Bilan

Networking: le retour aux sources

Fondé par et pour des entrepreneurs, le club de discussion The Shared Brain parie sur l’ouverture, l’échange et… le refus de tout formalisme. Décryptage d’un concept 100% pensé par la génération Y.

Le principe de The Shared Brain repose sur le brainstorming à plusieurs: un entrepreneur soumet un problème: les autres lui apportent leurs conseils et solutions.

Crédits: Image: The Shared Brain

The Shared Brain est un club de réseautage et networking dédié aux entrepreneurs, basé sur le brainstorming. Le principe? Un startupper ou son équipe vient présenter une problématique: choix stratégique à effectuer, hésitation sur un business model, un investisseur, ou une technologie. Autour de lui, des entrepreneurs de tous milieux écoutent, conseillent, orientent souvent à partir de leur propre parcours, selon un principe érigé en slogan au sein du groupe: «sharing is solving». Le tout, dans un espace de coworking, en une heure, autour de bières locales, apéros piquants et sans cravate, pour une somme modique – 9 francs.

Comment ça marche?

Pour assister à une session en tant que ‘cerveau’, il faut s’inscrire – le nombre de places est limité, pour venir exposer son problème, il faut être invité. Les fondateurs de The Shared Brain passent environ 25 heures par semaine à vérifier et évaluer tous les profils des personnes présentes, pour s’assurer que tous ont une expérience, voire une expertise réelle dans l’entrepreneuriat. «Nous ne refusons personne pour une première fois, mais pour pouvoir revenir, c’est l’expérience qui fait la différence», explique Gregory Logan, initiateur du concept. Au final, «nous connaissons chaque personne présente», résume ce jeune entrepreneur de 24 ans, qui tient à bannir cartes de visites, cravates et vouvoiement.

«L’idée, c’est d’être potes, on se tutoie, l’ambiance est détendue, ce qui pousse aussi à s’ouvrir plus franchement, à laisser la créativité s’exprimer.» Ici pas question de se murer derrière une quelconque ‘confidentialité’. «On a tous besoin de solutions. Pour moi, seul l’Etat ou les assurances ont des affaires confidentielles. Il y a un concurrent dans l’auditoire? Tant mieux ! Sans concurrence, le business n’aurait pas d’intérêt», explique cet ancien nageur de haut niveau.

Pourquoi ils y vont?

Parmi les participants, on trouve de tout. L’Equipe de Motion Pilot, gagnante de Start, qui a élaboré une télécommande de type gaming pour drone, a pu découvrir «les chausses-trappe à éviter avant de se lancer dans le business». Cédric Rimella, fondateur de On My Way, aujourd’hui en train de concevoir la stratégie de développement future de son entreprise, venu «écouter les conseils de jeunes entrepreneurs» a été «conforté» dans ses choix stratégiques…

Le concept est né fin 2015 et les premières sessions ont eu lieu en janvier 2016, à raison d’une toutes les deux semaines à Lausanne ou Genève. Aujourd’hui, toutes affichent complet, et le club, qui envisage de se constituer en association, cherche à essaimer à Fribourg et Zurich.

Qui est derrière?

Quatre entrepreneurs qui aimeraient transformer ce concept en une start-up. Il s’agit de Gregory Logan, de uJobit et autodidacte, Serge Piguet, coach et fondateur de l’association Se-Ra, Nicolas Gluzmann, spécialisé en relations humaines pour Nespresso et fondateur de My Green Trip, qui veut encourager les voyageurs à nettoyer la planète, et Hichame Metatla, CEO et fondateur principal de la plateforme de crowdfunding beeinvested.ch. Leur objectif à terme: élaborer un véritable réseau de cerveaux, d’entrepreneurs et de compétences à mettre à disposition des start-up. En quatre mois, ils ont déjà récolté une centaine de contacts... et le triple d’idées.

Camille Andres

JOURNALISTE

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