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Le milliardaire Rainer-Marc Frey monte au capital de Leonteq

Le milliardaire Rainer-Marc Frey détient désormais 7,46% de Leonteq, derrière Raiffeisen et le CEO Jan Schoch. Ses intentions restent inconnues pour l'instant.

Financier domicilié dans le canton de Schwyz, Rainer-Marc Frey dispose d'une fortune personnelle estimée entre 1 et 1,5 milliard de francs.

Crédits: Keystone

Le milliardaire Rainer-Marc Frey est devenu actionnaire de référence de Leonteq, après avoir graduellement renforcé ces derniers jours sa participation dans le spécialiste des produits structurés. Par le biais du fonds Horizon 21, l'investisseur détient désormais 7,46% du groupe zurichois, derrière Raiffeisen et le fondateur et directeur général (CEO) Jan Schoch. Ses intentions restent inconnues pour l'instant.

M. Frey détenait au 15 mars quelque 1,19 mio de nominatives Leonteq. Sa participation a graduellement augmenté depuis le week-end dernier, passant à 4,92% le 10 mars et à 6,37% le 13 mars. Sollicité par AWP, Horizon 21 n'a pas souhaité commenter cette prise de position.

Les titres rachetés par Rainer-Marc Frey appartenaient auparavant à Raiffeisen et à M. Schoch, a expliqué un porte-parole de Leonteq. La société ne fournit pour l'instant aucune information autour des intentions du nouvel actionnaire de référence. Elle salue néanmoins l'arrivée de M. Frey qui soutient la stratégie de développement à long terme de l'entreprise, a affirmé notre interlocuteur.

A la Bourse suisse, les investisseurs réagissaient positivement à cette annonce. A 12h40, le titre Leonteq prenait 4,1% à 35,60 CHF, dans un SPI en hausse de 0,24%.

Pour l'analyste Banque cantonale de Zurich, la montée de M. Frey au capital ne change rien: le groupe zurichois doit recouvrer sa santé opérationnelle. L'arrivée d'un véritable spécialiste du secteur au conseil pourrait exercer une pression positive sur le groupe, affirme Neue Helvetische Bank dans un commentaire.

Paquet d'actions vendus

Le 10 février, la société d'investissement Veraison Capital a confirmé avoir vendu un important paquet d'actions Leonteq détenus par son fonds Veraison Sicav. Ce dernier est ainsi passé sous le seuil de 3%, contre 5% du capital-actions en juillet 2016.

Leonteq traverse actuellement une zone de turbulences, qui a nécessité un avertissement sur résultats en décembre. Le bénéfice net a dégringolé de 75% l'année dernière, une chute causée notamment par une mauvaise évaluation des coûts induits par les nouveaux partenariats. Le spécialiste des produits structurés entend réaliser des économies à hauteur de 28 mio CHF durant l'exercice en cours.

Suite à cette contreperformance, le conseil d'administration a propose de biffer le dividende au titre de 2016. Cette décision est lourde de conséquences pour les principaux actionnaires. Raiffeisen aurait pu atteindre des résultats record en 2016, mais s'est vu obligé d'inscrire un correctif de valeur de 69 mio CHF lié à sa participation dans Leonteq, a déclaré en février le CEO de la coopérative Patrik Gisel.

Dernièrement, des rumeurs ont fait état de la volonté de Raiffeisen de réduire sa participation de 30% dans le spécialiste des produits structurés.

Ancien administrateur d'UBS

Lors de la présentation des résultats de Helvetia, le CEO Phlipp Gmür a assuré cette semaine que l'assureur comptait étendre le partenariat avec Leonteq dans le domaine de la prévoyance, coopération qui évolue de manière très satisfaisante. M. Gmür a cependant déclaré que l'assureur n'entend pas prendre une participation dans le capital de la société zurichoise.

Financier domicilié dans le canton de Schwyz, Rainer-Marc Frey dispose d'une fortune personnelle estimée entre 1 mrd et 1,5 mrd CHF, selon le dernier classement des "300 plus riches de Suisse" établi par Bilan. Le milliardaire avait notamment fait parler de lui durant la crise de 2008, alors qu'il venait d'entrer au conseil d'administration d'UBS.

Propriétaire d'un gros paquet d'actions, M. Frey s'était défait d'un million de titres UBS. Cette vente massive avait renforcé la perte de confiance envers la grande banque, déjà passablement chahutée par la crise. Il avait fini par s'excuser, expliquant avoir agi pour "protéger son patrimoine" et renoncé à ses honoraires d'administrateur. Son départ du conseil d'administration d'UBS remonte à 2014.

Depuis 2008, M. Frey détient une participation de 3,9% dans le capital-actions du facilitateur de distribution DKSH. Il détient également une part de 9,4% dans le groupe pharmaceutique argovien Siegfried.

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