Bilan

Le réseau social A Small World entre à la bourse suisse

Le réseau social destiné aux « happy few » propose 1000 événements annuels autour du monde et offre un accès aux boîtes de nuit les plus sélects du monde.
  • Un week-end à Gstaad organisé par le réseau ASW

    Crédits: ASW
  • Un week-end à Saint-Tropez organisé par ASW.

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  • Patrick Liotard Vogt, propriétaire du réseau ASW.

    Crédits: ASW

Fondé en 2004 par le comte suédois Erik Wachtmeister, A Small World  (ASW) a été rachetée en 2007 par le producteur de cinéma controversé Harvey Weinstein, avant qu’il cède à son tour la plateforme à l’entrepreneur zurichois Patrick Liotard-Vogt en 2009. Ce dernier n’est autre que le petit-fils de Pierre Liotard Vogt, ancien CEO de Nestlé, qui fut dans les années 1980 l’un des dirigeants les plus influents d’Europe.

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En 2013, le réseau compte alors un million d’abonnés avec un modèle d'affaires qui se base sur la vente de publicités comme Facebook. Cependant, alors que le géant de la Silicon Valley explose, ASW ne perce pas vraiment, son positionnement spécifique ne se mariant pas avec la publicité, ce qui pousse le jeune propriétaire zurichois à tirer la prise en 2013.

Changement de concept

Il décide de changer le concept en transformant radicalement la plateforme, réservée désormais à des personnalités «intéressantes», plutôt aisées, qui apprécient de voyager, faire la fête et se rencontrer autour d’événements exclusifs, et dont la moyenne d’âge se situe entre 25 et 45 ans. «Nous ne sommes pas élitistes, nous ne discriminons personne, nous cherchons surtout des personnes qui ont une histoire à raconter», explique Patrick Liotard-Vogt.

Ainsi pour accéder au club, il suffit de soumettre sa candidature ou avoir la chance d’y être invité par un membre existant. Quatre collaborateurs – sur 40 -  analysent ensuite le profil digital du candidat pour savoir s’il correspond aux critères du réseau. «40% des demandes sont rejetées», indique Jan Luescher, CEO de ASW qui avoue, avant d’autoriser l’adhésion d’un nouveau membre, se poser la question: «Est-ce que je voudrais être assis à côté de cette personne durant plusieurs heures à un dîner?». Si oui, la personne est acceptée.

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Par la suite, le membre doit s’acquitter d’un montant de 100 francs par année pour faire partie de la communauté. Puis, il bénéficie de nombreux avantages proposés par des partenaires du réseau et obtient aussi l’accès à plus de 1000 événements exclusifs par année. «Nous organisons des week-ends au Palace de Gstaad, à New-York ou dans le Piémont à déguster des truffes et du Barolo. Ou encore, offrons l’accès à la Fashion Week de Londres ou aux Masters 1000 de Monte-Carlo. Ces prestations, comme la possibilité d’organiser des voyages sur mesure à partir de 10'000 francs sont bien évidemment facturées.

La plateforme digitale qui fonctionne sans publicité, se finance ainsi grâce aux cotisations de ses membres, à l’organisation d’événements et de voyages et aussi à travers la vente d’une carte – au prix de 2400 francs par année - offrant un accès aux établissements nocturnes les plus exclusifs: le World’s Finest Clubs est le «le GaultMillau des boîtes de nuit» explique Jan Luescher. Les membres obtiennent également un accès VIP et un service de conciergerie pour réserver une table. Aujourd’hui, A Small World compte environ 30'000 membres répartis à 55% en Europe, 22% en Amérique du nord et le reste à travers le monde, pour un chiffre d’affaires se situant autour de 5 millions de francs.

Entrée en bourse

La plateforme «lifestyle» qui entend connecter ses membres autour du monde entrera à la bourse suisse d’ici quelques jours. Il ne s’agira pas, à proprement parler, d’une IPO (Initial Public Offering) mais d’un «direct listing», c’est-à-dire qu’il n’y aura pas d’émission de nouvelles actions en lien avec une augmentation de capital. «Nous ne cherchons pas d’argent mais devons être en bourse pour pouvoir grandir par acquisition. En effet, il faut être coté sur le marché suisse pour avoir un accès facilité aux meilleures opportunités», explique Patrick Liotard-Vogt.

A Small World est aujourd’hui détenue à 60% par ASW Capital SA, appartenant à Patrick Liotard Vogt, et à 40% par des investisseurs privés dont Michael Manz, fils de Ljuba Manz, propriétaire de The Ritz Carlton Hôtel de la Paix à Genève.

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