Bilan

La Suisse, un modèle d’apprentissage

Environ 120 délégations venues du monde entier se sont rendues dans notre pays entre 2012 et 2016 pour s’informer sur la formation professionnelle.

Lors du concours 2017 des apprentis paysagistes romands.

Crédits: Jean-Bernard Sieber/Arc

Une montre assemblée par des apprentis, c’est le cadeau qu’a offert le conseiller fédéral Didier Burkhalter au vice-président américain Joe Biden en avril 2014. Puis, en septembre de la même année, l’épouse de ce dernier a visité l’entreprise Bühler à Uzwil (SG), en marge d’un congrès international sur la formation professionnelle à Winterthour. Quelques mois plus tard, le ministre de l’Economie Johann Schneider-Ammann et plusieurs patrons de multinationales helvétiques étaient conviés à la Maison-Blanche pour évoquer le système de formation duale (en entreprise et à l’école), qui permet aux Helvètes de s’intégrer au marché du travail au terme de leur scolarité obligatoire. Pour réduire le chômage des jeunes, les Etats-Unis comme d’autres pays cherchent à copier le modèle helvétique.

Depuis quelques années, l’apprentissage suscite un véritable engouement mondial! Entre 2012 et 2016, le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) a accueilli environ 120 délégations étrangères (en moyenne deux par mois), composées d’experts et de chercheurs, d’acteurs nationaux et régionaux de la formation et de représentants de ministères. Et ce chiffre ne reflète que partiellement la réalité car il ne comprend pas les missions reçues par d’autres offices de la Confédération ainsi que par les cantons, les écoles, etc.

Les délégations qui ont fait le déplacement en terre helvétique proviennent à la fois de pays européens (par exemple Royaume-Uni, France, Danemark, Bulgarie, Lettonie, Espagne...) et d’autres continents (Afrique du Sud, Chine, Corée du Sud, Etats-Unis, Mexique, Singapour...).

De l’avis de Jérôme Hügli, responsable de projet au SEFRI, «ces délégations désirent dans un premier temps obtenir plus d’informations sur le système de formation helvétique. Cet intérêt se concrétise parfois dans une volonté de coopérer avec la Suisse dans ce domaine.» Le SEFRI a ainsi conclu des conventions avec l’Afrique du Sud, la Corée du Sud, l’Inde, la Lettonie, le Mexique et les Etats-Unis. Et le dernier jour de mars 2017, la présidente de la Confédération, Doris Leuthard, a signé un accord sur la formation professionnelle avec le premier ministre de l’Albanie, Edi Rama, lors de sa visite officielle dans notre pays.

Adapter plutôt que copier

Le modèle de l’apprentissage, qui concerne deux tiers des jeunes Helvètes, peut-il être facilement reproduit par d’autres pays? Jérôme Hügli répond par la négative: «Il n’est pas possible de simplement copier le système de formation professionnelle suisse dans un autre pays en raison des différences des conditions socioéconomiques et culturelles. Il est néanmoins envisageable d’adapter certains éléments clés au contexte national, pour autant que les partenaires locaux décident de s’engager dans un processus à long terme.»

Selon Jérôme Hügli, «les expériences faites par différents partenaires suisses montrent qu’il existe certains obstacles fréquents lors d’un processus de transfert-adaptation du système dual de formation professionnelle: mauvaise image et réputation de la formation professionnelle dans beaucoup de pays, nécessité de renforcer le rôle du secteur privé dans ce domaine et difficulté à faire comprendre que les effets bénéfiques d’une formation proche des besoins de l’économie prennent du temps».

Si la Suisse s’engage autant dans la valorisation de la formation duale au niveau international, c’est notamment pour faciliter la reconnaissance des diplômes helvétiques à l’étranger.

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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