Bilan

L'EPFL empoigne le défi de la parité scientifique

A ce jour, le campus ne compte que 9 à 10% de femmes professeures. Un plan d'action a été lancé et défini comme prioritaire par Martin Vetterli.
La journée internationale des femmes du 8 mars 2018 a permis de prendre la mesure de ce qui restait à faire en matière d’égalité des genres dans le monde de l’éducation et du travail, et notamment dans le domaine scientifique. Une étude de McKinsey présentée à l’EPFL, lors d’un événement appelé «Carrières au féminin… l’EPFL et après?», montre que la parité, en particulier dans les sciences et technologies, demeure un vrai challenge. Au niveau mondial, pour les étudiantes qui entrent en études de 3ème cycle, on trouve certes 50% de jeunes femmes dans les sciences naturelles, les mathématiques et les statistiques, mais seulement 24% entrent en études d’ingénieur et 19% choisissent l'informatique (ICT). A cet égard, l’EPFL a défini un plan d’action pour assurer l’égalité des chances au niveau de ses étudiants et de son personnel académique, a expliqué le 8 mars le professeur Pierre Vandergheynst, vice-président à l’éducation à l’EPFL et docteur en physique de l’Université catholique de Louvain. En effet, il y a seulement 30% d’étudiantes au niveau Bachelor à l’EPFL. Au niveau de l’enseignement, on ne trouve que 9% de professeures EPFL. Les proportions autour de 9-10% de femmes professeures sont les mêmes en école d’ingénieur et en sciences de la vie, même si la parité est atteinte au niveau des étudiant(e)s en sciences de la vie. Ce qui démontre que le processus de recrutement des professeur(e)s est là où il faut agir. Au delà de l'EPFL, le constat général dans les facultés scientifiques est aussi que la définition de poste académique, avec ses contraintes parfois élevées en termes de disponibilité horaire et de mobilité géographique, surtout en début de carrière, est davantage adaptée aux carrières masculines.

« Il faut s’assurer qu’on va chercher le plus de candidates possible»

«Pour avoir l’égalité des chances à l’EPFL, la meilleure façon serait qu’il y ait un message fort qui vienne du management, estime Pierre Vandergheynst. Le message le plus fort qui aurait pu venir du management, c’est que parmi les six vice-présidents de l’EPFL, il y ait trois femmes », estime le professeur, qui note qu’à ce jour, seule une femme figure parmi les vice-présidents (Caroline Kuyper). « Par contre, le président [Martin Vetterli] s’est exprimé en termes on ne peut plus clairs, ajoute-t-il, en disant que ce dossier serait une priorité de sa présidence, et que durant celle-ci, les choses allaient bouger ». Au niveau des professeurs recrutés, les femmes sont  22%. « Il faut s’assurer qu’on va chercher le plus de candidates possible, être pro-actif sur la diversité pour attirer un maximum de candidatures », poursuit-il. Par ailleurs, une forte majorité d’hommes siègent dans les comités de recrutement, qui tendent naturellement à recruter des hommes. « Il s’agit donc d’être conscient de ces biais, déceler les stéréotypes et les combattre ». Il s’agit aussi de promouvoir les sciences auprès des jeunes filles pour attirer plus d’étudiantes sur le campus, car ces dernières tendent à se désintéresser de ces domaines assez tôt dans leurs études, pour des raisons culturelles et d'éducation. Pour mener à bien le plan d'action en faveur de la diversité, toute une organisation a été mise en place au sein de l’EFPL. Des personnes dédiées à ce programme sont rattachées au secrétariat général, avec des relais dans le campus, auprès des doyens, professeurs, directeurs/directrices de section, et des services centraux.
Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

Myret Zaki est journaliste indépendante, spécialisée en économie et finance, et conseillère pour influenceurs et leaders d’opinion. Entre 2010 et 2019, elle a travaillé au magazine Bilan, assumant la rédaction en chef à partir de 2014. Elle avait auparavant travaillé au Temps de 2001 à 2009, dirigeant les pages financières du journal. Ses débuts, elle les avait faits à la banque genevoise Lombard Odier dès 1997, où elle a appris les fondements de l'analyse boursière. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage d'investigation, "UBS, les dessous d'un scandale". Elle obtient le prix Schweizer Journalist 2008. En 2010, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle prédit que la fin du secret bancaire profitera à d'autres centres financiers. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin du billet vert comme monnaie de réserve, puis «La finance de l'ombre a pris le contrôle» en 2016.

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