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«J’encourage à mon tour les femmes à croire en elles»

Parce plus d’égalité homme-femmes c’est aussi plus de femmes dans les instances représentatives et dirigeantes, Bilan vous propose chaque mois une rencontre avec une femme membre d’un conseil d’administration ou d’un comité exécutif. De quoi inspirer de nouvelles candidatures ? Un texte réalisé en partenariat avec le Cercle Suisse des Administratrices.

Sylvie Moreau était notamment présente à la soirée "Femmes Leaders" à Genève, au mois de mai.

Crédits: Cercle Suisse des Administratrices

Cette semaine rencontre avec Sylvie Moreau, Présidente de Coty Professional Beauty (numéro 3 mondial de la beauté) qui aborde sans ambages ses défis et sa contribution en tant que membre du comité exécutif de Coty.  Sa division génère à elle seule $ 1,9 milliards de chiffre d’affaires et comprend un portefeuille de grandes marques parmi lesquelles : OPI (n° 1 mondial) ou Wella (n° 2 mondial). Forte d’une longue expérience dans le secteur de la beauté, Sylvie Moreau a rejoint Coty en 2016 après une carrière de vingt-deux ans chez Procter & Gamble où elle a notamment dirigé des marques emblématiques. Franco-suisse, Sylvie réside à Genève avec sa famille depuis 2004.

Comment êtes-vous devenue membre du comité exécutif?

J’ai rejoint Coty en 2016 dans le cadre de sa fusion transformationnelle avec l’activité Beauté de Procter & Gamble (P&G) où j’étais à la tête de la division « Salon Professional » dans plus de 100 pays. Suite à cette fusion, j’ai été nommée Présidente de la division Professional Beauty, une des trois divisions de Coty, et suis devenue membre du comité exécutif de Coty Inc, responsable de la réussite globale de l'entreprise, de la définition des objectifs stratégiques et des fondements culturels et humains. Avoir la responsabilité d’accompagner une organisation sur le chemin de la croissance est un énorme challenge, à la fois très engageant et passionnant.

Mon rôle principal en tant que membre du comité exécutif est de définir la stratégie globale de notre entreprise avec mes pairs, d’engager nos employés dans cette direction et de veiller à sa bonne application.

Qu'est-ce qui vous intéresse le plus dans cette fonction ?

Etant de nature passionnée, j’aime toutes les facettes du management. Je suis néanmoins particulièrement attachée à développer la vision stratégique à long terme du nouveau Coty. L’objectif du comité exécutif est de faire un succès de l'une des plus importantes fusions de l'industrie de la beauté. Cela implique de pouvoir s’appuyer sur les bons fondamentaux. A cet égard, le programme de transformation de l’entreprise est profond et implique l’engagement de toutes nos équipes. C’est une chance de pouvoir contribuer à consolider les fondations du nouveau Coty pour en faire un exemple de réussite.  

Quelles sont les compétences clés, et la valeur ajoutée que vous apportez au comité exécutif ?

Sans nul doute ma capacité à diriger, ma rigueur et ma passion pour l’industrie de la beauté. Je bénéficie également d’une large expérience et d’une capacité avérée à délivrer des résultats avec des équipes engagées. Après avoir occupé durant vingt-deux ans des positions variées dans le marketing, la gestion de marques ainsi que dans des directions opérationnelles, je mesure l'importance pour l'ensemble d’une organisation de développer une vision inspirante, de faire des choix stratégiques clairs, et de mobiliser les équipes derrière un objectif commun et une culture forte. Ce « playbook » à la fois stratégique et humain, qui est ma marque de fabrique, m’est devenu d’autant plus fondamental dans le cadre de la fusion, et du fait de la complexité et de la taille de notre nouvelle entité.

Quelles sont les difficultés de cette fonction, les défis que vous avez rencontrés ?

Coty est passée, presque du jour au lendemain, d’une entreprise de taille moyenne opérant principalement dans le domaine des parfums, à une multinationale de neuf milliards de chiffre d’affaires avec environ vingt mille employés. Mettre en place une nouvelle façon d’opérer, développer une nouvelle culture d’entreprise, apprendre à travailler avec de nouvelles collègues, sont des enjeux énormes. Et il est de ma responsabilité, comme celle de mes collègues du comité exécutif, de faire les bons choix stratégiques et opérationnels pour un succès durable. 

Quelle est votre recommandation pour accéder à des postes de direction ou d’administratrice?

Bénéficier d’une expérience diversifiée est bien entendu un prérequis, mais je pense qu’avoir confiance en soi et se porter candidate est sans doute la meilleure approche. Trop souvent j’ai constaté que les femmes ont tendance à ne pas développer le niveau de confiance qu’ont les hommes. J’y ai aussi été personnellement confrontée dans ma carrière, mais j’ai eu la chance d’avoir des mentors qui m’ont orientée dans la bonne direction. Et aujourd’hui j’encourage à mon tour les femmes à croire en elles car nous avons toutes les capacités nécessaires pour réussir aussi bien que nos collègues masculins.

Que manque-t-il pour que les directions d'entreprises et les conseils d’administration suisses comptent davantage de femmes ?

Le monde est en train d’évoluer et on voit de plus en plus de femmes dans des rôles de direction. Si l’on veut favoriser l’égalité des chances, il convient de promouvoir davantage la diversité et l’inclusion au travail, mais plus holistiquement dans la société au sens large. L’engagement et la disponibilité qu’exigent les postes de direction sont en général peut compatibles avec les contraintes sociétales auxquelles les femmes sont souvent plus exposées. Les entreprises ont leur rôle à jouer notamment en favorisant la flexibilité du travail. Mais ce qui est primordial est un changement radical de culture et de valeurs au niveau sociétal : valorisation de modèles féminins, partage des tâches domestiques entre autres exemples.

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