Bilan

2e pilier surobligatoire: ce qui vous attend

Tour d’horizon des conséquences de la réforme «Prévoyance vieillesse 2020», des possibilités de gestion individualisée ou encore des avantages pour l’employeur.

 La réforme «Prévoyance vieillesse 2020» soumise par le Conseil fédéral. 

Crédits: Keystone

Entrepreneurs, indépendants ou cadres s’interrogent sur la partie surobligatoire de leur prévoyance. Qu’ils soient avocats, médecins ou patrons, tous veulent comprendre les conséquences de la réforme «Prévoyance vieillesse 2020», les possibilités de gestion individualisée ou encore les implications du transfert du risque de l’employeur à l’employé. Prenons le temps de faire ensemble le tour de ces questions.

Lorsque l’on analyse la prévoyance professionnelle, soit le 2e pilier, on relève deux approches distinctes. La première concerne la partie obligatoire. Elle repose sur une gestion de fortune «collective». Elle s’étend du premier franc assuré jusqu’à 126 900 fr. La deuxième approche touche la partie surobligatoire qui fait parfois l’objet d’une gestion «individualisée».

Elle va de 126 901 fr. jusqu’à la limite supérieure de salaire assurable, soit 846 000 fr. Un certain nombre de caisses de pension ne font toutefois pas cette distinction. Elles suivent un modèle de caisse dit «enveloppante» qui propose une gestion «collective» unique à l’ensemble de ses affiliés.

L’existence de cette distinction est importante lorsqu’on aborde la réforme «Prévoyance vieillesse 2020» soumise par le Conseil fédéral. En effet, cette réforme porte uniquement sur la partie dite «minimum LPP», soit les salaires compris entre 21 150 et 84 600 fr. Elle ne concerne donc qu’une petite part des fortunes des caisses de pension. Son principal aménagement est la restriction du retrait en capital lors du départ à la retraite et cela uniquement pour cette partie «minimum LPP».

Transfert du risque

Sur la partie surobligatoire, chaque affilié dispose du libre choix de sa stratégie de placement, pour autant que sa caisse de pension favorise une gestion «individualisée». Cette option offre ainsi la possibilité à tout cotisant d’intégrer cette partie de sa fortune dans une planification patrimoniale adaptée à sa situation.

Pour les entreprises et les fondations de prévoyance, ce transfert du risque de placement à l’affilié présente plusieurs avantages. Le «derisking» est le principal d’entre eux. Il libère les entreprises de l’obligation de tenir des engagements financiers à l’égard de leurs affiliés. La diminution des coûts globaux peut également s’avérer intéressante. Enfin, ce choix offre la possibilité aux entreprises, en termes de gestion des ressources humaines, de fidéliser encore plus leurs collaborateurs.

Trois approches possibles

Au niveau de la gestion à proprement parler des avoirs surobligatoires, la pratique montre trois types de stratégies. Dans la première, l’assuré choisit un fonds lié à chaque classe d’actifs de son portefeuille (actions suisses ou obligations étrangères, par exemple) dans un univers déterminé, sans suivi du portefeuille et de l’univers des fonds à disposition. 

Dans la seconde approche, l’assuré décide, après discussion avec un spécialiste, de la stratégie de placement qui sied le mieux à sa situation. 

Et, enfin, l’approche la plus aboutie permet une consolidation des avoirs de prévoyance et des avoirs privés offrant un suivi permanent de l’ensemble du patrimoine de l’assuré. Ce troisième modèle se distingue par une performance supérieure après impôts pour le même niveau de risque.

Somme toute, le législateur helvétique a mis en place un cadre réglementaire qui laisse la possibilité à chaque entreprise de pouvoir choisir la forme de prévoyance la plus adaptée à sa situation. Ainsi, chaque établissement peut appréhender les risques perçus (marchés financiers, risque de longévité, etc.) selon sa propre vision. Sachant toutefois qu’une caisse de pension ségréguée permettra à l’employeur de mieux protéger ses collaborateurs ainsi que son bilan.  

* Gérant de clientèle et membre du conseil de fondation de la caisse complémentaire chez Lombard Odier.

Knut Giersch*

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