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Uri Levine: «Encourageons les gens à devenir entrepreneur»

Pour Uri Levine, cofondateur de Waze, l'entrepreneuriat est une habitude: après la start-up liée à la navigation routière et à l'info trafic, il a continué à prendre part à d'autres aventures entrepreneuriales. De passage en Suisse récemment, il livre son analyse de l'innovation et donne ses conseils.

Uri Levine, cofondateur de Waze, continue de s'impliquer dans la création de startups.

Crédits: AFP

Uri Levine, 52 ans, était de passage à Genève à l’occasion de la Start-up Nation Conférence début novembre. Waze qu’il a co-fondée est utilisée par plus de 300 millions de conducteurs dans le monde. L’app de navigation et info trafic communautaire a été rachetée par Google en juin 2013 pour le prix de 1,1 milliard de dollars. Bilan a rencontré le serial-entrepreneur israélien qui continue à développer de nombreux projets technologiques et lancer des start-up.

Dans quels secteurs peut-on encore innover aujourd’hui ?

Tous les secteurs sont prometteurs. D’ailleurs, le rythme d’innovation se poursuit de manière effrénée un peu partout. Et on peut être surpris par certains secteurs. En effet, il y a dix ans, nous ne pensions jamais innover dans les secteurs où nous avons innové depuis.

Quel est le meilleur endroit où l’on peut innover ?

Même si les deux écosystèmes se valent plus ou moins, je trouve qu’il existe de meilleures conditions pour entreprendre en Israël que dans la Silicon Valley. Le gouvernement encourage aussi fortement les entrepreneurs en abaissant leurs taxes par exemple. Sans compter que les jeunes rêvent de devenir entrepreneurs en Israël et leur loyauté envers leur entreprise est bien plus forte qu’aux Etats-Unis où les employés sont moins fidèles à leur employeur.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui se lance ?

Le premier: n’aie pas peur de l’échec. Parce que si tu as peur d’échouer, en réalité, tu as déjà perdu. Ensuite, avant de créer quelque chose, il faut comprendre la problématique et surtout la perception qu’ont les utilisateurs de cette problématique afin de trouver la meilleure solution. Et puis, toujours rester concentré sur ce que l’on fait. Ça ne sert à rien de vouloir être parfait, il faut juste être assez bon pour remporter des marchés.

Vous avez connu des succès et des échecs. Qu’est ce qui est le plus compliqué à gérer?

Un échec te permet d’apprendre beaucoup de choses, notamment ce que tu as fait de faux. Tu essayes de comprendre ce qui n’a pas fonctionné alors qu’avec un succès, tu te poses uniquement la question: qu’est-ce que je fais après ?

Est-ce que tout le monde peut-être entrepreneur ? Quelles sont les qualités qu’il faut avoir pour réussir ?

Alors qu’en règle générale, les gens n’aiment pas le changement, les entrepreneurs le cherchent. Donc ceux qui aiment le changement et les risques sont ceux qui peuvent devenir entrepreneurs.

Comment vous est venue l’idée de créer Waze ?

Je déteste les bouchons. D’ailleurs, la plupart des gens qui crée une entreprise le fait par réaction à quelque chose qu’ils détestent ou à un problème qu’ils veulent résoudre. Pour ma part, afin d’éviter les bouchons, je devais connaître où ils se trouvaient. Donc l’idée d’une plateforme communautaire sur laquelle les utilisateurs allaient donner des informations sur les bouchons m’est venue. Waze est devenu un GPS qui permet d’aller d’un point A à un point B en évitant les bouchons.

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Si vous deviez investir dans une start-up suisse, ça serait laquelle ?

Je ne connais malheureusement pas assez le marché helvétique pour répondre à cette question. Et en réalité, je n’investis pas tant que ça dans les start-up, je les crée plutôt. Et le critère est : elles doivent résoudre un problème pour les consommateurs.

Quels sont les start-up que vous avez lancées après Waze ?

Il y en a beaucoup mais parmi celles-ci, il y a Moovit, une application comme Waze mais pour les transports publics, qui grandit plus vite que Waze par ailleurs. FeeX, un service qui permet d’économiser de l’argent sur tous les frais cachés liés aux services financiers. Roomer est une plateforme de réservations d’hôtels à prix réduits qui permet aussi de vendre sa réservation à d’autres. Zeek qui permet d’acheter des cartes cadeaux à prix discount et à les revendre si on ne les utilise pas. FairFly qui permet de réduire les prix de ses vols. Engie d'économiser tous les coûts liés à sa voiture. J’envisage aussi de lancer une nouvelle start-up qui permettra de récupérer sa TVA (90% des consommateurs ne la récupèrent jamais) et une autre pour aider les conducteurs à se parquer. Et probablement une autre dans l’assurance vie car une majorité des assurés, notamment aux Etats-Unis, ont une assurance qui ne correspond pas à leurs besoins.

Quel est l’objectif d’un entrepreneur ? De se faire racheter un jour par un GAFA ?

Non, l’objectif est d’avoir de l’impact et de servir le changement. C’est aussi un rêve et une passion de lancer sa start-up.

En dehors de votre travail, quelles sont vos autres passions ?

J’adore skier. Je pars justement à Zermatt  toute à l’heure. Je viens entre cinq et six fois par année skier dans les Alpes.

Pouvez-vous nous dire quelque chose que les lecteurs ne connaissent pas encore sur vous ?

J’ai cinq  enfants et… je suis très mauvais en technologie (rires).

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