Bilan

96 banques Raiffeisen vont se renforcer

56 établissements alémaniques, 26 romands et 14 tessinois ont lancé une souscription de nouvelles parts sociales auprès de leurs sociétaires. La rémunération tourne autour de 3%.

Environ 250 points de vente devraient disparaître dans les prochaines années.

Crédits: Martin Ruetschi/Keystone

Rien ne semble pouvoir arrêter le groupe bancaire Raiffeisen. L’an dernier, il a continué de croître comme l’ont confirmé les résultats publiés fin février (lire ci-contre). Afin de poursuivre leur développement dans les prochaines années, de nombreux instituts membres de la coopérative saint-galloise ont décidé de renforcer leurs fonds propres. 

Ils peuvent atteindre cet objectif non seulement en affectant une partie de leur bénéfice à ce poste, mais aussi en récoltant de l’argent auprès de leurs sociétaires. Un tiers des établissements ont choisi cette option. «Sur 292 banques, 96 ont lancé une souscription de nouvelles parts sociales: 56 en Suisse alémanique, 26 en Suisse romande et 14 au Tessin», indique Philippe Thévoz, porte-parole de Raiffeisen Suisse à Lausanne. 

Dans un environnement caractérisé par des taux d’intérêt négatifs, l’offre faite aux sociétaires est alléchante en raison de la rémunération élevée des parts sociales. Elle varie entre 2,75 et 3%, voire plus. Contrairement à ce qui passe à la bourse où l’achat d’actions dépend de l’offre et de la demande, l’acquisition de parts sociales d’une coopérative est restreinte par les statuts. Chaque banque en fixe les limites par membre. Lorsqu’il quitte son établissement, un sociétaire a droit au remboursement de ses titres, au plus à la valeur nominale. Mais celui-ci peut lui être refusé à condition que le conseil d’administration de la banque locale en justifie les raisons. 

D’importance systémique

Si un tiers des banques Raiffeisen ont battu le rappel de leurs sociétaires, c’est non seulement pour que ces dernières puissent continuer de se développer, mais aussi parce que le contexte réglementaire a changé. En juin 2014, la Banque nationale suisse a en effet décidé de considérer l’institution saint-galloise comme un groupe d’importance systémique. Il en a résulté de nouvelles contraintes réglementaires. 

Même si les ratios requis par la Finma (l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers) sont largement dépassés, le groupe Raiffeisen compte générer davantage de fonds propres d’ici à 2019. «Nous nous sommes fixé des objectifs stratégiques que nous ne communiquons pas. Chacune de nos banques n’a aucune obligation réglementaire d’atteindre des valeurs cibles ou ratios de fonds propres, car ces dernières n’ont pas besoin de remplir individuellement les prescriptions de la Finma. C’est le groupe en tant qu’entité consolidée qui doit respecter les exigences légales en la matière», explique Philippe Thévoz. 

Selon un patron d’une banque locale, Raiffeisen Suisse ne peut certes pas contraindre un de ses membres à renforcer ses fonds propres étant donné que chaque établissement est juridiquement indépendant, mais ses dirigeants savent se montrer persuasifs. 

Le groupe Raiffeisen encourage ses membres à fusionner leurs activités au niveau régional. Quant à leurs points de vente, environ 250 devraient disparaître dans les prochaines années.

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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