Bilan

Le transport aérien sur la voie de la consolidation

Le transport aérien européen est engagé dans la voie d'une consolidation, a estimé Johan Lundgren, aux commandes d'easyJet avec pour objectif affiché de placer la low-cost en pole position.

En France, son deuxième marché après le Royaume Uni, la compagnie augmentera sa capacité de 6% en 2018.

Crédits: reuters

Le transport aérien européen est engagé dans la voie d'une consolidation, a estimé mercredi Johan Lundgren, aux commandes d'easyJet depuis trois mois et demi avec pour objectif affiché de placer la low-cost britannique en pole position dans les principaux aéroports européens.

"En 2017, la faillite de la compagnie (britannique, ndlr) Monarch, les problèmes d'Alitalia, d'Air Berlin aussi sont tout simplement le signe qu'il y aura d'autres changements, davantage de consolidation à venir", a déclaré Johan Lundgren dans un entretien avec l'AFP à l'occasion de l'inauguration à Bordeaux de la sixième base en France de la compagnie au logo orange et blanc.

La compagnie britannique a transporté un nombre record de 81,6 millions de passagers en 2017, ce qui la place parmi les poids lourds du secteur. En France, son deuxième marché après le Royaume Uni, elle augmentera sa capacité de 6% en 2018.

"Je suis convaincu qu'easyJet fera partie des compagnies qui vont devenir de plus en plus solides. Mais d'autres acteurs qui sont faibles aujourd'hui vont continuer à s'affaiblir et peut-être disparaître", a-t-il ajouté.

"C'est la voie, je pense, sur laquelle l'industrie de l'aviation est engagée", a poursuivi le patron d'origine suédoise.

Si le nouveau directeur général n'annonce pas de "révolution" dans la trajectoire de la low-cost, son objectif est de maintenir son rythme de croissance avec pour "stratégie clé de s'assurer d'avoir des positions solides dans les principaux aéroports en Europe" avec une place de "numéro un ou numéro 2" en terme de trafic.

"Notre part de marché (en Europe, ndlr) n'est que de 10%, ce qui signifie qu'il reste beaucoup de possibilités pour poursuivre la croissance", a-t-il ajouté.

Interrogé sur d'éventuels projets d'investissements de la compagnie, M. Lundgren dit être attentif à toute opportunité.

"Nous avons des résultats solides et nous serons prêts à saisir les opportunités si elles se présentent, comme nous l'avons fait pour Air Berlin. Nous surveillons la situation en Europe et si une opportunité semble bonne, si elle a un sens d'un point de vue commercial pour nous, nous ferons en sorte de (la) saisir", a-t-il ajouté.

"Aucun projet pour des vols long-courrier"

Il n'a pas souhaité commenter des informations sur son intérêt pour une reprise de la compagnie Alitalia, en difficulté, se contentant de répondre qu'easyJet était en "discussion avec le régulateur en Italie" à ce sujet.

La compagnie a racheté certains actifs de la compagnie insolvable Air Berlin, notamment 25 Airbus A320 sur l'aéroport berlinois de Tegel, ainsi que les liaisons court-courrier correspondantes.

M. Lundgren a affirmé par ailleurs que sa compagnie n'avait "aucun projet d'opérer elle-même des vols (low-cost) long-courrier", un modèle émergent qui menace désormais les compagnies classiques sur leurs liaisons long-courrier, jusqu'ici préservées de l'appétit des low-cost.

En revanche, easyJet a lancé un service global de correspondance "worldwide by easyJet" avec une plateforme digitale permettant au passager de se connecter à partir de vols d'easyJet à un certain nombre de vols long-courrier (dont ceux des françaises Corsair et La Compagnie et de la low-cost long-courrier Norwegian) à travers neuf aéroports partenaires, dont Londres-Gatwick depuis septembre et Paris-Charles de Gaulle et Orly dès ce printemps.

"Nous avons tant de choses à faire sur notre propre réseau, nous ne voyons pas la fin du modèle sur lequel nous sommes positionnés", a-t-il ajouté.

Le nouveau directeur général s'est par ailleurs déclaré "confiant" quant à la conclusion dans le cadre des négociations sur le Brexit d'un accord "sur l'aviation, viable et durable" au-delà de 2020.

La compagnie a demandé et obtenu un certificat de transporteur aérien (CTA) au Royaume-Uni, afin de garantir la continuité de ses opérations après le Brexit, la décision des Britanniques de quitter l'Union européenne provoquant une incertitude quant aux conditions des vols entre le Royaume-Uni et le continent après le Brexit.

Elle a également un CTA en Autriche afin de pouvoir poursuivre ses opérations entre les pays de l'UE et assurer des vols intérieurs au sein de ces pays après le Brexit.

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