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Oser s'affirmer: le parcours de Sophie Revaz

Parce plus d’égalité homme-femme c’est aussi plus de femmes dans les instances représentatives et dirigeantes, Femmes Leaders by Bilan vous propose chaque mois une rencontre avec une femme membre d’un conseil d’administration. De quoi inspirer de nouvelles candidatures ? Un texte réalisé en partenariat avec le Cercle Suisse des Administratrices.

Sophie Revaz est membre de la Direction générale du Groupe Mutuel.

Crédits: DR

Cette semaine rencontre avec Sophie Revaz, Membre de la Direction générale du Groupe Mutuel.

Sophie Revaz a débuté sa carrière comme avocate à Genève avant de rejoindre le domaine des assurances. Elle a assumé plusieurs mandats dans les Conseils d’entreprises membres du Groupe Mutuel. Dès 2013, elle devient Membre de la Direction générale du Groupe Mutuel. Elle est, depuis janvier 2019, responsable du département «Prestations individuelles» qui regroupe près de 900 collaborateurs. Sophie Revaz est également vice-présidente de la caisse interprofessionnelle d’allocations familiales de la Fédération des Entreprises Romandes – Valais (CAFER).

Comment êtes-vous devenue administratrice?

J’ai rejoint le Conseil de fondation d’un assureur membre du Groupe Mutuel en 2009. Le Groupe Mutuel souhaitait alors réorganiser ses structures juridiques et séparer les activités de l’assurance maladie de base, d’une part, et celles des assurances complémentaires, d’autre part. Mon profil répondait au besoin de disposer, dans cette transition, de compétences juridiques reconnues. En 2013, nous avons séparé totalement les mandats d’administration et de direction afin d’appliquer les meilleures pratiques en termes de gouvernance d’entreprise. C’est à ce moment que j’ai rejoint la Direction générale de l’entreprise.

Qu'est-ce qui vous intéresse le plus dans cette fonction ?

C’est une expérience extrêmement riche, surtout humainement, qui permet d’être en contact avec des personnalités très différentes, aux parcours et sensibilités variés. Je trouve la diversité des approches passionnante et indispensable au bon fonctionnement d’une entreprise. Par ailleurs, c’est une activité qui offre de nombreux défis et qui est très stimulante.

Quelles sont les compétences clés, et la valeur ajoutée que vous apportez à la direction générale?

Au-delà de mes compétences techniques, ma curiosité et ma capacité à questionner l’existant, qui traduisent un désir constant de comprendre et d’améliorer le monde qui nous entoure. J’aime remettre en cause le statu quo et j’apprécie de rechercher en permanence de nouvelles façons de faire les choses, de tester de nouvelles solutions pour atteindre des objectifs ambitieux. Le fait d’avoir conduit différents secteurs, du juridique aux opérations en passant par les ressources humaines, me permet d’appréhender les sujets sous plusieurs facettes complémentaires. On ne peut toutefois pas être spécialiste dans tous les domaines et il est primordial de s’entourer de personnes talentueuses qui nous apportent un point de vue différent.

Quelles sont les difficultés de cette fonction, les défis que vous avez rencontrés ?

Le premier défi auquel j’ai été confrontée très tôt dans ma fonction était d’oser m’affirmer dans un milieu encore majoritairement masculin. Cela ne va pas toujours de soi quand on est une femme, de surcroît nettement plus jeune que ses collègues. Il est important de pouvoir s’inspirer de modèles de réussite et j’ai la chance de travailler dans une entreprise qui est présidée par Karine Perraudin, une femme brillante et aux valeurs humaines très fortes.

Quelle est votre meilleure bonne pratique en termes d’obtention de mandat dans les CA ?

Développer et soigner son réseau ! Cela passe certes par le milieu professionnel, mais également par des engagements dans d’autres milieux, comme le domaine académique, sportif, culturel ou social. En novembre dernier j’ai débuté un executive MBA à HEC Paris ; c’est une excellente opportunité d’échanger avec des personnes de talent, venant d’industries et de cultures multiples. Il faut oser créer activement un environnement qui favorise les opportunités.

Quelles sont les grandes préoccupations actuelles des organes stratégiques des entreprises?

Les évolutions sociétales et technologiques, notamment l’automatisation et l’intelligence artificielle, impliquent de nouveaux besoins en termes de ressources humaines. Les compétences disponibles aujourd’hui sur le marché de l’emploi ne sont pas forcément celles qui seront nécessaires sur le marché du travail de demain. La créativité, l’intelligence émotionnelle, la flexibilité cognitive, l’esprit critique sont des compétences qui prennent de plus en plus d’importance. Dans ce contexte, attirer et retenir les meilleurs talents, cultiver l’employabilité et faire évoluer les méthodes de travail constituent des enjeux majeurs pour les entreprises.

Que manque-t-il pour que les CA d'entreprises suisses comptent davantage de femmes ?

Les hautes fonctions dirigeantes sont encore trop peu accessibles aux femmes. Même si les choses bougent, cette évolution doit s’accélérer. Les femmes restent fortement confrontées à la difficulté de choisir entre vie professionnelle et vie de famille. Le fait de travailler à temps partiel est trop souvent un obstacle pour accéder aux postes à hautes responsabilités. Il est indispensable que les conditions cadres soient adaptées. Les entreprises doivent encourager activement la diversité et garantir une flexibilité suffisante. Les nouvelles formes d’organisation du travail y contribueront. Il est également important de renforcer la confiance des femmes et le mentoring est un excellent outil auquel les femmes devraient avoir plus recours.

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