Bilan

Les PME luttent contre l’absentéisme

L’absence d’un employé peut peser très vite sur la gestion et les résultats des petites entreprises. Offrir une plus grande flexibilité du temps de travail pourrait diminuer ce fléau.

Un collaborateur en moins, c’est souvent plus de charge de travail pour ses collègues.

Crédits: Stevecoleimages/getty images

L’absentéisme, que ce soit pour cause de maladie, d’accident ou de problème de famille pèse sur la gestion et les résultats des entreprises. Les PME, souvent limitées en ressources humaines et budgétaires, sont particulièrement touchées. En effet, lorsqu’un collaborateur manque à l’appel dans une petite ou moyenne entreprise, sa charge de travail doit généralement être transférée sur un ou deux collègues. Si la période d’absence perdure, cela peut engendrer une baisse de productivité pour l’entreprise, une surcharge de travail ou un manque de motivation pour les collaborateurs présents.

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Contrairement à une grande entreprise ou à une multinationale, une PME peut rapidement se trouver en situation de surcharge. Ces dernières sont constamment à la recherche d’allégements de charges ou de sources de liquidité. «Un certain droit à l’absence et l’allongement des délais d’attente pour la prise en charge des assurances pertes de gain pèsent de plus en plus lourd dans les comptes des PME», commente Didier Fischer, aujourd’hui administrateur-délégué d’Onet Suisse, après avoir dirigé plusieurs PME romandes durant sa carrière.

Souvent un problème managérial

Alors, qu’il s’agisse de souffrance dans le monde du travail ou d’abus de la part des employés, quelles sont les solutions concrètes pour diminuer ce phénomène? «Il est surtout nécessaire que le patron comprenne les attentes de ses collaborateurs, davantage à la recherche de reconnaissance qu’en situation de profiter d’une zone grise», ajoute Didier Fischer.

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Christophe Barman, CEO de Loyco, consultant externe pour les PME, confirme: «L’absentéisme est un indicateur. Avant d’essayer de diminuer les absences, il faut d’abord comprendre pourquoi les employés manquent à l’appel.» Il s’agirait, selon l’expert, souvent d’un problème managérial. «Nous conseillons fréquemment aux entreprises que nous suivons de mettre un cadre de travail basé sur la confiance et le dialogue. Le climat de travail doit être serein. Il faut aussi que les valeurs de l’entreprise soient bonnes afin que les collaborateurs se sentent investis d’une mission positive.» Mais l’une des clés, selon le fondateur de Loyco, est d’offrir une flexibilité dans le temps de travail pour que chacun puisse s’organiser avec ses rendez-vous, ses enfants, sans devoir s’absenter systématiquement en mentant. 

Annualiser le temps de travail

Faudrait-il dès lors rendre le taux de travail plus flexible? C’est ce que revendique Maxime Morand, consultant en ressources humaines, qui observe un éclatement de l’idéologie du temps de travail. «Je prône l’annualisation du temps de travail afin de générer moins de stress pour les collaborateurs.»

En effet, l’absentéisme n’est pas uniquement dû à l’entreprise mais aussi à des raisons personnelles, familiales ou autres. Offrir plus de flexibilité, c’est permettre à chacun de s’organiser sans se stresser. Il faudrait pouvoir rattraper des heures en dehors des horaires traditionnels, voire diminuer une partie de son salaire selon ses absences. Au final, une sorte de «win-win» pour les patrons et les collaborateurs afin d’éviter les absences prolongées et les conséquences qui en découlent pour la viabilité de l’entreprise.

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Chantal Mathez

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