Bilan

Des ténors de l’économie digitale suisse investissent dans Sharely

Lucie Rein a repris la gestion de la plateforme de location zurichoise, active dans l’économie circulaire et a obtenu CHF 660’000 lors de sa première levée de fonds, notamment auprès des fondateurs de QoQa et LeShop.

Depuis mai 2021, Lucie Rein est à la tête de la plateforme de location Sharely.

Crédits: Lucie Rein

On lui doit Too Good To Go, plateforme anti-gaspillage alimentaire qui compte aujourd’hui 1,3 million d’utilisateurs en Suisse. Lucie Rein, sa fondatrice, s’est lancée dans une nouvelle aventure en mai dernier en reprenant la gestion de Sharely, la plus grande plateforme de location d’objets du pays avec plus de 43’000 utilisateurs. L’une des rares “Women in Tech” du pays vient de procéder à la première levée de fonds de la startup, mobilisant plusieurs acteurs de poids. Pascal Meyer, CEO de QoQa, Dominique Locher, directeur puis CEO de LeShop, Andreas Buhl, CEO de MSS Holding ainsi que Raoul Stöckle, co-fondateur de BOND ont investi près de 660’000 francs dans le projet.

Dépoussiérer et redynamiser la plateforme

Fondée en 2014 à Zurich, Sharely propose aujourd’hui environ 22 000 objets à la location. La plateforme s'inscrit dans l’économie du partage, basée sur la consommation durable: “L’année dernière, j’ai entendu parlé de cette plateforme et je trouvais l’idée géniale. Pourtant, Sharely reste peu connu avec un site qui n’est plus au goût du jour alors que le potentiel est incroyable”. C’est ainsi que Lucie a proposé au fondateur du site de reprendre la gestion de Sharely. Avec cette levée de fond, elle entend redonner un coup de neuf au site mais ne s’arrête pas là: ”Il s’agit également de reprendre toutes les opérations qui ont été entreprises ces 7 dernières années et de les placer dans un seul système pour les consolider, les automatiser et les moderniser, afin de gagner en efficacité et qualité.”

Pascal Meyer, tout comme les autres investisseurs, a vu le potentiel de la plateforme: “Avec QoQa, on se positionne auprès des entrepreneurs comme Lucie qui mènent des projets d’avenir ayant du sens. Il ne s’agit pas uniquement d’un investissement financier, mais nous allons surtout nous engager activement grâce à notre démarche d’animation de communauté.” Des procédés qui consisteront à animer et fédérer des plateformes comme Sharely sur Internet.

Dominique Locher a aussi la volonté de briser les frontières de la plateforme basée à Zürich, qui compte déjà 40’000 utilisateurs: “Notre ambition est de faire le saut de l’autre côté du Röstigraben, c’est-à-dire rendre accessible aux Romands ce mode de consommation avec la création d’une plateforme nationale.” Ainsi, le site aujourd’hui disponible uniquement en allemand prévoit un lancement en Suisse romande début 2022.

Investir pour une plateforme nationale

Sous son nouvel élan, Lucie Rein a l’ambition d’inclure également les commerces de détails. Une volonté partie du constat suivant: “Les personnes ont du mal à mettre en location leurs objets. De l’autre côté, les commerces de détails ont tout intérêt à adopter ce mode de consommation, c’est-à-dire réutiliser au lieu de racheter”, analyse Lucie Rein. Cette nouvelle direction qui rend possible l’échange aux magasins fait sens selon Dominique Locher: “Au lieu de brader une perceuse à moitié prix, autant faire plaisir à 10 personnes qui la testent et l’utilisent, avec potentiellement un achat par la suite en magasin. Tout le monde est gagnant.”

Ainsi, les grands groupes comme Coop et Migros, qui se sont déjà lancés dans l’aventure de l’économie circulaire avec Sharely, peuvent attirer une clientèle ayant délaissé les magasins standards pour le e-commerce. Représentés sur la plateforme par Migros Do It et Interdiscount, ils parviendront à provoquer l’effet boule de neige: “Les partenariats avec ces poids lourds vont avoir un écho important et encourager de plus en plus d’autres magasins à rejoindre la plateforme”, se réjouit Pascal Meyer. “Nous espérons que Sharely devienne une aventure nationale”.

Investir pour le bien de la planète

L’économie circulaire combine impact économique et écologique. La plateforme de location s’inscrit dans une volonté de meilleure utilisation des ressources existantes tout en offrant un accès facilité aux objets. Une démarche qui révèle l’évolution de la société: “Tous les investisseurs de “l’économie standard" remarquent les changements de consommation qui se veut plus responsable. Désormais, ils souhaitent avoir un impact en plus du retour sur investissement”, remarque la CEO de Sharely.

Le constat de Lucie Rein est partagé par Dominique Locher, également administrateur chez Léguriviera et investisseur dans Farmy, un site spécialisé dans la livraison à domicile de produits régionaux et biologiques. “Suite à mon aventure chez LeShop où nous vendions des produits industriels, je me suis rendu compte que je devais faire quelque chose de bien pour la planète”. C’est dans ce monde où les ressources sont limitées et rares que le partage s’illustre comme nouveau modèle de consommation. "Pensez à cette remorque qui dort depuis une année dans votre garage. Avec le projet de Lucie, vous dépoussiérez cet engin et le rendez accessible à quelqu’un d’autre. C’est le merveilleux cycle de l’économie de partage”, conclut Dominique.

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