Bilan

Où étudier pour devenir le big boss?

Les CV des patrons des 60 plus grandes entreprises de Suisse font de Saint-Gall la voie royale, talonnée par l’ETHZ, l’INSEAD, Harvard et l’IMD. Enquête.
  • Le CEO de Nestlé, Paul Bulcke, a étudié à l'Université catholique de Louvain, comme celui de Roche, Severin Schwan.

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  • Le nouveau CEO de Schindler est un ancien de l'EPFL et d'Harvard.

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  • Joos Sutter, qui dirige la Coop, a étudié l'économie à Saint-Gall.

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  • Le patron de Novartis Joseph Jimenez a obtenu son MBA à Berkeley.

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  • Comme Joerg Wolle de DKSH, Jan Jenisch de Sika et Boris Collardi de Julius Baer, le patron de Sunrise Libor Voncina a étudié le management à l'IMD.

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L’examen des CV des patrons des soixante plus grosses entreprises ayant leur siège principal en Suisse (50 entreprises industrielles, 5 banques et 5 assureurs) ne laisse guère de doute : la Haute Ecole de Saint-Gall demeure la voie royale pour qui entend diriger un fleuron helvétique. Quatorze des membres de cet échantillon y ont obtenu une licence en économie ou un MBA. Ils dirigent aujourd’hui des groupes aussi divers qu’IWC (Georges Kern), la Coop (Joos Sutter), Hilti (Christoph Loos) ou Valora (Michael Mueller).

Certains ont complété cette formation par un passage dans une Université américaine, Stanford ayant leur préférence, comme dans le cas d’Emmi (Urs Riedener), de Mettler Toledo (Olivier Filliol) et de Forbo (This E. Schneider). Plus encore sont passés par le campus saint-gallois après des études dans la seconde école grosse productrice de patrons hélvétiques: l’Ecole Polytechnique de Zürich compte huit alumni actifs en tant que CEO d’un grand groupe suisse actuellement. Le patron de Swisscom Urs Schaeppi et celui de Geberit Christian Buhl sont ainsi titulaires du double cursus ETHZ-Saint Gall. Un seul dirigeant n’a effectué que deux ans à Saint-Gall, Nick Hayek (Swatch), parti ensuite étudier le cinéma à Paris.

Le trio INSEAD-Harvard-IMD

Les grandes écoles de business internationales arrivent ensuite. Avec six anciens élèves à la tête de Credit Suisse (Tidjane Thiam), d’Adecco (Patrick De Maeseneire), de Bobst  (Jean-Pascal Bobst), des CFF (Andreas Meyer), de la BCV (Pascal Kiener) et de Zurich Financial Services (Martin Senn), l’INSEAD l’emporte d’un cheveu sur Harvard (5) et l’IMD (4). Les patrons de Syngenta, Schindler, Logitech, Lindt & Sprüngli, Zurich Financial Services ( pour le Advanced management program) sont ainsi passés par la fameuse business school des bords de la Charles River. Joerg Wolle de DKSH, Jan Jenisch de Sika, Libor Voncina de Sunrise et Boris Collardi de Julius Baer ont, eux, étudiés le management sur les rives du Léman.

Du côté des universités, Genève avec trois CEO (Mercuria, SGS, Rolex) et Fribourg (CFF, Sika, Manor) devancent Lausanne dont les CEO de Valora (Michael Mueller) et de Sicpa (Philippe Amon) sont d’anciens élèves. De son côté, l’EPFL compte aussi deux CEO de grandes entreprises suisses: Silvio Napoli de Schindler et Pascal Kiener de la BCV.

Si l’on regarde plus loin, les universités alémaniques semblent peu pourvoyeuses de CEO pour les grandes entreprises. Deux (Galenica, Steiner Group) viennent de l’Université de Berne et un, Herbert Bolliger à la tête de Migros, de celle de Zurich. Par contre, les universités allemandes, avec huit anciens élèves, et françaises, avec sept, sont une source importante de dirigeants de groupes suisses. L’université de Stuttgart a ainsi formé Hariolf Kottmann de Clariant et Ulrich Spiesshofer d’ABB. De leur côté, Credit Suisse (Tidjane Thiam) et Holcim (Bernard Fontana) sont dirigés par d’anciens polytechniciens, tandis que Georg Fischer est géré par un centralien (Yves Serra).

L’apprentissage en berne

Reste à relever que l’Université catholique de Louvain en Belgique semble appréciée des conseils d’administration suisses avec un ancien élève, Paul Bulcke, à la tête de Nestlé, et un autre, Severin Schwan, passé aussi par l’Université d’Innsbruck, à celle de Roche. Si on observe plus loin, les patrons de Glencore (Ivan Glasenberg, University of South California), de Firmenich (Gilbert Ghostine, Saint Joseph University), de Novartis (Joseph Jimenez, Berkeley) et de Kuoni (Peter Meier, State University of New York) ont tous étudiés aux Etats-Unis. Peter Meier est d’ailleurs aussi passé par la London School of Economics. Mais les campus anglais ne semblent guère faire recette. Seul Sergio Ermotti d’UBS est diplômé d’Oxford.

Enfin, l’apprentissage ne paraît plus être un vecteur vers les postes de timonier d’un grand groupe suisse. Seuls Martin Scholl de la Banque Cantonale de Zurich et Harry Hohmeister de Swiss sont passés par là. Enfin, une seule femme occupe le poste de CEO d’une de ces soixante plus grandes entreprises de Suisse : l’ancienne élève de l’EPFZ Susanne Ruof à La Poste.

Fabrice Delaye
Fabrice Delaye

JOURNALISTE

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Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

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