Bilan

La startup qui fait un carton avec sa passion pour les abeilles

Non seulement la startup zurichoise Wildbiene a un projet pour sauver le monde, mais en plus elle gagne de l’argent, créée des emplois et s'apprête à conquérir le marché français.
  • Fondée par deux biologistes, la startup Wildbiene und Partner est un spin-off de l'EPF de Zurich.

  • Les fondateurs Claudio Sedivy et Tom Strobl sont des biologistes zurichois.

    Crédits: DR

Œuvrer à la durabilité de notre alimentation tout en générant des revenus et des emplois? Oui c’est possible. La preuve avec la start-up suisse Wildbiene + Partner. Créée en 2013 par deux biologistes zurichois, Tom Strobl et Claudio Sedivy, la firme travaille à la multiplication de la population des abeilles sauvages en s’appuyant sur trois piliers.

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Les particuliers ont d’abord la possibilité de parrainer des abeilles en hébergeant une maisonnette en bois BeeHome avec au départ une vingtaine de cocons d’abeilles. Les privés ont ensuite la possibilité de renvoyer les insectes à la firme par la poste pour leur soin annuel. La société offre aussi un service de pollinisation pour les producteurs de fruits. Enfin, des spécialistes proposent un service de conseil aux paysagistes pour la conception de jardins respectueux des abeilles.

Déjà 20'000 parrains en Suisse

Bardée de prix d’entrepreunariat durable, cette spin-off de l’EPF de Zurich compte aujourd’hui 20'000 parrains en Suisse. «Nos produits sont vendus à 90% sur le net, détaille Chloé Humbert-Droz, cheffe de projet. Durant les quatre dernières années, la société a enregistré une croissance de 100%.» Parallèlement, le nombre d’employé a quadruplé pour atteindre une quinzaine d’équivalents temps plein.

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L’expansion à l’étranger a déjà débuté avec des activités implantées en Italie et en Allemagne. Chloé Humbert-Droz reprend: «Nous avons lancé le projet en France ce printemps et le marché réagit très bien. Nous pensons compter un millier de parrains d’ici la fin de la saison.»

Plusieurs millions d'abeilles maçonnes

Afin d’obtenir des résultats optimaux dans la pollinisation, Wildbiene + Partner a misé sur une espèce particulière d’abeille sauvage: l’abeille maçonne. Alors qu’en Suisse les cultivateurs ont surtout recours aux bourdons terrestres et aux abeilles mellifères, l’abeille maçonne offre une alternative plus durable et beaucoup plus mobile. Elle change fréquemment de rang dans les vergers lorsqu’elle butine, ce qui améliore la pollinisation et la fécondation croisée. Entre 1000 et 2000 abeilles maçonnes suffisent à polliniser entièrement un hectare de cerisiers, indique la société.

Par son travail, Wildbiene + Partner veut contribuer à ce que les pollinisateurs en Suisse ne disparaissent pas à l'avenir. La firme mise pour ceci sur un travail éducatif, la reproduction active et ciblée des abeilles maçonnes et à la création d'habitats d'abeilles sauvages. Chloé Humbert-Droz souligne: «Une communauté de plus de 30'000 personnes suit déjà notre newsletter. Quant aux abeilles maçonnes, nous en avons déjà multiplié plusieurs millions.»

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Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

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Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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