Bilan

2e pilier: comment maîtriser vos rachats

Combler les lacunes de sa prévoyance professionnelle permet d’éviter les mauvaises surprises une fois à la retraite. Cette pratique offre en plus une multitude d’avantages aux cotisants.
  • Il n’est pas rare pour un indépendant d’arriver à 40 ans sans avoir jamais cotisé.

    Crédits: Westend/Getty images

En moyenne, la prévoyance représente les deux tiers d’un patrimoine. Cette épargne est essentielle puisqu’elle servira à financer vingt à trente années de retraite. Or, on y pense souvent trop tard et on y consacre trop peu de temps. Ce paradoxe expose les cotisants à un réveil parfois difficile.

Le terme de «rachat» figure notamment au centre de leurs réflexions. Dans les faits, le rachat consiste à compenser par un seul ou plusieurs versements le déficit de prévoyance professionnelle d’une personne privée. Un déficit s’explique de différentes manières. Il peut s’agir de lacunes dans le nombre d’années de cotisation, de la décision de prendre une retraite anticipée ou encore des conséquences d’un divorce.

Prenons l’exemple d’un avocat indépendant de 45 ans qui n’a jamais cotisé auprès d’une caisse de pension. Il décide de s’affilier en assurant un revenu annuel de 250 000 francs. Il entend ainsi combler vingt ans de lacunes grâce à ses rachats, soit le fait de ne pas avoir cotisé entre 25 et 45 ans. Si le taux de cotisation prévu par la caisse s’élève à 25%, il pourra alors combler ses lacunes, d’un montant de 1,25 million de francs, qui seront par ailleurs entièrement déductibles fiscalement.

Fixer des objectifs

Avant d’agir, nombre de facteurs doivent être clarifiés. Il faut déterminer de manière précise le salaire destiné à être assuré (avec ou sans bonus), le taux de cotisation ainsi que l’âge du début des cotisations d’épargne. Il faut également avoir à l’esprit le fait que le calcul du montant maximum de rachats peut varier d’une caisse de pension à l’autre.

En parallèle, l’assuré doit s’interroger sur les avantages d’un rachat. Avant tout, il disposera à l’avenir d’une meilleure protection pour sa famille et lui-même en termes de longévité, le capital retraite accumulé étant supérieur grâce à ces cotisations extraordinaires. Dans certains cas, il y aura également un avantage au niveau des prestations d’assurance décès et invalidité.

Certaines caisses de pension calculent en effet le niveau des prestations de rente de décès et d’invalidité en fonction du capital accumulé à la retraite et non pas en fonction du salaire assuré, ce qui crée une incertitude financière pour les assurés.

Si l’objectif de tout rachat est principalement une «garantie» du train de vie à la retraite, cette pratique offre aussi des avantages fiscaux. Non seulement les cotisations annuelles sont déductibles, mais aussi les rachats. En plus, une «gestion fiscalement efficiente», soit la coordination de la gestion de fortune dite privée et de prévoyance, permet d’améliorer le rendement moyen des actifs entre 0,50 et 1,50% en conservant exactement le même profil de risque.
A noter qu’une performance moyenne supérieure de 1% par année sur une vie professionnelle permet d’améliorer les rentes à la retraite d’environ 30%.

Trouver le financement

Puisque le premier rachat est financé par des liquidités et que celles-ci ne sont pas toujours disponibles, la question de son financement se pose généralement. Pour les entrepreneurs, très souvent, les liquidités disponibles dans leur entreprise pourront être versées comme dividende extraordinaire puis réinvesties dans leur prévoyance. Pour d’autres métiers tels que les «commerciaux» ou les «traders», par exemple, le bonus annuel permettra de financer le premier rachat.

Pour les indépendants tels que les médecins, les avocats ou les notaires, l’introduction d’un plan de prévoyance représente un potentiel de bénéfices particulièrement important puisqu’ils sont à la fois employeur et employé au vu de la caisse de compensation.

En conclusion, les rachats représentent un moyen d’optimisation patrimoniale pour l’ensemble des assurés. Ils assurent une meilleure sécurité financière et leur impact sur la fiscalité peut s’avérer substantiel. A une époque où l’accumulation de capital pour la retraite est rendue difficile par un environnement marqué par des taux d’intérêt bas, voire négatifs, il est indispensable de considérer le rachat et ses implications positives.  

* Gérant de clientèle et membre du conseil de fondation de la caisse complémentaire chez Lombard Odier. 

Knut Giersch*

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