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Annunziata Viret: «les entreprises devraient favoriser les temps partiels»

Cette semaine rencontre avec Annunziata Viret, membre du conseil d’administration de la Banque Raiffeisen Nyon-La Vallée, expert-comptable diplômée et expert-réviseur agréée.

Annunziata Viret.

Crédits: DR

Parce que plus d’égalité homme-femmes c’est aussi plus de femmes dans les instances représentatives et dirigeantes, Femmes Leaders by Bilan vous propose chaque mois une rencontre avec une femme membre d’un conseil d’administration. De quoi inspirer de nouvelles candidatures ? Un texte réalisé en partenariat avec le Cercle Suisse des Administratrices.


Après l’obtention d’un master en économie, elle travaille pour Deloitte, l’un des grands cabinets d’audit international, pendant 16 ans, qu’elle quitte en 2005 pour reprendre une fiduciaire basée à Nyon. Depuis 2005 elle est associée chez A&A Fidu Nyon SA et A&A Révision Sàrl. Elle est mariée et mère de deux jeunes adultes.

Comment êtes-vous devenue administratrice ?

Au printemps 2013 j’ai été contactée par une connaissance, rotarien comme moi, membre du Conseil d’administration de la banque Raiffeisen Nyon-La Vallée. Un membre du CA venait de démissionner et le poste était à repourvoir. Ils recherchaient idéalement une femme, afin d’augmenter la représentativité féminine, active professionnellement dans la région de Nyon. Vers la fin des années 90, j’avais œuvré quelques années au sein du conseil de surveillance de la banque Raiffeisen Epalinges-Haute-Broye-Jorat, je connaissais donc déjà le «Groupe» Raiffeisen et son organisation et étais très intéressée à accepter ce nouveau challenge. Il se trouve que mon profil et mes compétences correspondaient à leurs attentes.

Qu'est-ce qui vous intéresse le plus dans cette fonction ?

Mettre à profit mes compétences et connaissances dans un autre environnement que le mien, participer à l’élaboration de la stratégie. J’apprécie particulièrement de travailler au sein d’une équipe formée de personnalités très différentes et qui chacune amène ses compétences et ses expériences.

Quelles sont les compétences clés, et la valeur ajoutée que vous apportez au CA ?

J’apporte mes compétences dans le domaine de la révision, en ma qualité de membre du comité d’audit, mais également mon esprit analytique et critique. J’ose poser des questions, demander à analyser plus en profondeur un sujet si j’ai le sentiment qu’il me manque des données pour prendre une décision.

Quelles sont les difficultés de cette fonction, les défis que vous avez rencontrés ?

Le domaine bancaire est très régulé et les contraintes sont nombreuses. En conséquence la formation continue est essentielle. Nous devons nous tenir au courant des nouvelles règlementations d’une part et d’autre part être à l’écoute du marché et des consommateurs pour comprendre la complexité des défis qui se posent aujourd’hui au monde bancaire. Les changements de comportement, les attentes des jeunes générations vis-à-vis d’une banque, nous poussent à nous réorganiser et à changer notre business model, à proposer des solutions innovantes.

Quelle est votre meilleure bonne pratique en termes d’obtention de mandat dans les CA ?

Être visible, participer à des conférences. Rejoindre des organisations ou associations telles que le Cercle Suisse des Administratrices ou un Club services.

Quelles sont les grandes préoccupations actuelles des organes stratégiques des entreprises?

La plus grande préoccupation actuelle des entreprises est d’assurer leur avenir. Toute entreprise devrait mettre en œuvre les outils qui lui permette de faire face à une crise éventuelle (financière, immobilière, etc.), Mais aujourd’hui les impacts de la crise induite par la pandémie due à la COVID sont difficilement anticipables. Nous savons qu’elle va avoir un impact sur l’économie en général, mais il est impossible de le chiffrer et même d’estimer quand les retombées seront visibles.

D’autre part, nous assistons à un changement de comportement des jeunes générations qui nous pousse à nous remettre en question et à sortir de notre zone de confort pour répondre très rapidement à leurs attentes et même à les devancer.

Que manque-t-il pour que les CA d'entreprises suisses comptent davantage de femmes?

Offrir plus de visibilité aux femmes occupants des postes à responsabilité, que se soit en qualité de conférencières, lors de tables rondes ou dans la presse (reportage, portrait, etc.) Je ne crois pas en une loi qui fixe des quotas. Nous devons nous faire élire, choisir pour nos compétences. Nous devons être présentes dans les cercles professionnels, les clubs services et même sur les réseaux sociaux. Et pour cela il faut du temps, donc les entreprises devraient favoriser les temps partiels pour les cadres femmes tout comme hommes, au lieu de pénaliser ceux qui désire s’engager, que ce soit dans la vie associative ou dans un conseil d’administration.

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