Bilan

«En tant que femme, vous devez vous battre davantage»

Présidente de la Banque Cantonale Neuchâteloise, Manuela Surdez est aussi cofondatrice de l’entreprise de décolletage Goldec, à La Chaux-de-Fonds.
Cofondatrice de Goldec, présidente de la Banque Cantonale Neuchâteloise et vice-présidente et administratrice de l’entreprise d’instruments de coupe Felco, Manuela Surdez (56 ans) est mère de deux enfants de 29 et 25 ans. Bilan: Vous avez réussi à mener de front des carrières politique et entrepreneuriale, tout en éduquant deux enfants. Comment en êtes-vous arrivée là ? Manuela Surdez: Avant tout grâce à ma passion pour l’économie, la volonté de créer une famille et celle de  réussir à mener en parallèle une carrière professionnelle. J’ai étudié les sciences économiques et la gestion de l’entreprise à l’Université de Neuchâtel. Après un poste d’adjointe de direction, je me suis lancée dans l’entreprenariat, une voie qui m’avait toujours attirée. Avec mon mari, mécanicien de précision et décolleteur, nous avons créé, en 1989, l’entreprise de décolletage d’horlogerie haut de gamme Goldec à la Chaux-de-Fonds. C’est dans mon caractère de relever les défis. Comme il me tenait aussi à cœur de défendre et de soutenir la région, au milieu des années 1990, je me suis engagée en politique au PL (Parti Libéral) qui est devenu par la suite le PLR (Parti Libéral Radical), d’abord comme conseillère générale et ensuite en tant que députée. Comment avez-vous réussi à concilier vie professionnelle et familiale ? A la création de notre entreprise, notre fils avait une année et demi et notre fille n’était pas née. Le fait de créer sa propre entreprise permet d’adapter les horaires, de travailler les week-ends et les soirs, ce qui est très appréciable avec de jeunes enfants. Il est alors plus facile de s’organiser. Aujourd’hui, avec une entreprise de 40 collaborateurs, l’organisation serait différente. Surtout, c’est la motivation, l’impatience et l’envie de relever les challenges qui m’ont portée. Et côté pratique, je suis aussi très organisée. A la démission de Frédéric Hainard en 2010, vous avez été pressentie pour vous porter candidate à l’élection. Pourquoi avez-vous renoncé ? J’ai siégé six ans au Conseil général de La Chaux-de-Fonds puis cinq ans au Grand Conseil à Neuchâtel. A un moment, il est devenu trop lourd de mener de front mon engagement dans le développement de notre entreprise et mes activités politiques. En outre, la situation ne se prêtait pas bien à un engagement auprès des autorités cantonales puisque j’entrai au Conseil d’administration de la Banque Cantonale Neuchâteloise. Votre ascension professionnelle a-t-elle été facile ? En tant que femme, vous devez certainement beaucoup plus vous battre. Il faut en même temps avoir du «doigté» apprendre à convaincre, le faire avec diplomatie mais avec conviction et surtout beaucoup travailler. Cependant j’ai, la plupart du temps, eu la chance de collaborer avec des collègues masculins très respectueux et qui considèrent les femmes comme étant leur égale. J’incite alors toutes les femmes à avoir confiance en elles et à ne jamais se dévaloriser car elles ont leur place dans la société autant que les hommes. Et pour la grande majorité des hommes cela ne pose aucun problème.
Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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