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Le plus grand défi ? Gérer les conflits d’intérêts à des niveaux individuels

Parce plus d’égalité homme-femmes c’est aussi plus de femmes dans les instances représentatives et dirigeantes, Femmes Leaders by Bilan vous propose chaque mois une rencontre avec une femme membre d’un conseil d’administration. De quoi inspirer de nouvelles candidatures ? Un texte réalisé en partenariat avec le Cercle Suisse des Administratrices.

Manuela Balma évolue dans le domaine bancaire depuis des années.

Crédits: DR

Cette semaine, rencontre avec Manuela Balma, titulaire d’un MBA de l’IMD à Lausanne. Elle a passé la majorité de sa carrière dans le domaine bancaire dans des positions managériale, a exercé en tant que consultante et formatrice, et consacre considérablement de temps à des activités de bénévolats. Administratrice dans le passé, elle agit en tant que membre du Conseil de Fondation pour dropforlife depuis 2013, en tant que bénévole à côté de son poste actuel auprès du Credit Suisse, au sein du Private Banking.

Comment êtes-vous devenue administratrice?

En tant qu’actionnaire d’une petite entreprise en mains privées, je suis également devenue membre de leur CA. Puis, grâce à mes diverses compétences en finances, organisation et management, j’ai été sollicitée pour intégrer un Conseil de Fondation dans lequel je peux également apporter mon expérience du monde « for-profit » (des sociétés à but lucratif).

Qu'est-ce qui vous intéresse le plus dans cette fonction ?

Mon plus grand intérêt dans la fonction d’administratrice consiste à définir les axes stratégiques d’une entreprise avec une vue à long-terme puis, avec le CA, à assurer que les décisions et initiatives prises s’inscrivent dans ladite stratégie. Cela me semble l’aspect le plus important car il est souvent mis à rude épreuve par les objectifs et attentes à court terme.

Par ailleurs, j’apprécie le fait de pouvoir mettre mes compétences à disposition pour avoir un impact positif sur une organisation et ses collaborateurs. Enfin, l’immersion dans de nouveaux domaines m’offre un apprentissage en continu.

Quelles sont les compétences clés, et la valeur ajoutée que vous apportez au CA ? 

Mes compétences clés se trouvent clairement dans les domaines de la gestion des risques, de la gouvernance d’entreprises et dans l’alignement des décisions (stratégiques) sur la vision à long terme. La diversité de mes fonctions exercées et ma longue expérience en tant que manager me permettent des points de vue différents et une parfaite compréhension des problèmes et défis à gérer. En plus de ces aspects, le fait d’être la première femme à rejoindre le Conseil de Fondation de dropforlife et d’y apporter une diversité de genre a compté.

Quelles sont les difficultés de cette fonction, les défis que vous avez rencontrés ?

Le plus grand défi que j’ai personnellement rencontré était celui de gérer les conflits d’intérêts à des niveaux individuels, notamment entre le rôle d’actionnaire et celui, en parallèle, d’administrateur. Une autre difficulté est de toujours veiller à respecter unbon équilibre entre les objectifs à court et à moyen terme et à fixer les priorités.

Quelle est votre meilleure bonne pratique en termes d’obtention de mandat dans les CA ?

La proactivité et le réseautage. A l’image de la réalisation d’une carrière, il faut activement faire connaître ses désirs autour de soi et chercher des opportunités. La formation continue dans le domaine (journée des administrateurs, Startup Board Academy, etc.) et le réseautage par le biais de son réseau professionnel ou d’organisations comme le CSDA par exemple sont importants. Des mandats dans le monde « non-profit » (des activités non lucratives, telles que fondations, associations, etc.) ou dans un conseil de fondation d’une caisse de pension sont également des options.

Quelles sont les grandes préoccupations actuelles des organes stratégiques des entreprises ?

A l’exception de la Covid-19, je ne vois pas une préoccupation particulière, mais plutôt de réelles opportunités dans la prise en compte proactive des aspects de la durabilité. Que ce soit pour le compte de l’entreprise elle-même ou, plus globalement, en tant que contribution en faveur de la société. Ce n’est pas seulement un facteur déterminant pour les clients d’une entreprise – et particulièrement ceux de la nouvelle génération - mais aussi pour la pérennité de cette dernière. Bien entendu, et notamment pendant cette période de pandémie, les risques « cyber » sont en nette augmentation et il faut s’assurer d’un niveau élevé de sécurité informatique.

Que manque-t-il pour que les CA d'entreprises suisses comptent davantage de femmes ?

Cela doit commencer au sein des entreprises elles-mêmes, c’est-à-dire au niveau de la direction. Il appartient également au CA de se remettre en question pour se diversifier non seulement au regard des compétences de ses membres, mais également de celui de la diversité, genre, origine, etc. Dans les PMEs, c’est à mon avis les actionnaires qui peuvent jouer un rôle primordial. Ils y exercent une plus grande influence qu’au sein des multinationales / grandes entreprises, celles-ci étant déjà soumises à des pressions règlementaires / de réputation qui les poussent dans cette direction.

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