Bilan

Pour le patron de Picard et Kusmi Tea, «l’avenir est en Suisse»

Patron du groupe Mijomag, Grégory Antolinos note que «le climat d’affaires est compliqué en France». Il développe depuis Lausanne ses filiales spécialisées Picard, Vapiano et Kusmi Tea.

Grégory Antolinos. Son groupe emploie environ 2500 personnes.

Crédits: Olivier Evard

A 47 ans, le CEO de Mijomag, Grégory Antolinos, n’a pas de bureau fixe: «Je voyage beaucoup, notamment en Afrique…» Sa société familiale exploite en Suisse les chaînes de surgelés Picard, de restauration Vapiano et de thé Kusmi.

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Son patronyme est espagnol, mais c’est un Français dont le grand-père est passé par l’Algérie avant de poser ses valises à Lyon. Son père Michel Antolinos a été l’un des premiers franchisés français de McDonald’s dans les années 1980 avant d’en prendre la présidence: «Il a développé la chaîne américaine en France: 600 enseignes quand il a pris la présidence et 1000 quand il l’a quittée pour s’installer à Genève où il a pris le passeport suisse», poursuit le CEO qui parle cinq langues, y compris le croate et le tchèque appris avec son épouse.

Une holding basée au Luxembourg 

Ce self-made-man n’a pas suivi la voie universitaire. Il a passé six ans à Londres dans la restauration, en débutant à la plonge chez Pizza Hut à 16 ans, pour devenir le manager du restaurant: «Les métiers de service permettent ce genre d’ascension, mais je savais que je serais entrepreneur un jour. Le minimum pour un cadre, c’est de savoir faire ce que tout le monde fait.» 

Arrivé il y a cinq ans d’Aix-en-Provence à Arzier près de Nyon, Grégory Antolinos détient encore des sociétés de courtage en France, mais c’est en Suisse qu’il se développe. Il a intégré le groupe Mijomag créé par son père. La holding est basée au Luxembourg avec des filiales en France, en Suisse et en Afrique (Casablanca, Abidjan, Yaoundé, Douala et La Réunion): «En France, le climat d’affaires est compliqué. L’avenir est en Suisse, même si le financement est parfois ardu.» Il estime les emplois du groupe, géré depuis son quartier général de la place de la Gare de Lausanne, à 2500 personnes.

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Le premier pas du groupe en Suisse s’appelle Vapiano (Va lentement en italien). Malgré son nom, cette chaîne de restauration à l’italienne a démarré en Allemagne avec des anciens de McDo et compte aujourd’hui plus de 300 restaurants: «C’est l’un des rares concepts où tout est frais, même les desserts, avec des pâtes et de la tomate pressée sur place et où le client personnalise ses plats à sa façon.» Vapiano existe pour l’heure à Lausanne, Genève et Fribourg.

Lausanne plus facile que Genève

Le deuxième pilier est l’enseigne de surgelés Picard, bien connue en France avec 1000 points de vente, mais aussi en Italie, Belgique, Suède, Luxembourg, Japon, etc. Picard est devenue suisse avec l’arrivée de l’actionnaire principal, le groupe de boulangerie industrielle Aryzta, à Schlieren (ZH), et la société Frozen Family a aussi obtenu la licence pour la Suisse alémanique: «L’idée est de s’intégrer au tissu économique helvétique, notamment en traduisant tous les emballages.»

Picard vient d’ouvrir un magasin à Vevey après Genève, Prilly, Etoy et Nyon, en attendant Conthey: «C’est un premier pas en Valais où les clients n’ont pas la tentation de faire leurs emplettes en France.» Sans conservateur et sans colorant, Picard vend aussi une gamme de surgelés achetés auprès de fournisseurs suisses, des produits de saison mais vendus toute l’année.

Troisième pilier du groupe qui en a pris l’exclusivité suisse, le thé Kusmi – d’origine russe mais revisité par un Français – offre une gamme diversifiée vendue dans des boîtes multicolores. Deux boutiques se sont ouvertes à Genève et Lausanne: «Le monde change. Les gens font de plus en plus attention à ce qu’ils mangent.»

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Olivier Grivat

JOURNALISTE

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Olivier Grivat est journaliste indépendant après avoir été rédacteur en chef adjoint de 24 Heures et travaillé 30 ans chez Edipresse. Licencié en droit, il s’est spécialisé dans les reportages et les sujets économiques (transports, énergie, tourisme et hôtellerie). Il a écrit plusieurs ouvrages, notamment sur la jeunesse suisse du roi de Thaïlande et la marine suisse de haute mer.

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