Bilan

Le groupe BOAS entend se développer grâce à l’hôtellerie

L’hôtel Nendaz 4 Vallées et son spa seront inaugurés le 7 décembre. Retour sur l’opération Mer de Glace qui représente un investissement de 136 millions.
La station valaisanne Nendaz. Crédits: JP Guillermin

Lorsque l’ingénieur Jean-Daniel Masserey et son associé le médecin Mark Harrison recherchaient un exploitant pour le futur hôtel 4 étoiles qu’ils étaient en train de réaliser à Nendaz dans le cadre du projet « Mer de Glace », ils se sont retrouvés face à des groupes qui proposaient de leur verser un pourcentage du chiffre d’affaires et du bénéfice. Seul le groupe hôtelier et médico-social BOAS, créé en 1995 par Bernard Russi et son épouse, leur a offert une garantie d’un minimum fixe.

Voilà comment ce dernier a décroché le contrat de gestion de cet hôtel qui devrait apporter 20 000 nuitées supplémentaire à la station valaisanne (en misant sur un taux d’occupation de 50% sur l’année). L’hôtel comprend 142 lits, répartis en 53 chambres doubles et 9 suites (équipées d’une cheminée personnelle, d’un sauna et d’un hammam). Ce sera le premier 4 étoiles supérieur de Nendaz, habitué aux 3 étoiles.

Selon Jean-Daniel Masserey, le coût de construction de l’hôtel et du spa de 1400 m2 s’élève à 30 millions de francs, auquel il faut ajouter les 5,2 millions pour le mobilier que le groupe BOAS va investir de son côté.

«Nous avons excavés 50 000 m3 de rochers pour le complexe hôtelier et nous y avons livré 1200 tonnes de pierres naturelles et 1000 m3 de bois », précise l’ingénieur et sportif de haut vol (il a fini trois fois à la deuxième place de la Patrouille des Glaciers). C’est d’ailleurs grâce au sport qu’il a sympathisé avec Mark Harrison, un médecin londonien (qui détient le passeport suisse par sa mère) et qui a été séduit par le projet « Mer de Glace » élaboré par Jean-Daniel Masserey.

Les contraintes des EMS

Bernard Russi, le fondateur du groupe BOAS, a signé un contrat de gestion de dix ans, renouvelable. «Il faut que nous ayons le temps d’amortir nos investissements. Il y en aura tout de même pour 550 000 francs de vaisselle et 600 000 francs de lingerie, par exemple», indique-t-il.

BOAS a débuté en quelque sorte avec la gestion d’établissements médico-sociaux (EMS), une activité qui représente encore près de 45% du chiffre d’affaires d’environ 90 millions de francs (sans la Fondation Espace). Mais depuis quelques années, cet ancien gendarme vaudois a été contraint de se diversifier dans l’hôtellerie à cause de la multiplication des contraintes qui touchent le secteur des EMS selon les cantons.

«Ce sont devenus des communistes», relève avec irritation Bernard Russi qui vient de recevoir un courrier de la conseillère d’Etat valaisanne Esther Waeber Kalbermatten qui exige dorénavant qu’un appel d’offres public soit organisé pour la construction d’un EMS. «Ce n’est pas normal ! Nous ne recevons aucune subvention pour ouvrir des EMS. Les investisseurs privés vont se retirer de ce marché. Cela va beaucoup trop loin», déplore-t-il en constatant que cette tendance ne concerne que la Suisse romande.

400 millions d'investissements

A l’heure actuelle, 35% du chiffre d’affaires de BOAS provient des hôtels que le groupe exploite. Une part qui va encore grimper puisque, outre l’établissement de Nendaz, deux ouvertures d’hôtels suivront à fin février 2014 (103 chambres à Versoix et 97 chambres à Crissier), puis encore deux autres dans les mois qui suivront à Vennes (143 chambres en septembre 2014) et à Saxon (100 chambres en février 2015).

«Ces diverses réalisations représentent quelque 400 millions de francs d’investissements», observe le PDG qui est à la tête d’un groupe de plus de 1080 salariés, un chiffre qui devrait atteindre les 1500 d’ici un à deux ans.

A cela s’ajoute les Bains de Saillon. «Lorsque nous avons repris cette activité, elle réalisait 320 000 entrées. Nous en sommes à 460 000 aujourd’hui. Entre temps, le concept a été entièrement repensé, des prestations ont été ajoutées, ainsi que des activités (sauna, hammam, rivière thermale, toboggan, etc.). Nous venons de lancer un vaste chantier pour y construire un hôtel 4 étoiles de 72 chambres. L’idée est de rajeunir le look des Bains de Saillon avec l’appui d’un fonds immobilier qui investi dans cette opération», nous confie le dirigeant.

Enfin, citons quelques opérations « à bout touchant » : BOAS est sur le point de finaliser un contrat pour exploiter un deuxième établissement hôtelier sur Genève, sur le site d’une gare concernée par le CEVA (150 chambres prévues). Le groupe vaudois possède encore deux projets en Valais, dont l’un à Champéry. Sans oublier les Diablerets où BOAS a signé avec la commune et le canton pour un projet qui tourne autour du concept de l’eau en qui comprend des chalets hôteliers reliés à une vaste piscine alimentée par une source locale.

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

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Serge Guertchakoff est rédacteur en chef adjoint à Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également responsable du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches.

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