Bilan

457 millions de francs pour les startups suisses en 2014

Grâce à 92 levées de fonds, les startups suisses ont levé 457 millions de francs en 2014, selon la plateforme startupticker.ch qui a publié son Swiss Venture Capital Report.
  • Pour la première fois, les sommes investies dans les startups en Suisse romande ont dépassé celles investies en Suisse alémanique.

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  • Les startups suisses ont réussi à réunir un total de 457 millions de francs en 2014, par le biais de 92 levées de fonds.

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  • Pour la première fois, la Suisse romande dépasse la Suisse alémanique en volumes de fonds collectés, et le canton de Vaud a réussi à lui seul à réunir 200 millions de francs sur ses startups.

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  • Le rôle de Patrick Aebischer à la tête de l'EPFL est vu par les auteurs de l'étude comme le principal moteur de la formidable croissance du nombre de startups et du volume de financement dans le canton de Vaud.

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Près d'un demi-milliard de francs via 92 levées de fonds. C'est le résultat de 92 levées de fonds menées par et pour les startups suisses au cours de l'année 2014. La plateforme startupticker.ch vient de publier son rapport Swiss Venture Capital Report pour l'année écoulée et voit une hausse de 10% des capitaux réunis par les startups dans le pays par rapport aux sommes réunies en 2013.

Et c'est de ce côté-ci de la Sarine que la hausse est la plus manifeste. D'ailleurs, pour la première fois, ce sont les cantons romands qui ont injecté le plus d'argent dans les jeunes sociétés: 266 millions de francs, soit 57% des fonds, investis dans un quatuor composé de Vaud, Genève, Jura et Valais. Et l'immense majorité de ces investissements vient d'un seul canton: Vaud, qui a vu la bagatelle de 200 millions de francs être injectés dans les jeunes pousses de l'économie, souvent issues de l'EPFL ou de HEC Lausanne. Un autre canton romand, Genève, se hisse sur la troisième marche du podium avec 60 millions de francs reversés aux créateurs d'entreprises.

Les startups ICT dopent les levées de fonds à Zurich

Entre les deux cantons romands se situe Zurich, qui a vu 130 millions de francs se diriger vers les comptes des startups l'an dernier. Et Bâle se retrouve au pied du podium avec 40 millions de francs. Pour Zurich, c'est une surprise de voir le canton de la première ville du pays, siège de l'EPFZ et avec son université très active, dépassé par le canton de Vaud.

C'est cependant toujours dans le canton de Zurich que le nombre de rounds de financement a été le plus élevé: 43 levées de fonds au cours de l'année écoulée, contre 21 seulement pour le canton de Vaud. Côté alémanique, le nombre d'appels au financement a été dopé par les startups ICT, qui ont été à l'origine de 27 mouvements à elles seules dans le canton de Zurich. Mais plus globalement, la Suisse souffre toujours d'un nombre de levées de fonds trop insuffisant, comme le constatent les auteurs du rapport.

Mais les trois plus importantes levées de fonds ont eu lieu de ce côté-ci de la Sarine avec Biocartis (VD) qui a collecté 78 millions de francs, NovImmune (GE) qui a réuni 60 millions de francs, et Anokion (VD) qui a réussi à lever 33 millions de francs. Les medtech (Biocartis) et biotech (NovImmune et Anokion) dominent le classement des vingt principales levées de fonds de l'année (huit pour les biotech et cinq pour les medtech), en compagnie des startups actives dans le domaine ICT (six levées de fonds sur les vingt principales).

Des financements tardifs en hausse

Cette tendance se retrouve d'ailleurs à l'échelle globale: plus des trois quarts des 457 millions de francs ont été investis dans les jeunes sociétés actives dans les domaines de la biotechnologie, de la pharma et de la technologie médicale. Ce dernier secteur est même passé de 90 millions de francs collectés en 2013 à 150 millions en 2014. Dans le meme temps, un mouvement contradictoire a été observé dans le secteur ICT: davantage de levées de fonds (45 en 2014 contre 30 en 2013), mais des sommes plus modestes (86 millions collectés en 2014, contre 92 en 2013).

«La médiane de tous les appels de fonds n'était que de 1,8 million de francs l'an dernier et a une nouvelle fois reculé par rapport à l'année précédente», constatent les auteurs du rapport. Ils constatent également que les financements précoces sont restés stables et que c'est le financement tardif qui a permis de gonfler la somme finale investie dans les startups.

Le rôle de Patrick Aebischer

Enfin, les auteurs saluent le travail accompli par Patrick Aebischer, président de l'EPFL. Ils voient dans le professeur en neurosciences «le plus important moteur du boom des startups et de leur financement sur les rives du Léman», et saluent son action depuis son arrivée à la tête de l'EPFL en 1999, qui «a permis à l'établissement romand de se faire sa place parmi les meilleures universités au monde».

Sa démarche d'allier excellence académique et adéquation de la formation avec les besoins de l'industrie est vue comme la clef essentielle du succès. Une stratégie de long terme engagée dès son arrivée à la tête de l'EPFL et qui porte ses fruits désormais.

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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