Bilan

La start-up Annanow se profile comme un Uber de la livraison

Lancée ce printemps, la start-up veut mettre en relation clients et coursiers par le biais d’une application. La firme promet jusqu’à 45 francs de l’heure aux livreurs.
  • La start-up Annanow décline dans la logistique le concept popularisé par Uber de mise en relation de particuliers.

  • Annanow propose des livraisons dans un rayon de 2,6 kilomètres effectuées dans l’heure.

Un paquet urgent à livrer ? Le client se branche sur l’application Annanow, enregistre sa demande et le coursier disponible à la plus courte distance est mandaté par le système pour effectuer la course. Active depuis ce printemps à Zurich, la start-up Annanow décline ainsi dans la logistique le concept popularisé par Uber de mise en relation entre prestataires et consommateurs de services. La firme basée à Zoug cherche à bâtir un réseau avec de partenaires professionnels actifs dans les transports et permet aussi aux particuliers de s’improviser livreurs à leurs heures perdues. Automobilistes, cyclistes et même piétons peuvent s’inscrire comme coursiers occasionnels sur la plateforme. Le site promet des revenus grimpant jusqu’à 45 francs de l’heure.

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Proposant des livraisons dans un rayon de 2,6 kilomètres effectuées dans l’heure, Annanow prélève une commission de 20% sur le prix de la course dont le livreur conserve 80%. Le client paie 10 francs pour une livraison dans un rayon de 1,5 kilomètre et 15 francs pour la distance maximale. La firme ancre ses activités dans le domaine du «dernier kilomètre», soit la phase la plus coûteuse et exigeant le plus de flexibilité de la livraison de colis.

Considérant ses coursiers comme des indépendants et non des employés, Annanow ne s’acquitte pas des charges sociales, tout comme le fait Uber. Un fonctionnement qui inquiète déjà les syndicats, tandis que du côté de la Confédération, le Seco (Secrétariat d’Etat à l’économie) étudie de nouveaux modèles pour distinguer indépendants et faux indépendants, soulignait la Neue Zürcher Zeitung.

Avec un site pour l’heure uniquement en allemand, les fondateurs Daniel Stutz Daniel Gradenegger affichent de grandes ambitions. Parallèlement à la conquête des villes de Suisse, Annanow veut aussi développer des activités dans les métropoles allemandes de Munich, Francfort et Berlin, rapporte la presse.

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Alors que le commerce de détail traverse une crise internationale sans précédent causée par le boom du e-commerce, toujours plus de colis doivent être acheminés jusque chez le client. En Suisse, le marché de la livraison est estimé à plusieurs milliards de francs et continue à croître. Pour l’instant, La Poste domine encore largement la distribution. Le secteur pourrait être bientôt bouleversé par l’irruption de géants internationaux comme Amazon. Le leader mondial du commerce en ligne travaille en effet à la mise en place de son propre système de livraison en Europe.

 

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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