 

Il y a plusieurs facteurs. Nous sommes à l’écoute du marché, tout comme des performances. Quand vous avez des taux d’intérêt très bas et un contexte de marché difficile, il vous faut évoluer. Les clients veulent aussi donner plus de sens à leurs investissements, notamment via l’économie réelle. 

Justement, Mirabaud a aussi toujours été bien positionnée pour sa gestion des petites et moyennes capitalisations, et vous avez même lancé l’activité de private equity l’an dernier. Est-ce un facteur attractif pour les clients? 

Oui, en effet, nos clients valorisent cette expertise de longue date. Ces fonds small & mid caps sont toujours très bien classés et celui sur la Suisse a récemment dépassé le milliard d’actifs sous gestion. Le private equity a également reçu un très bon accueil. Nous arrivons au bouclement du second round, à 150 millions d’euros.  

Vous développez également les investissements durables. Pourquoi?

La durabilité résonne dans la tête de tout le monde aujourd’hui. Quand on dit à nos clients que l’on peut gérer tout ou partie de leurs portefeuilles de manière durable, rares sont ceux qui n’y voient pas un intérêt. L’ISR permet aussi un véritable échange avec le client; on entre dans le domaine des valeurs. Il faut donc faire du sur-mesure. 

Qu’en est-il de la technologie, également dans tous les esprits? 

Pour nous, c’est un moyen, pas une finalité. Nos clients ont des problématiques de planification, de succession, de mobilité, de réglementation, qui sont toujours plus complexes et demandent une expertise humaine. Mais nous avons aussi besoin d’être au top de la technologie pour être le plus efficace possible. C’est pour cela que nous avons annoncé notre collaboration avec la fintech EdgeLab, qui nous a permis de proposer à nos clients des solutions en adéquation avec leur profil et la réglementation MiFID II.  

Les fintechs sont-elles aussi une nouvelle concurrence? 

En partie oui, mais ce n’est pas la seule! La compétition est mondiale et ne se joue pas seulement avec les acteurs de ce secteur. Dans le wealth management, je citerais aussi l’immobilier, l’art ou le private equity. Mais pour moi, c’est assez sain et bénéfique pour la place financière suisse. Une place financière qui ne compte que quelques banques, cela ne fonctionne pas. Il faut un écosystème varié. Je constate qu’il y a aujourd’hui beaucoup plus d’énergie sur la place financière suisse et genevoise qu’il y a dix ans, avec un foisonnement d’idées et d’innovations.   

Marjorie Thery
Marjorie Théry

JOURNALISTE À BILAN

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