Bilan

Roche a vu sa rentabilité s'effriter

Roche est parvenu peu ou prou l'an dernier à maintenir en état de marche ses moteurs de ventes vieillissants.

Le chiffre d'affaires total du mastodonte pharmaceutique rhénan s'est enrobé de 5%.

Crédits: keystone

Roche est parvenu peu ou prou l'an dernier à maintenir en état de marche ses moteurs de ventes vieillissants. Les trois premières sources de revenus du laboratoire bâlois affichent encore des revenus autour des 7 mrd CHF chacun, selon le compte-rendu d'activité publié jeudi. La direction prévient néanmoins que la pression des biosimilaires va gagner en ampleur, notamment sur le Vieux continent.

Le chiffre d'affaires total du mastodonte pharmaceutique rhénan s'est enrobé de 5%, aussi bien en franc qu'en monnaies locales, pour atteindre 53,30 mrd CHF. Les deux divisions Pharmaceuticals et Diagnostics ont suivi des trajectoires parallèles, pour générer respectivement 41,20 mrd et 12,08 mrd CHF.

L'excédent d'exploitation de base a grappillé 3% pour s'établir à 19,01 mrd CHF. Le bénéfice net en revanche s'est contracté de 9% à 8,83 mrd, tendant à confirmer de récentes déclarations du directeur général (CEO) Severin Schwan sur la rentabilité du groupe à la recherche de nouvelles sources de croissance.

Le conseil d'administration proposera aux actionnaires une rémunération agrémentée de 10 centimes par bon de jouissance à 8,30 CHF.

Les revenus affichés par Roche s'inscrivent dans le haut des projections des analystes consultés par AWP, tant au niveau du groupe qu'à celui des divisions. La rentabilité opérationnelle en revanche était attendue une vingtaine de millions de francs plus haut.

Trio toujours gagnant

Les recettes des trois anticancéreux phares du groupe - MabThera/Rituxan, Herceptin et Avastin - ont étoffé leur contribution cumulée de 1% à 21,09 mrd CHF, en dépit d'une nouvelle érosion de 2% des revenus pour l'Avastin.

Le directeur général (CEO) Severin Schwan a néanmoins prévenu en conférence de presse que la pression des biosimilaires ne s'atténuera pas pour autant en cours d'année. "L'impact sur le MabThera a réellement commencé à se faire sentir sur le premier trimestre de l'an dernier et devrait s'accroître encore dans le courant de 2018", a prévenu M. Schwan. Les premiers successeurs de l'Herceptin devraient faire leur apparition sur le Vieux continent.

Plusieurs traitements récemment lancés se sont approchés du convoité statut de moteur de ventes - soit plus de 1 mrd CHF de revenus annuels. L'Esbriet (fibrose pulmonaire) a ainsi grappillé 13% à 869 mio. L'Ocrevus contre la sclérose en plaques surtout a généré pour sa première année de commercialisation 869 mio.

Le Tecentriq (cancer du poumon) demeure relativement éloigné de cette marque, malgré la multiplication par trois des recettes à 487 mio. L'Hemlibra, dont l'homologation mi-novembre aux Etats-Unis a permis à Roche de prendre pied sur le marché de l'hémophile, a rapporté 3 mio CHF.

Transfert de traction

"Les récents lancements ont déjà contribué l'an dernier aux deux tiers de la croissance affichée par l'unité Pharmaceuticals", s'est réjoui le patron de la multinationale. Les nouveautés doivent par ailleurs permettre de maintenir un niveau de rentabilité confortable.

La direction anticipe pour l'année en cours une croissance molle, voire atone, hors effets de change. Le bénéfice de base par titre (BPA de base) doit s'étoffer de près de 10%. Hors impact de la réforme fiscale adoptée aux Etats-Unis, cet indicateur doit évoluer conformément aux recettes. Le groupe fait miroiter une nouvelle augmentation du dividende.

Hors de toute considération opérationnelle, Roche compte par ailleurs sur un coup de pouce de la réforme fiscale récemment adoptée aux Etats-Unis. "Notre taux d'imposition doit s'éloigner des 30% pour se rapprocher plutôt des 20%", a esquissé M. Schwan.

Les ordres de grandeur articulés par la direction poussent les analystes à sortir leurs calculatrices. Baader Helvea anticipe ainsi un allègement de la charge fiscale autour de 23%, contre 26,6% en 2017. Jefferies table sur un chiffre d'affaires de 53,3 mrd à 54,9 mrd CHF, assorti d'un BPA de base de 16,69 à 17,00 CHF.

La Banque cantonale de Zurich (ZKB) a fouillé plus en profondeur et note que la concurrence des biosimilaires a déjà amputé les recettes du Rituxan en Europe de plus d'un quart sur le dernier partiel, en comparaison annuelle.

Dans l'ensemble, les analystes accueillent une performance annuelle robuste, accompagnées de perspectives prudentes.

Sur le coup de 10h00, le bon de jouissance Roche s'appréciait encore de 0,3% à 230,15 CHF, après avoir gagné jusqu'à deux fois plus et à la traîne d'un SMI en hausse de 0,67%.

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