Bilan

LafargeHolcim retrouve la voie de la rentabilité

LafargeHolcim a retrouvé la voie des bénéfices au premier trimestre grâce essentiellement au produit de la vente d'activités en Asie.

Le chiffre d'affaires s'est contracté de 7,1% à 5,63 milliards de francs.

Crédits: Keystone

LafargeHolcim a retrouvé la voie des bénéfices au premier trimestre de 2017, grâce essentiellement au produit de la vente d'activités en Asie. La direction maintient ses objectifs opérationnels pour l'ensemble de l'exercice, en termes de désinvestissements et de synergies notamment, mais prévient que les coûts risquent de prendre l'ascenseur.

Les analystes dénoncent un excès de grandiloquence au moment de mettre des qualificatifs sur une performance somme toute soutenue par un produit du démembrement en cours du colosse au pieds de ciment et s'inquiètent de l'impact de prochain la vacance à la tête de l'entreprise sur les perspectives à court terme.

Le chiffre d'affaires s'est contracté de 7,1% à 5,63 mrd CHF. Le mastodonte helvético-français des matériaux de construction a profité d'un apport exceptionnel de 339 mio CHF, issu de la vente des opérations au Vietnam, pour dégager un bénéfice net 262 mio CHF au lieu d'une perte de 47 mio CHF un an plus tôt, détaille le rapport intermédiaire publié mercredi.

Érosion opérationnelle 

L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) ajusté des frais de fusion, restructuration et autres facteurs jugés exceptionnels s'est affaissé de 4,7% à 801 mio CHF, en dépit d'un élargissement de 0,3 point de pourcentage de la marge afférente, à 14,2%. La perte nette récurrente a été divisée par quatre, à 19 mio CHF.

A périmètre constant, l'entreprise de Jona-Rapperswil revendique une croissance de 5,3% et une progression de 14,5% de sa rentabilité ajustée. L'endettement net a été réduit à 15,01 mrd, contre 18,04 mrd CHF douze mois plus tôt, malgré un enfoncement dans le rouge du flux de trésorerie opérationnel disponible, à -836 mio CHF.

L'érosion des revenus s'est avérée moins importante que pronostiqué par les analystes consultés par AWP, qui articulaient en moyenne un chiffre d'affaires de 5,53 mrd CHF. L'excédent opérationnel ajusté était attendu un million au dessus de celui publié, à 802 mio CHF.

Par segment d'activité, les ventes de ciment ont fondu de 15% à 58,1 millions de tonnes, celles de granulats ont grappillé 0,2% à 51,7 millions de tonnes et celles de béton prêt à l'emploi se sont contractées de 9,4% à 11,4 millions de m3. Les prix du ciment se sont étoffés de 1,2% sur un trimestre et de 5,3% sur un an.

L'Asie/Pacifique demeure la première source de revenus pour LafargeHolcim, en dépit d'une chute de 16,7% des ventes à 1,79 mrd CHF. Le chiffre d'affaires réalisé sur le Vieux continent (-1,1% à 1,48 mrd CHF) a mieux résisté. La contribution de l'Amérique du Nord s'est étoffée de 4,7% à 907 mio CHF et celle de l'Amérique latine de 1,6% à 693 mio CHF. Les recettes générées au Moyen-Orient et en Afrique se sont tassées de 16,2% à 878 mio CHF.

Hors variations de périmètres d'activités, quatre des cinq régions ont dégagé des excédents opérationnels en hausse, assure le cimentier.

Objectifs reconduits à court terme

Sur l'ensemble de l'exercice, le groupe vise toujours un Ebitda ajusté au moins 10% supérieur à celui de 2016, sur une base comparable. Le bénéfice par action récurrent (BPA) doit progresser de plus de 20% et le ratio dette nette/Ebitda d'environ deux fois.

L'objectif de 5 mrd CHF de désinvestissement d'ici la fin de l'année demeure d'actualité, tout comme celui pour les synergies attendues de 400 mio CHF sur l'ensemble de l'exercice. Le rapprochement des anciens concurrents Lafarge et Holcim a permis d'économiser 94 mio CHF sur les trois premiers mois de 2017.

"Les résultats du premier trimestre ne constituent pas le triomphe auquel le communiqué de presse essaie de nous faire croire", tacle Kepler Cheuvreuxe, évoquant un "grand nettoyage" des chiffres.

Quelle que soit l'appréciation de la performance, le problème principal de LafargeHolcim réside dans le départ précipité de son directeur général, qui risque de générer des lacunes au niveau des objectifs financiers sur les prochains partiels, s'inquiètent plusieurs analystes.

En plus du retrait annoncé d'Eric Olsen, LafargeHolcim va devoir colmater les brèches percées dans sa réputation par ses errements en Syrie et affronter une inflation de ses coûts de fonctionnement, prévient le gestionnaire d'actifs irlandais Davy.

La plus grande surprise réside dans la concrétisation des objectifs intermédiaires, reconnaît Société Générale. Cette dernière doute néanmoins de la durabilité des hausses tarifaires sur des marchés comme le Nigeria ou l'Egypte.

Vontobel à l'inverse applaudit l'embellie évoquée pour le mois de mars et extrapole une poursuite sur cette voie au cours des deux prochains trimestres.

A 10h25, la nominative LafargeHolcim abandonnait 1,2% à 56,70 CHF, dans un SMI pratiquement stable (+0,02%).

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