Bilan

Wellwhere propose les sports à la carte

Tester différentes activités sportives, dans des salles, des villes ou des gammes de prix différentes, le tout sans engagement. C'est le concept de Wellwhere, portail en ligne lancé par Marion Argi et Christopher Gerber.

Christopher Gerber et Marion Argi ont fondé Wellwhere, qui propose des solutions de découverte à la carte d'activités sportives et de bien-être.

Crédits: DR

Crossfit ou pilates? Aquabiking ou zumba? Kick-boxing ou acroyoga? Le panel des activités sportives et de bien-être proposées en Suisse romande n'a sans doute jamais été aussi varié. Mais comment choisir sans tester? «J'ai rencontré pas mal d'amis qui étaient perdus face à l'offre. Sans même parler de l'aspect relationnel, crucial entre un coach et un client. Il fallait une solution pour tester sans s'engager de suite. Mon objectif est de faciliter l’accès au sport», explique Marion Argi, elle-même coach sportive, qui travaille également au sein de la société de négoce Unitrac (qui appartient à sa famille), et tient un blog sur Bilan.ch.

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Pour lancer Wellwhere, elle s'est associée à Christopher Gerber. Ce dernier, qui occupait des responsabilités dans le secteur packaging et ventes pour une grande entreprise romande, jusqu'alors, avait eu une idée similaire. Chacun des deux a donc mis ses compétences dans la corbeille, et le projet est né, avec Christopher dans le back pour gérer les aspects techniques de la plateforme, Marion dans le front avec les salles. Car le potentiel est énorme: 75% des Suisses déclarent pratiquer une activité sportive régulière. Du côté de l'offre, sept grosses chaînes de salles de sports et de fitness se partagent le marché suisse, mais énormément de studios indépendants tentent de se faire leur place. Ainsi, 80 salles de crossfit paient la licence en Suisse pour afficher cette offre.

Partenariats avec les salles de fitness

«Dans les fitness traditionnels, le taux de renouvellement est de 30%. Ils ont intérêt à collaborer avec nous», assure Marion Argi. Population d'expatriés, clientèle de passage, mais aussi changement de mentalités des jeunes générations avec une consommation d'activités en mode snacking: tester, goûter, consommer selon l'envie du moment. «Le business model des gros réseaux c’est les abonnements. Mais on peut leur amener des gens de passage, des expatriés, des gens qui ne veulent plus se lier avec un abonnement», ajoute la jeune femme.

L'idée est donc simple: négocier avec les salles de sports des entrées et formules d'essai à prix intéressants pour les proposer sur le portail et inciter les clients à essayer un maximum d'activités et de lieux  pour trouver celui qui correspond le mieux, ou permettre aux clients de passage de pratiquer leur activité favorite sans les obliger à s'engager sur le long terme. «Nous avons des packs de 1, 5 et 10 séances avec prix dégressifs. On se base sur les offres des salles afin d’obtenir une petite réduction: on ne veut pas casser leur business model en réduisant leur marge au néant, mais leur amener une clientèle nouvelle, intéressante et pertinente. Nous ne cassons pas les prix du marché, mais nous travaillons en partenariat avec les salles de gym. Le but n’est pas de couler le marché du sport et du fitness mais au contraire de faire revenir tous les abonnés perdus. Il faut savoir que si on ne se rend pas au moins 52 fois par an (donc chaque semaine, incluant vacances etc) au fitness, alors il convient mieux de prendre des entrées chez Wellwhere que de payer un abonnement», précise Marion Argi. Et d'ajouter que «20% des clients Wellwhere deviendront des clients fidèles et réguliers des salles qu'ils vont tester: c'est un atout pour nos partenaires s'ils savent transformer l'essai».

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D'autres solutions similaires ont déjà vu le jour à l'étranger. Et lorgnent sur le marché suisse, particulièrement lucratif. D'où la volonté des deux cofondateurs de prendre de vitesse ces concurrents et de s'associer avec les grands réseaux et les petites salles, via des partenariats exclusifs, pour proposer une offre locale et précise. Tout en respectant les spécificités de chacun: pas question d'uniformiser l'offre, les prix et les possibilités ne sont pas les mêmes pour un fitness de palace que pour une salle grand public d'entrée de gamme.

Pour l'usager, tout a été pensé pour que la recherche soit la plus simple possible: moteur de recherche à la fois thématique et géographique, formules avec choix du nombre de séances, tarification claire... «L'idée est vraiment de faire en sorte que la recherche et l'achat puissent être faits en trois clics et moins de trois minutes», insiste Marion. Une fois l'achat validé, un code est envoyé par mail et il suffit de présenter ce code à l'entrée de la salle.

Une idée qui séduit déjà. La blogueuse et instagrameuse genevoise Choupi.fit a voulu profiter de l'opportunité au printemps: «Finalement, j’ai découvert le crossfit grâce à Wellwhere pour 28.- au lieu 40.- si j’avais pris le pass directement chez Forcefit, sans frais d’inscription ni d’obligation de souscrire un abonnement», témoigne-t-elle.

Le défi du sport en entreprises

Et les échos rencontrés en ces premiers mois d'activités sont quasiment unanimes. Ce qui donne des ailes aux deux cofondateurs. Et des idées de développements ultérieurs: «Négocier des partenariats avec des marques de sportswear, afin de créer une communauté et de multiplier les échanges et les avis entre utilisateurs; ajouter d’autres d’autres disciplines à terme, comme le golf, voire le tennis», esquissent déjà Marion et Christopher. Autre projet dans le pipeline: l’offre entreprise. «Le corporate wellness doit être une priorité en Suisse, car la sédentarité devient un réel problème avec d’impressionnants coûts pour la société. Le but est donc de faciliter l'accès aux salles de sport pour tous les collaborateurs et démontrer ainsi que de prendre 1h par jour pour le bien-être des collaborateurs peut avoir d’impressionnants résultats très rapidement», assurent les cofondateurs.

En attendant, il s'agit déjà de valider ces premiers succès. Car l'aventure est aussi entrepreneuriale. «Nous avons fait le seedstage avec des prêts convertibles, une levée de fonds devrait intervenir prochainement, en fonction aussi des ventes des premiers mois», confie Marion, qui se félicite de pouvoir s'appuyer sur un poste de travail flexible auprès d'Unitrac, ce qui lui a permis de poursuivre cette activité tout en lançant Wellwhere.

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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