Bilan

Salt économise 33 millions par an après avoir réintégré des services

L'internalisation des services a permis à Salt de dépenser 33% de moins pour les services réseau et 44% pour l'informatique (IT) les gains sont de l'ordre de 43%.

Les services informatique du groupe basé à Renens étaient précédemment confiés à l'américain iGate/Capgemini et au finlandais Qvantel.

Crédits: keystone

La société de télécommunications Salt a terminé en février l'internalisation de ses services informatique et réseau, ce qui lui permet d'économiser 33 millions de francs via des gains d'efficience. Le groupe affirme avoir terminé sa mue, entamée en 2015 après le rachat par la holding NJJ de l'entrepreneur français Xavier Niel.

Grâce au rapatriement de certaines activités, le groupe dépense désormais 50 millions de francs pour les services réseau, soit 33% de moins qu'en recourant à des prestataires externes, indique Salt mercredi. Dans le domaine de l'informatique (IT) les gains sont de l'ordre de 43%, pour des dépenses totales de 10 millions.

Suivant une tendance répandue auprès des opérateurs téléphoniques, les services techniques de Salt étaient il y a trois ans encore en mains externes. Le suédois Ericsson et le finlandais Nokia s'occupaient des aspects réseau avec une majorité de postes de travail hors de Suisse, en Pologne et en Roumanie.

Actuellement, Salt emploie directement 125 équivalents plein temps (EPT) pour ces tâches, 80 en Suisse. L'équipe est complétée par 45 EPT engagés en France, selon les documents accompagnant une présentation sur les chiffres annuels ce mercredi.

Les services informatique du groupe basé à Renens étaient précédemment confiés à l'américain iGate/Capgemini et au finlandais Qvantel. Dans ce domaine également, les emplois sont désormais majoritairement en Suisse, à hauteur de 25 EPT, avec une aide de la France (13 EPT). Auparavant, l'Inde se taillait la part du lion.

Le numéro trois suisse des télécommunications a progressivement résilié les contrats passés avec des prestataires externes. Le dernier, celui de Qvantel, est arrivé à échéance en janvier 2018.

L'effectif de Salt se monte à près de 700 employés en Suisse et 58 en France. Le recrutement dans l'Hexagone vise à combler le manque de main d'oeuvre qualifiée sur territoire helvétique.

Nouveau centre de données

En termes de produit, le groupe a annoncé avec grand bruit le mois dernier son entrée dans le segment disputé du réseau fixe.

Sa nouvelle offre propose une technologie à large bande ultrarapide de 10 Gbit/s, un boîtier télévisé Apple, plus de 300 chaînes de télévision, la vidéo à la demande avec Sky Sport et Sky Show et des services de téléphonie illimités. Avec son nouveau routeur, Salt promet une vitesse de 2,2 Gbit par seconde sur le réseau sans fil (Wifi).

Quelque 1,3 million de foyers en Suisse peuvent en profiter immédiatement. La couverture est toutefois inexistante pour l'instant dans quelques cantons, notamment Neuchâtel et le Jura.

Dans un registre moins marketing, Salt a investi dans un nouveau centre de données à Zurich dans des locaux spécifiquement aménagés à cet effet. Le "data center" zurichois était jusqu'ici installé dans un immeuble de bureaux. Le groupe en dispose d'un deuxième à Crissier.

L'année dernière, les dépenses d'investissement de capital (capex) ont atteint 382 millions de francs, multipliées presque par quatre sur un an. Ce bond s'explique principalement par les investissements consentis afin de mettre en place l'offre sur le réseau fixe, soit 214 millions.

Dans son document, Salt affirme avoir terminé "avec succès" sa transformation en un opérateur mobile efficient. Le niveau de rentabilité et la génération de liquidités libres permettront de poursuivre le développement de la société.

Le groupe avait publié à la mi-mars ses chiffres annuels. Les recettes ont reculé de 6,6% en rythme annuel, à 1,05 milliard de francs. Le résultat brut d'exploitation (Ebitda) a bondi de quelque 10% à 474,9 millions.

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