Bilan

Océane Patiny accumule les prix avec son robot

La Vaudoise de 19 ans remporte un prix spécial de l’Agence spatiale européenne et une 3e place au Concours européen des jeunes scientifiques grâce à son robot cylindrique.

Océane Patiny a développé son projet en autodidacte.

Crédits: Science et jeunesse

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à 19 ans, Océane Patiny sait très clairement ce qu’elle veut. «Ce qui m’intéresse, c’est la pratique. C’est comment monter un projet et atteindre mes objectifs.» La jeune Vaudoise originaire de Denges a démontré sa détermination avec le développement d’un robot cylindrique, dans le cadre de son travail de maturité.

Un projet qui a décroché la mention «excellent» du concours national Sciences et Jeunesse à Rapperswil (SG) et lui a ouvert les portes des compétitions européennes. Des distinctions internationales ont suivi cet automne : la troisième place du Concours européen des jeunes scientifiques à Sofia (Bulgarie) ainsi qu'un prix spécial de l'Agence spatiale européenne (ESA).

Un projet de deux ans

«La réalisation du robot m’a demandé beaucoup de travail», sourit-elle aujourd’hui. Le cylindre se met à rouler lorsqu’une masse en son centre est déplacée à l’aide de moteurs. Pour la construction du prototype, il lui fallait des connaissances en électronique, en mécanique et en programmation que l’on n’acquiert pas au gymnase. Qu’à cela ne tienne, elle se formera toute seule. Elle trouve de l’aide auprès d’associations comme le Makerspace des Ateliers de Renens, où elle réalise son prototype.

Océane Patiny a eu l’idée d’un robot cylindrique en assistant au test d’un appareil destiné à l’Antarctique, conçu par des amis de l’association scientifique Octanis. Le vent menaçait l’équilibre de l’engin qui lui semblait très haut sur pattes. Elle s’est alors lancée dans la conception d’un robot qui ne serait pas dérangé par le vent. Un projet qui lui a pris deux ans.

Très branchée sur les démarches citoyennes, la jeune fille est membre depuis qu’elle a 15 ans de l’association Hackuariumm à Renens, qui réunit des «bio-hackers», des personnes intéressées par la biologie qui mènent des projets en dehors du cadre académique. Cette communauté développe des quantités d’objets en les documentant en open-source, afin de permettre leur reproduction par d’autres personnes du monde entier. «C’est un endroit ouvert à tous où chacun peut mener à bien un projet qui n’est pas limité à la biologie, tout en bénéficiant d’un soutien. Personnellement, j’adore la diversité des gens que l’on peut y rencontrer. Il n’y a pas besoin d’être scientifique pour devenir membre.»

Une légitimité à acquérir en se battant

Pour l’instant, l’inventeuse travaille comme stagiaire dans une startup fondée par des jeunes issus, entre autres, de l’EPFL. La société développe des modules électroniques qui peuvent être assemblés rapidement en un prototype dédié à une application spécifique requise par des clients. Parallèlement, elle poursuit une foule de petits projets personnels, notamment en couture.

Le naturel avec lequel Océane Patiny évolue dans le monde des sciences pourrait laisser penser que la nouvelle génération de femmes se heurte peu aux discriminations liées au genre. Mais il faut nuancer : «Etre une des seules filles dans une classe de technique, ça fait toujours un peu bizarre», témoigne la jeune Vaudoise. Elle s’inquiète aussi d’un biais. «Les femmes sont très bien acceptées chez les scientifiques du moment qu’elles sont brillantes. Il y a encore du chemin à faire pour que leur présence paraisse légitime, quel que soit leur niveau.»

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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