Bilan

Le cercle des quadras altruistes s’agrandit

A 43 ans, le promoteur genevois Olivier Plan a créé une fondation pour aider les jeunes, les chômeurs et les personnes âgées. Il marche dans les pas de Yann Borgstedt et d’Abdallah Chatila.

Olivier Plan devrait appeler sa fondation BIG (Bridge Into Generations).

Crédits: Fabien Simeon/www.frogart.pro

«Voilà trop longtemps que ce projet me tourne autour. La vie m’a donné tellement qu’il est temps pour moi de partager plus... Mes origines colombiennes pourraient me donner l’envie de faire un projet là-bas, mais après analyse et surtout pour remercier la Suisse qui m’a tout donné, j’ai décidé de faire un projet ici...», écrivait le Genevois Olivier Plan sur son mur Facebook voilà quelques semaines.

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Agé de 43 ans, Olivier Plan a été adopté à l’âge de 2 ans par l’administrateur des Laboratoires Plan à Genève. Par la suite, ne souhaitant pas entamer une carrière dans le médical, il a suivi les conseils d’un oncle et a fini par réussir une brillante carrière de vendeur en assurance-vie au sein du groupe Winterthur de 1997 à 2005. Parallèlement, il se met à son compte en créant Immologic, une structure qui a déjà mis sur le marché quelque 300 logements.

«J’ai compris que chaque fois qu’il y avait une opération immobilière, il y avait une assurance bâtiment et une possibilité intéressante de se financer», expliquait-il fin 2008. Il démarre son parcours dans l’immobilier en rachetant à Antoine Hubert un appartement à Crans-Montana dans le cadre de la faillite du promoteur Jean Dorsaz puis en misant sur les surélévations d’immeubles.  

Dans la philosophie de l’aïkido

Ayant toujours privilégié la discrétion, pourquoi Olivier Plan crée-t-il aujourd’hui une fondation dont le nom devrait être BIG (pour Bridge Into Generations)? D’après nos informations, il souhaite s’inspirer de sa réussite professionnelle et de la philosophie de l’aïkido – dans laquelle on tire sa force de celle d’autrui – pour essayer d’implémenter son projet de «philanthropie participative et contagieuse, en temps et/ou en argent».

L’idée est non seulement d’aider directement des individus à différents niveaux (dans le cas d’un chômeur, par exemple, cela pourrait être l’accès à une formation, un coaching physique et mental, une aide au désendettement si besoin, voire un emploi à la clé), mais également d’initier des changements profonds dans le système économique local. 

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Une approche qui reflète la philosophie qui anime ce jeune quadragénaire hyperactif. En effet, comme le montre le site web de sa holding, Olivier Plan est non seulement un développeur (via Immologic), mais il détient aussi un portefeuille immobilier (plus de 300 appartements). Il a créé une structure qui possède près d’une dizaine de restaurants entre Genève et Lausanne (dont depuis peu la célèbre Coupole à deux pas du rond-point de Rive) et qui détient, entre autres, une participation minoritaire dans trois fitness Harmony.

Quoi qu’il en soit, son intention est d’intégrer, dans chacune de ses sociétés, une dimension sociale en lien avec les axes d’intervention de sa future fondation. Et c’est sa vision et cette logique de prospérité partagée qu’il souhaite étendre à tous ses partenaires afin de créer un cercle vertueux. In fine, le but est de faire en sorte que la fondation parvienne à s’autofinancer, même s’il va verser un important capital pour le démarrage.

Créée le 31 janvier avec siège à Genève, la Fondation BIG est présidée par Christophe Pidoux (associé du bureau d’architectes Frisk de Marignac Pidoux), Olivier Plan en assume la vice-présidence, Oscar Frisk (associé du même bureau d’architectes) prend le poste de trésorier et Nabil Oulhaci (associé chez Favre & Guth) est secrétaire. Cette fondation vise prioritairement trois types de population: les chômeurs, les personnes âgées seules et les jeunes en perdition. 

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Cette fondation est la suite logique d’une réflexion qu’Olivier Plan a entamée voilà quinze ans. Ce serait en voyant la détresse liée à la fin de vie de ses grands-parents que le Genevois a pris le temps de faire mûrir son projet: il s’attachera désormais à développer l’habitat et les liens intergénérationnels pour adoucir la vieillesse des personnes âgées et donner un coup de pouce aux jeunes. Ainsi, par exemple, au sein de sa principale société, Immologic (17 salariés), cet entrepreneur altruiste mène une politique volontariste de recrutement des aînés.

Des précédents

Né deux ans plus tôt, Yann Borgstedt avait fondé la Fondation Smiling Children en juin 2005. Ce représentant de la cinquième génération au sein du groupe Pelichet, mais qui est de plus en plus actif dans la promotion immobilière (via Previgest), s’est fixé comme objectif le renforcement de la position des filles et des femmes dans les pays où elles subissent de fortes discriminations.

Tournant avec un budget annuel de quelque 2 millions de francs, cette fondation, rebaptisée en 2012 The Womanity, soutient quatre programmes: une quinzaine d’écoles en Afghanistan; la première radio dédiée aux femmes au Moyen-Orient; le programme WomenChangeMakers (actif en Inde et au Brésil); et le Womanity Award, une récompense créée en 2014 spécialement pour les innovations en faveur de la lutte contre la violence faite aux femmes. L’an dernier, le 6e gala de bienfaisance organisé en faveur de la Fondation Womanity avait réussi l’exploit de récolter 2,6 millions de francs.

Autre Genevois actif principalement dans l’immobilier, Abdallah Chatila est né lui aussi en 1974. Venu du Liban pour s’établir à Genève en 1988, il a créé la Fondation Sesam en 2011 au moment où débutait en Syrie une guerre aussi meurtrière que fratricide. La philosophie de sa fondation est, comme pour celle de Yann Borgstedt, de joindre des forces, collaborer avec d’autres organisations, pour multiplier les résultats positifs. 

La Fondation Sesam est active dans de nombreux secteurs: santé avec le pôle autisme, jeunesse (en décernant des bourses à des étudiants pour pouvoir étudier dans d’autres pays durant deux semestres au maximum), artistique, action sociale ou encore humanitaire. En 2015, cette fondation a soutenu des projets à hauteur de 1,2 million de francs.

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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