Bilan

Qui sont les plus gros sponsors suisses?

Rolex, Omega, UBS, Credit Suisse et Hublot investissent environ 660 millions de francs à eux cinq dans le sponsoring à l’international. Enquête exclusive.
  • La compétition de voile Rolex Middle Sea Race doit son nom à la marque genevoise qui la soutient.

    Crédits: Kurt Arrigo/Rolex
  • Sebastian Chiappero, CEO de Sponsorize, note une hausse du sponsoring événementiel.

    Crédits: Dr
  • Rolex

    160-180 millions de francs

    Culture Rolex Learning Center, Exposition internationale d’architecture et Rolex Mentors.

    Musique La Scala à Milan, la Royal Opera House à Londres, le Metropolitan Opera à New York et l’Opéra national de Paris; des festivals (dont Salzbourg), ainsi qu’une dizaine d’artistes.

    Sport Dans l’hippisme, le Rolex Grand Slam (qui réunit les trois concours à la plus grande renommée mondiale: Genève, Aix-la-Chapelle et Calgary). Dans le golf, la Ryder Cup, qui oppose tous les deux ans un team américain à un team européen. En tennis, Rolex est le sponsor de Wimbledon, de l’Open d’Australie, du Shanghai Rolex Masters, du Monte-Carlo Rolex Masters, etc. La marque genevoise possède aussi de nombreux ambassadeurs dans le golf (Adam Scott, Tiger Woods ou Arnold Palmer) et dans le tennis (Roger Federer, Jo-Wilfried Tsonga, etc.).

    Crédits: Dr
  • Omega

    130-150 millions de Francs

    Culture Présence dans les films de James Bond avec un modèle Seamaster depuis 1995.

    Sport Dans le golf, avec de nombreux ambassadeurs (Rory McIlroy, Sergio Garcia, Greg Norman, Michelle Wie, etc.) et un partenariat avec la PGA of America (partenaire et chronométreur officiel de la Ryder Cup aux Etats-Unis, du Championnat de la PGA, de celui de la PGA Senior, et du Grand Chelem de golf de la PGA). Sans oublier l’Omega European Masters de Crans-Montana. Chronométreur officiel des Jeux olympiques depuis 1932!

    Crédits: Dr
  • UBS

    120-140 millions de francs

    Culture UBS soutient de nombreux musées (Milan, Monaco, le Musée olympique de Lausanne, la Fondation Beyeler et la Fondation Pierre-Gianadda), ou des manifestations (Art Basel, Art Basel-Miami, Lugano Arte e Cultura, Artgenève, etc.). Citons encore la Guggenheim UBS MAP Global Art Initiative, visant à renforcer l’accès à l’art contemporain de trois régions du monde. UBS soutient aussi

    le Sydney Theater Company ou l’Opéra et Ballet de Zurich. Il aide trois orchestres (dont l’Orchestre symphonique de Lucerne), et cinq festivals de musique. Sans oublier le Festival du film de Locarno.

    Sport Partenaire global de la F1 depuis 2010 (quelque 200 millions de dollars sur cinq ans). Soutien à la Spengler Cup de Davos (hockey sur glace) et de meetings d’athlétisme (dont la course de l’Escalade et la course Sierre-Zinal).

    Crédits: Dr
  • Credit Suisse

    100-120 millions de francs

    Culture Dans la musique classique, la liste est longue: New York Philharmonic, Théâtre Bolchoï, Opéra de Zurich, Beijing Music Festival, Lucerne Festival ou encore le Prix CS Jeunes Solistes, etc. On retrouve aussi la banque aux côtés de festivals de jazz en Suisse. Credit Suisse sponsorise encore la National Galery London, le Kunsthaus de Zurich, le Museo d’Arte de Lugano, etc.

    Sport Credit Suisse soutient Roger Federer. C’est aussi le sponsor principal de l’Association suisse de football. Elle est aussi présente à l’Omega European Masters de Crans-Montana (golf), au Swiss Seniors Open et dans l’équitation (CHI Genève).

