Bilan

Les 1001 projets d’Olivier d’Agay pour la Fondation St-Exupéry

Le petit-neveu de l’auteur du «Petit Prince» gère la fondation de famille, qui soutient des projets autour de la jeunesse.
  • Olivier d’Agay, fait rayonner «Le Petit Prince» plus de septante ans après sa parution.

    Crédits: Guillaume Mégevand
  • Edition africaine du «Petit Prince» en bambara parue au Mali en 2003.

    Crédits: Dr

Cela fait plus de septante ans que l’ouvrage du «Petit Prince» suscite un engouement mondial. Ce best-seller, vendu à plus de 200 millions d’exemplaires, est, avec 301 langues, le roman le plus traduit du monde. Collectionneurs, passionnés, bénévoles organisent tout au long de l’année des expositions, des opéras, des pièces de théâtre, des comédies musicales, des films d’animation ou autres événements autour de son auteur, l’écrivain français Antoine de Saint-Exupéry, et de son œuvre littéraire.

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A partir du 19 mai, le Palais de Tokyo à Paris organise l’exposition «Medusa», sur des bijoux ayant appartenu à des artistes et des personnalités du monde entier, dont Saint-Exupéry. Sa gourmette, retrouvée dans la Méditerranée par un pêcheur marseillais, sera exposée. Elle a suscité de nombreux débats et recherches et permis en particulier de retrouver les débris de l’avion de Saint-Exupéry et, par la suite, le militaire allemand – décédé il y a à peine deux ans – qui lui avait tiré dessus.

La fondation soutient l’éducation

«La vie de Saint-Exupéry est truffée d’histoires, d’anecdotes et aussi de légendes incroyables», commente son petit neveu Olivier d’Agay. Depuis onze ans, ce dernier gère la succession de l’auteur dont quatre héritiers – les neveux de Saint-Exupéry puisqu’il n’avait pas d’enfant – sont bénéficiaires. L’entreprise de douze personnes gère principalement les deux marques Le Petit Prince et Antoine de Saint-Exupéry, qui sont déclinées à travers de centaines de produits dérivés dans le monde. Le Français, domicilié depuis trois ans à Lausanne, s’occupe également de la Fondation Saint-Exupéry.

Alors que la première marque fait vivre les héritiers et finance les actions de mémoire autour de l’oeuvre, la deuxième alimente la fondation basée à Paris. Cette dernière, abritée par la Fondation de France et dont le budget annuel se monte à environ 300 000 euros, fêtera ses 10 ans l’an prochain. «L’idée était de rendre un peu de ce que nous avons reçu. Nous voulions aussi centraliser toutes nos actions de solidarité en soutenant des projets autour de la jeunesse», explique Olivier d’Agay.

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La fondation soutient ainsi l’éducation, la réinsertion, l’insertion ou encore l’apprentissage de la lecture. «Nous construisons aussi des écoles et des bibliothèques au Cambodge, au Mali, en Argentine, au Brésil, au Liban et au Maroc.» Les lieux sélectionnés ont tous un lien avec Saint-Exupéry. «Ils représentent sa mémoire vivante puisque ce sont des endroits où il a vécu, voyagé ou qu’il a affectionnés», met en avant Olivier d’Agay.

L’auteur du «Petit Prince» a eu un lien fort avec la Suisse puisqu’il a étudié durant deux ans, entre 15 et 17 ans, au Collège Sainte-Croix à Fribourg. Au début du mois d’avril, l’école a célébré durant trois jours le centenaire de la venue de Saint-Exupéry en Suisse. Quant à Olivier d’Agay, il a organisé pour la première fois dans le pays une soirée de bienfaisance, début mars à Lausanne. «Nous avons levé de l’argent pour réaliser des maquettes du «Petit Prince» en 3D pour les non-voyants.»

Vu le succès de l’événement, le Vaudois d’adoption compte bien réitérer l’expérience l’année prochaine. Lausanne est également une ville importante pour «Le Petit Prince», puisque c’est là que l’opéra adapté de l’œuvre a été créé en 2013 par Michaël Levinas, avant de partir en tournée internationale. C’est dans cette ville aussi que vit le plus grand collectionneur du monde d’éditions du «Petit Prince», Jean-Marc Probst, qui possède plus de 5000 ouvrages.

Ce dernier, qui fait partie du comité exécutif de la fondation, en est aussi l’ambassadeur symbolique au même titre que les parrains et marraines de la fondation que sont PPDA, Claudie Haigneré, Martin Hirsch, Jean-Christophe Ruffin, ou encore les Suisses Bertrand Piccard et André Borschberg. Autre partenaire helvétique, la marque horlogère IWC qui produit chaque année, depuis douze ans, une montre Petit Prince, vendue au profit de la fondation.  

La maison d’enfance de St-Exupéry

Olivier d’Agay travaille sur des projets d’envergure internationale. La priorité est d’ouvrir un musée dans la maison d’enfance de l’auteur à Saint-Maurice-de-Rémens, tout proche d’Ambérieu (entre Lyon et Genève). Il devrait voir le jour d’ici trois ou quatre ans. D’autre part, un biopic sur Saint-Exupéry est en préparation avec des réalisateurs et acteurs franco-américains. C’est déjà un Américain qui a réalisé le film d’animation à succès sur l’icône – plus de 25 millions de spectateurs et 10 millions de téléchargements sur Netflix.

Le réalisateur, Mark Osborne, a, par ailleurs, été décoré début mai à New York chevalier des Arts et des Lettres par Olivier d’Agay et la ministre de la Culture française. En effet, c’est dans cette ville que l’histoire du «Petit Prince» est née en 1943. Trois ans plus tôt, lorsqu’il avait quitté la France pour la «Grande Pomme», son auteur était l’un des Français les plus connus aux Etats-Unis, rappelle son petit-neveu qui entend implanter prochainement la fondation sur sol américain. «C’est le pays qui favorise la philanthropie, on va ainsi pouvoir ouvrir la fondation aux dons publics.» 

Aujourd’hui, la famille ne contrôle presque plus rien puisque le livre est tombé dans le domaine public. Elle détient encore les droits de l’ouvrage en France, aux Etats-Unis, en Russie, au Brésil et dans quelques pays du globe. «Le Petit Prince» n’est pas seulement un phénomène d’édition, c’est devenu un ambassadeur de valeurs partagées par les peuples du monde entier», estime Olivier d’Agay.

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