Bilan

Un haut diplomate à la présidence de la BCV

Pour remplacer le banquier Olivier Steimer qui arrive au terme de son mandat de président à la fin de l’année, le Conseil d’Etat vaudois est allé chercher l‘ex-négociateur en chef à Bruxelles, Jacques de Watteville.
  • Jacques de Watteville prendra le relais d'Olivier Steimer à la présidence de la BCV en 2018.

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  • Jacques de Watteville a géré les épineux dossiers des relations entre Suisse et Union européenne ces dernières années (ici avec Yannis Varoufakis).

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  • Le capital de la BCV est très majoritairement entre les mains du canton qui désigne quatre administrateurs dont le président.

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«Un joli coup pour la Banque cantonale, se félicite Olivier Steimer en présentant à la presse son successeur désigné par le Conseil d’Etat vaudois pour la présidence de l’établissement en 2018. C’est la bonne personne au bon moment et c’est un honneur pour moi d’être remplacé par une personnalité d’une telle stature.» Après 15 ans à la tête de la BCV, il était temps pour le banquier de passer le flambeau. Il sera transmis non pas à un homme du sérail bancaire, mais à un grand commis de l’Etat qui vient de prendre sa retraite.

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Fils de pasteur né à Lausanne en 1951, études de droit et HEC à Lausanne, stage d’avocat à Lausanne, Jacques de Watteville est à la base un pur produit du sérail, même s’il a accompli toute sa carrière à Berne et à l’étranger: jeune délégué du CICR au Liban, conseiller de la Suisse auprès de l’Union européenne, puis de l’ambassade de Suisse à Londres, avant d’être nommé ambassadeur de Suisse en Syrie, à Bruxelles et à Beijing, il avait été nommé en 2013 au poste de Secrétaire d’Etat aux questions internationales au Département des finances d’Eveline Widmer-Schlumpf, puis négociateur en chef avec l’UE, chargé notamment de l’épineux dossier des relations avec Bruxelles après le vote sur l’immigration de masse.

«L’homme de la situation»

La Confédération venant de désigner son successeur à Bruxelles, Jacques de Watteville se trouve être l’homme de la situation: «Je ne suis pas un banquier comme Olivier Steimer, mais j’ai 25 ans d’expérience financière dans le domaine international,» confie le Vaudois qui voit là un réel nouveau défi. «C’est une chance réelle pour la Banque cantonale vaudoise, surenchérit Philippe Leuba qui se félicite du fait que le haut-fonctionnaire a privilégié la BCV en renonçant à d’autres sollicitations: «L’homme est très attaché au canton de Vaud et il est décidé à lui rendre ce qu’il lui a donné.»

Olivier Steimer évoque aussi le fantastique réseau dont il va pouvoir faire bénéficier la BCV: «De par son expérience du monde financier, il connaît personnellement tous les patrons des grandes banques européennes et c’est un excellent négociateur.» Une activité qu'il avait encore exercée ces derniers mois et qu'il expliquait au micro de la RTS en juin dernier, à quelques jours du scrutin britannique sur le Brexit.

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«N’oubliez pas qu’un franc sur deux est gagné à l’exportation, dont 50 centimes dans la zone européenne, insiste Philippe Leuba. L’expérience internationale de Jacques de Watteville sera une chance pour le canton,». A la question de savoir si l’on peut établir une comparaison entre son passage de la tête de la diplomatie au monde de la banque, tel José Manuel Barroso chez Goldman Sachs, Jacques de Watteville rétorque: «Je ne me comparerais pas au président de la Commission européenne, je suis un modeste diplomate suisse et je comparerais encore moins la BCV à Goldman Sachs.»

Une banque fortement cantonale

La BCV est détenue à 67% par le canton de Vaud et c’est à son Conseil d’Etat seul de désigner le président de la banque. Sa nomination ne sera donc pas soumise au vote des actionnaires. Au total quatre administrateurs représentent le canton, dont son président. Avant d’entrer en fonction le 1er janvier 2018, Jacques de Watteville participera à partir du 1er septembre 2017, à titre d’observateur aux activités du conseil d’administration: «Pour moi c’est un retour aux sources et je me réjouis de pouvoir servir mon canton,» commente le futur président de la banque.

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Olivier Grivat

JOURNALISTE

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Olivier Grivat est journaliste indépendant après avoir été rédacteur en chef adjoint de 24 Heures et travaillé 30 ans chez Edipresse. Licencié en droit, il s’est spécialisé dans les reportages et les sujets économiques (transports, énergie, tourisme et hôtellerie). Il a écrit plusieurs ouvrages, notamment sur la jeunesse suisse du roi de Thaïlande et la marine suisse de haute mer.

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