    Crédits: Dr
  • Hublot

    80-100 millions de francs

    Culture Partenariat avec Depeche Mode et le pianiste Lang Lang.

    Sport Football (PSG, Juventus, FC Bayern, ou la FIFA World Cup), basketball, athlétisme (avec Usain Bolt), automobile (avec Ferrari), ski, football américain, baseball, etc. «Lors de la Coupe du monde de foot au Brésil, grâce à notre panneau avec le logo Hublot, nous avons eu plus de 22 minutes de visibilité sur les chaînes TV. C’est donc un très bon investissement», explique Annabelle Galley, en charge des relations presse chez Hublot.

    Crédits: Dr

UBS devance désormais Credit Suisse en termes de montant investi dans le sponsoring, notamment, car elle lui a soufflé le marché de la F1 (40 millions de dollars par année). Tel est l’un des éléments qui ressortent de la nouvelle enquête réalisée par le cabinet genevois Sponsorize pour Bilan.

Après la première étude menée en 2012 concernant les cinq principaux sponsors suisses à l’international, il s’agissait d’analyser les nouvelles tendances et d’identifier les défis actuels. Outre le changement dans le top 5 entre les deux grandes banques suisses, nous constatons que les sommes investies dans le sponsoring par les cinq «champions suisses» n’ont cessé d’augmenter, passant globalement de 520 à 660 millions (+27%).

Cela étant, cette progression s’explique par le fait que le sponsoring événementiel et le digital sont de plus en plus utilisés par les entreprises. Le premier car il est un vecteur d’émotions très puissant, et le deuxième car il offre un dialogue quasi instantané avec les marques. Le cocktail idéal étant évidemment de réussir les deux. Toutefois, comme le souligne Sebastian Chiappero, CEO du Cabinet Sponsorize, de nouveaux challenges doivent être gérés par les professionnels du domaine.

Le poids financier du sponsoring mondial

Les cinq plus gros sponsors dans le sport au niveau mondial

«De plus en plus d’entreprises se voient confrontées à leur politique interne qui interdit à leurs collaborateurs de recevoir des cadeaux, comme une invitation à un match de football ou à une compétition de tennis», relève Sebastian Chiappero.

«Le marketing est en train de vivre une révolution»

Parmi les nouveaux défis à relever, il y a la difficulté à valoriser les dépenses dans le sponsoring. «On l’a vu lorsque Visa, sponsor aux Jeux olympiques de Londres, a voulu empêcher l’usage d’autres cartes de crédit sur les sites olympiques. Cela a provoqué un tel tollé qu’elle a dû faire marche arrière», rappelle le cofondateur de Sponsorize. Ce dernier prévoit la multiplication d’événements créés par les marques.

«Cela nécessite davantage de ressources, mais en contrepartie vous devenez propriétaire des données des participants. Ce qui vaut de l’or». Mais ce dernier relève que le mieux pour une entreprise est d’avoir un mix d’événements propres et de sponsoring de clubs ou autres.

Le sponsoring par secteurs dans le monde

Le sponsoring par secteur en Suisse

La question centrale est: la marque vise-t-elle un objectif d’acquisition ou de fidélisation (interne ou externe)? Ainsi Areva, qui fait venir 400 collaborateurs dans le Stade de France juste avant la course d’Usain Bolt. «Le marketing est en train de vivre une révolution car les dirigeants suisses commencent à voir le sponsoring comme une source de revenus et non comme une source de dépenses. Les dirigeants de moins de 50 ans ont quasiment tous suivi des cours de marketing», observe celui qui est aussi président du Cercle suisse du sponsoring.  

Méthodologie: Cabinet Sponsorize a analysé toutes les plateformes sponsorisées par les marques. Il a estimé leur coût (droits) et les budgets d’activation du sponsoring (publicité, campagnes, événements).

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

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Serge Guertchakoff est rédacteur en chef adjoint à Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également responsable du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches.

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