Bilan

Sur fond de scandale en Syrie, le patron de LafargeHolcim s'en va

Les investigations ont démontré que Lafarge Cement Syria a bel et bien versé à des intermédiaires en Syrie des paiements inappropriés entre 2013 et 2014.

Le directeur général du cimentier franco-suisse jettera l'éponge à la mi-juillet, malgré les conclusions clémentes à son encontre d'une enquête interne publiées lundi.

Crédits: Reuters

Le scandale des versements suspects en Syrie aura eu raison du patron de LafargeHolcim, Eric Olsen, en poste depuis la finalisation du rapprochement entre les deux géants en juillet 2015. Le directeur général (CEO) du cimentier franco-suisse jettera l'éponge à la mi-juillet, malgré les conclusions clémentes à son encontre d'une enquête interne publiées lundi. Son poste sera par la suite assuré de manière temporaire par le président de l'organe de surveillance Beat Hess, jusqu'à la désignation d'un nouveau patron.

Les investigations ont démontré que Lafarge Cement Syria (LCS) a bel et bien versé à des intermédiaires en Syrie des paiements inappropriés entre 2013 et 2014 pour poursuivre les activités du groupe dans le pays en guerre et limiter les exactions de divers groupes armés locaux envers les employés et les clients ou encore s'assurer un accès aux ressources nécessaires.

Une attention particulière a été portée au rôle et à l'implication potentielle du responsable franco-américain du groupe, selon une série de communiqués.

Le conseil d'administration considère toutefois que ce dernier n'était pas responsable de ces agissements, ne pense pas qu'il en ait eu connaissance et n'entend pas commenter plus avant les résultats de son enquête.

"Ma décision est guidée par la conviction qu'elle contribuera à apaiser les fortes tensions qui sont récemment apparues autour de la question de la Syrie", explique M. Olsen, cité dans un communiqué.

D'ici son départ, M. Olsen et son équipe resteront chargés de la mise en place des mesures adoptées pour éviter de nouveaux scandales de ce type à l'avenir, sous la surveillance du nouveau comité d'éthique, d'intégrité et de risque.

LafargeHolcim avait reconnu en mars "rétrospectivement inacceptables" les mesures prises par la cimenterie syrienne de l'ex-Lafarge pour poursuivre les activités de l'usine. L'année dernière, le colosse des matériaux de construction avait été dénoncé pour sa collaboration, courant 2013 et jusqu'à l'évacuation de l'usine en septembre 2014, avec des groupes armés et des tiers visés par des sanctions.

Selon le quotidien français Le Monde, qui avait révélé l'affaire, ces arrangements ont notamment profité à l'organisation État islamique (EI).

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."