Bilan

Quand un horloger revendique le "Made in China"

Formé par les horlogers suisses, le Français Guillaume Laidet fait un tabac planétaire avec sa toute nouvelle marque de montres vintage. Fabriquées en Chine, elles sont pour la première fois présentées à Baselworld 2017.
  • Guillaume Laidet est recruté en 2010 comme chef de projet marketing chez Zenith, au Locle.

  • Guillaume Laidet ambitionne d’écouler 200 000 pièces fin 2017 avec un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros.

  • La marque vend des montres à quartz, mais il y a aussi quelques pièces mécaniques, vendues exclusivement en ligne au prix unique de 349 euros.

Il a la dégaine et l’énergie d’un Bill Gates dans ses jeunes années. Et aussi peut-être un destin hors du commun dans son domaine de prédilection, l’horlogerie. A 31 ans, quelque dix-huit mois seulement après avoir lancé la marque William L. 1985 (l’année de sa naissance), le Français Guillaume Laidet a déjà vendu plus de 40 000 montres dans 25 pays, en ligne ou dans 360 points de vente. Son chiffre d’affaires dépasse déjà les 2 millions d’euros.

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Pour la première fois, il participe à Baselworld du 23 au 30 mars 2017. «Bravo d’avoir réussi à vendre autant de montres dans un monde difficile et si compétitif», relève Jean-Claude Biver, responsable du pôle horloger de LVMH, qui, sans le connaître personnellement, salue l’exploit de ce jeune entrepreneur.

Les montres à quartz William L. 1985, qui dans un style «chronographe vintage» se déclinent en quarante références, ont plutôt fière allure. Et leur prix, de 149 à 189 euros (169 à 209 francs), semble séduire bon nombre d’internautes, «des étudiants fauchés aux professions libérales», lance Guillaume Laidet dont le langage marketing colle naturellement à la peau. Ces prix relativement bas s’expliquent notamment par une production entièrement réalisée à Shenzhen en Chine, dans une entreprise horlogère «qui travaille pour de grandes marques».

 

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Et le manager de vanter «le savoir-faire des horlogers chinois». En annonçant franchement la couleur, il fait du «made in China» un argument d’authenticité et de transparence.

Financement participatif

L’univers du numérique contribue grandement au succès de la marque. Pour lancer cette dernière, Guillaume Laidet s’est passé des banques en misant dès octobre 2015 sur le site anglophone de financement participatif kickstarter.com. En quatre semaines, il a récolté quelque 200 000 euros et ainsi pu financer sa première collection livrée comme promis en février 2016. Aujourd’hui, il revendique 130 000 fans sur Facebook et près de 15 000 sur Instagram. 

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Les premières amours de Guillaume Laidet pour le marketing commencent en 2007 quand le jeune homme, diplômé d’une école de commerce, entreprend un stage chez Hennessy où travaille son père. Devenu assistant de chef de produit chez Moët Hennessy à Paris puis plus tard chez L’Oréal, il va finalement tomber dans la marmite de l’horlogerie après avoir eu le coup de foudre pour une montre mécanique à remontage automatique des années 1950 héritée de son arrière-grand-oncle.

En 2010, Jean-Frédéric Dufour (aujourd’hui directeur général de Rolex) le recrute comme chef de projet marketing chez Zenith, au Locle. «C’est là que je me suis fait un énorme réseau de techniciens. J’avais un pote qui travaillait dans la recherche et le développement, un autre dans la qualité…» Engagé en 2012 par Jaeger-LeCoultre, il décide trois ans plus tard de lancer sa propre marque.

Guillaume Laidet a quitté son domicile de Pontarlier pour s’installer à Paris avec son épouse, employée par LVMH dans le secteur du champagne. Il s’est entouré de huit collaborateurs. Deux autres sont partis à l’assaut du marché chinois. Un investisseur entré dans le capital de la société lui a permis de dégager un million d’euros dans le marketing. Avec 65% des actions, il reste maître à bord et ambitionne d’écouler 200 000 pièces fin 2017 avec un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros. Ce sont principalement des montres à quartz, mais il y a aussi quelques pièces mécaniques, vendues exclusivement en ligne au prix unique de 349 euros. Chic et pas cher.

 

Philippe Le

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