Bilan

Toyota et consorts dégainent les preuves de fidélité à l'Amérique

Nouvelle cible de Donald Trump, Toyota, qui domine le secteur automobile mondial depuis plusieurs années, s'est défendu en dégainant des chiffres.

"Toyota fait partie du tissu social américain depuis près de 60 ans", a détaillé le constructeur dans un communiqué.

Crédits: AFP

Nouvelle cible de Donald Trump pour ses projets d'expansion au Mexique, Toyota a rappelé son engagement de longue date aux Etats-Unis, et le gouvernement japonais lui-même a apporté vendredi son soutien au géant et à ses compatriotes.

"L'industrie automobile nippone emploie 1,5 million de personnes aux Etats-Unis et apporte ainsi une importante contribution à l'économie américaine", a réagi le ministre du Commerce, Hiroshige Seko, lors d'un point presse régulier.

"Il est important que les entreprises le fassent savoir et le gouvernement doit également le souligner si cela s'avère nécessaire", a-t-il insisté.

Le porte-parole de l'exécutif s'est également immiscé dans le débat. "Toyota s'est toujours efforcé de se comporter en entreprise citoyenne auprès des Etats-Unis", a déclaré Yoshihide Suga.

Et d'ajouter: Donald Trump est "un homme d'affaires. Il a travaillé à l'étranger, donc il devrait être au fait de telles choses".

De son côté, Toyota, qui domine le secteur automobile mondial depuis plusieurs années, s'est défendu en dégainant des chiffres. Vingt-cinq millions de véhicules produits aux Etats-Unis sur les 30 dernières années, 10 usines et 136.000 salariés: "Toyota fait partie du tissu social américain depuis près de 60 ans", a détaillé le constructeur dans un communiqué.

Avant même que le milliardaire ne se livre à un tweet rageur pour dénoncer la construction d'une usine au Mexique et brandir la menace de représailles douanières, le PDG Akio Toyoda avait insisté, en marge d'une réception à Tokyo, sur l'apport de son groupe aux Etats-Unis, via les impôts et la création d'emplois.

Mais le président élu américain vise lui les véhicules assemblés au Mexique et exportés vers les Etats-Unis, sous certaines conditions et sans droits de douane, en vertu de l'accord de libre-échange Alena conclu entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada.

Toyota se dit là aussi exemplaire, assurant être "le plus petit importateur" d'automobiles made in Mexico, avec seulement 78.000 pick-up Tacoma acheminés de l'autre côté de la frontière en 2015.

'Pragmatiques'

En revanche, il n'a pas été en mesure de préciser dans quelle mesure son nouveau site mexicain, qui devrait ouvrir ses portes en 2019, approvisionnera le marché nord-américain. "Rien n'a été décidé pour l'heure", a commenté une porte-parole.

Son rival Nissan n'a pas encore essuyé les foudres de Donald Trump, mais c'est sans doute "le plus vulnérable" du fait de sa forte implantation au Mexique, estime un analyste japonais, sous couvert d'anonymat.

Au total, 830.000 véhicules sortent de ses usines, dont de nombreuses berlines Sentra et Versa à destination des Etats-Unis. Le partenaire de Renault dispose en outre dans ce pays latino-américain, où il est présent depuis 50 ans, d'une usine commune avec l'allemand Daimler, actuellement en construction.

Honda est aussi très bien implanté, avec une capacité de production d'environ 260.000 unités, tout comme Mazda. Le petit constructeur japonais ne possède aucune usine aux Etats-Unis, alors qu'il y vend quelque 300.000 véhicules, assemblés au Mexique et au Japon.

Pour l'heure cependant, les menaces de Donald Trump ne semblent guère inquiéter le secteur automobile nippon.

A la Bourse de Tokyo, les actions des différents constructeurs ont certes toutes fini dans le rouge vendredi, mais l'heure n'était pas à la débâcle: Toyota a perdu 1,68%, Nissan 2,20%, Honda 1,90% et Mazda 3,16%.

"Toyota dispose de sites de production partout dans le monde et, comme les autres compagnies, il pourra donc répondre avec flexibilité" aux décisions politiques du futur chef d'Etat américain qui a promis, pendant sa campagne, de renégocier l'Alena, selon l'expert automobile contacté par l'AFP.

Le PDG de Nissan, Carlos Ghosn, tient le même discours rassurant. "Nous sommes pragmatiques, nous nous adapterons à n'importe quelle situation, à la condition que ce soit la même règle pour tous", a-t-il assuré depuis Las Vegas, où se tient le salon d'électronique grand public CES.

Et lui aussi d'afficher sa fidélité au marché américain. "Nous avons la plus grande usine, non seulement des Etats-Unis, mais des Amériques, dans le Tennessee", a-t-il assuré, avec 650.000 unités fabriquées par an, pour une production totale de Nissan sur le sol américain de près d'un million et 22.000 emplois directs.

Honda a également calmé le jeu. "L'administration Trump n'est pas encore entrée en fonction, et nous estimons qu'il est prématuré de réagir à ceci ou cela", a souligné un responsable, Yoshiyuki Matsumoto, sur la télévision nippone.

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