Bilan

Surveiller son cœur via un smartphone

Lauréats 2017 du concours START, Pierre Starkov et Jeton Ibrahimi ont mis au point un système de stéthoscope connecté qui pourrait très bientôt trouver sa place dans tous les foyers.

Le dispositif imaginé par Stethup: il suffit d’une pastille et d’une app.

Crédits: Dr

Le stéthoscope fête ses 200 ans cette année. Mais ce symbole de la médecine a peu évolué au cours des dernières décennies. «J’effectuais un stage aux Hôpitaux universitaires de Genève voilà quatre ans quand j’ai discuté du sujet avec un ami: nous avons remarqué le contraste entre ce tube de caoutchouc qui relie deux pièces métalliques et nos smartphones et autres objets connectés: je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire», se souvient Pierre Starkov. Ingénieur et médecin de formation, il commence à réfléchir à la question. Il y a quelques mois, il s’inscrit au concours START avec Jeton Ibrahimi, issu lui de l’univers de la finance et de la comptabilité, et le duo développe une solution révolutionnaire.

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A l’heure où chaque famille dispose de son thermomètre à la maison, les deux entrepreneurs proposent de faire de même avec le stéthoscope via un dispositif ingénieux: une pastille, de la taille d’une pièce de 5 francs mais un peu plus épaisse, et une app sur smartphone. «Le patient peut, au quotidien, écouter ses battements cardiaques, prendre sa tension artérielle ou s’intéresser à son murmure respiratoire en plaçant la pastille en différents endroits de son torse ou de son dos, en suivant les instructions données par l’app smartphone. Les données sont transmises à celle-ci et le patient peut bénéficier d’informations sur son état de santé», détaille Pierre Starkov.

Pas question toutefois de se placer en concurrent de l’auscultation pratiquée par un médecin: «Notre dispositif, baptisé Stethup, est complémentaire des visites au médecin de famille. Cela peut permettre à tout un chacun d’avoir un suivi plus régulier de certains indicateurs physiologiques. Et inciter justement à se rendre chez un professionnel en cas d’inquiétude appuyée sur des évolutions mesurées par l’appareil.»

La question délicate des données

Alors que les brevets sont en train d’être finalisés, Pierre Starkov et Jeton Ibrahimi focalisent leurs efforts sur la sécurisation des données. Pour éviter tout risque, ils ont volontairement remis à plus tard certains développements comme une solution permettant que les données soient envoyées au médecin de famille afin qu’il puisse constamment avoir un suivi à jour et très précis des indicateurs de ses patients.

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Cette option pourrait être envisagée à l’avenir. Car Pierre Starkov va pouvoir se consacrer au développement de Stethup: acteur majeur des technologies médicales en Suisse, le CSEM (Centre suisse d’électronique et de microtechnique) lui a offert un contrat lui permettant de se focaliser sur son projet et va soutenir le développement de la future start-up. Les aspects cliniques sont développés en collaboration avec le service des urgences pédiatriques des HUG (Hôpitaux universitaires de Genève). 

Un accompagnement qui fait suite à celui proposé par l’Université de Lausanne (UNIL) et son incubateur. Coach de la start-up au sein de l’incubateur de l’UNIL, Nadine Reichenthal ne tarit pas d’éloges sur les entrepreneurs: «Ils ont une démarche de pionniers et une curiosité pour le design thinking et la recherche du public cible, qui me font dire qu’il y a un beau potentiel pour cette jeune pépite.» Même ton du côté du concours START: «C’est un projet qui peut concerner des millions de familles et contribuer à améliorer le suivi de santé de tout un chacun», précise Nicolas Cornebise, président de l’organisation du concours.

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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