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«Lorsque l’on est dirigeant, l’intensité rend difficile toute forme de recul»

Parce plus d’égalité homme-femmes c’est aussi plus de femmes dans les instances représentatives et dirigeantes, Femmes Leaders by Bilan vous propose chaque mois une rencontre avec une femme membre d’un conseil d’administration. De quoi inspirer de nouvelles candidatures ? Un texte réalisé en partenariat avec le Cercle Suisse des Administratrices.

Marie-Christine Comte est présente dans le secteur de la cosmétique du luxe.

Crédits: Cercle Suisse des Administratrices

Cette semaine rencontre avec Marie-Christine Comte, coach professionnelle et administratrice indépendante dont la carrière s’est principalement construite dans le domaine de l’industrie cosmétique du luxe, en particulier à l’export. Entrepreneur et chef d’entreprise, elle a fondé, développé et valorisé plusieurs sociétés. Elle débute à Genève en reprenant l’institut de beauté Helena Rubinstein dirigé par sa mère, puis crée son propre salon et l’école d’esthétique Amandine. Elle rejoint Silhouet-Tone, groupe international spécialisé dans la fabrication de matériel et de produits d’esthétique, en qualité de directrice opérationnelle. Puis elle reprend en Valais la direction de Cosmotec, unité de R&D et production de cosmétiques qu’elle développe en une PME devenue leader dans son segment.

Comment êtes-vous devenue administratrice ?

Je suis régulièrement sollicitée, car je demeure impliquée et active dans le domaine de l’industrie de la cosmétique. Mon expertise associée à mon expérience intéressait Be-Ceuticals, spécialisée dans la médecine esthétique. J’ai dernièrement intégré le comité de Mediplant, centre de recherches et d’extractions des plantes médicinales et aromatiques. Je suis également active dans le Lions Club dont la devise est d'être au service de la communauté.

Qu’est-ce qui vous intéresse le plus dans cette fonction ?

La stratégie de l’entreprise, l’évaluation des risques, et aller au-delà de la vision de sa pérennité. Savoir changer de perspective pour anticiper l’évolution. Lorsque l’on est dirigeant, l’intensité rend difficile toute forme de recul. Prendre un temps précieux de la réflexion permet d’anticiper, sinon d’appréhender les crises et par conséquent les opportunités. Savoir évoluer pour passer du « assez bien » au « plus parfait possible » en visant l’excellence.

Quelles sont les compétences clés et la valeur ajoutée que vous apportez au CA ?

J’écoute et j’analyse, je contribue à optimiser les ressources disponibles de par mon expertise. J’ai une grande expérience du marché cosmétique. Que se passe-t-il en Asie en égard à l’Europe ? Aujourd’hui, l’Amérique du Nord devient le premier partenaire commercial de la Suisse devant l’Allemagne. C’est un nouveau paradigme.

En période de difficultés, il faut savoir tirer parti des nouvelles technologies (e-commerce…) et travailler en proximité avec les clients (zoom…). Innover, lancer des produits en concordance avec les évolutions marchés /clients. En tant que coach de dirigeants d’entreprises, je les accompagne aussi, particulièrement en situation de crise.

Quelles sont les difficultés de cette fonction, les défis que vous avez rencontrés ?

Savoir prendre des décisions quand la vision n’est pas partagée en gérant les conflits. Un changement de direction stratégique, par exemple, se construit sur le moyen-long terme. Cela implique souvent des simplifications de structure de management et parfois une optimisation des divisions opérationnelles. Une réduction des coûts et des économies d’échelle. C’est une obligation, en cas de crise il faut savoir se recentrer sur les ressources principales.

En outre, et c’est aussi notre réalité, être une femme est une gageure et un atout. Une gageure, parce qu’il faut démontrer une plus grande capabilité qu’un homme et un atout car l’on se souvient de vous.

Quelle est votre meilleure bonne pratique en termes d’obtention de mandat dans les CA ?

Le réseautage, répondre présente quand on vous le demande, ne pas hésiter à donner de son temps. La formation permet aussi d’élargir ses compétences. En qualité de membre du Cercle Suisse des Administratrices, je suis avec beaucoup d’intérêt et d’enthousiasme les séminaires et ateliers qui sont très enrichissants.

Quelles sont les grandes préoccupations actuelles des organes stratégiques des entreprises ?

Nous sommes assurément dans une période bouleversée. Entre les perspectives budgétaires et la réalité économique, l’écart est important. La rentabilité fragilisée, l’altération du chiffre d’affaires à court terme… Voilà la réalité des entreprises en ce moment. Il faut ajuster les ressources et apprendre à changer de perspective. Innovation, mais aussi restructuration, marketing de crise, réduction des coûts, limitation du temps de prise de décision et accélération de mise sur le marché. Donner une direction, une vision du futur dans la gestion du moment. «Never let a good crisis go to waste» - Ne laissez jamais une bonne crise se gâcher ! disait Churchill.

Que manque-t-il pour que les CA d’entreprises suisses comptent davantage de femmes ?

Que la diversité soit une préoccupation des CA et que les femmes n’hésitent pas à recommander et encourager d’autres femmes. Qu’elles ne les voient pas comme concurrentes mais comme complémentaires. Je crois à l’exemplarité ainsi qu’au soutien du cercle proche. Elever des enfants, rester présente au sein de sa famille et travailler à plein temps demande une excellente organisation et de l’aide.

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