Bilan

La Poste n'exclut pas une entrée en Bourse

Le président de la Poste, dont c'est le premier jour en tant que société anonyme, n'exclut pas une entrée en Bourse, mais pas avant cinq ans. Une sorte de privatisation à la Swisscom.
Une entrée en Bourse de La Poste Suisse fait partie des possibilités du groupe mais pas avant cinq ans, a déclaré le président du conseil d'administration, dans une interview publiée mercredi par le Tages-Anzeiger alors que le géant jaune fait ses premiers pas en tant que société anonyme.

«Une entrée en Bourse à l'image de Swisscom est tout à fait envisageable mais ce n'est pour le moment pas d'actualité», a déclaré Peter Hasler, précisant que la Confédération garderait la majorité et que le projet ne concernerait donc que 49% des actions au mieux.

L'opérateur télécom avait démarré sa cotation le 5 octobre 1998, ne proposant sur les marchés que 34,5% de son capital-actions, le reste étant détenu par la Confédération. Cette dernière détient actuellement 54,81%.

Tout est possible

Ce délai de cinq ans est nécessaire car Postfinance dispose encore d'une garantie d'Etat durant cette période. «Et si la filiale ne peut être privatisée durant cinq ans, alors sa maison mère non plus. Par la suite, tout est possible mais c'est l'affaire des politiques. (...) C'est probablement l'intention du parlement, sinon on n'aurait pas dû inscrire cette possibilité dans la loi».

Peter Hasler n'aimerait toutefois pas que La Poste devienne entièrement privée, de crainte que les actionnaires n'exigent trop de rendement ou des dividendes élevés. Il tient également à apaiser les craintes des équipes, rappelant que les négociations n'avaient pas pour objectif d'abaisser les salaires. «Je pars du principe qu'aucun collaborateur ne verra une baisse de sa rémunération. Et nous n'allons sûrement pas compacter les effectifs actuels sur un large front.»

Pas concerné par le dossier fiscal

Revenant sur le bras de fer fiscal en cours avec les Etats-Unis, le président de La Poste ne sait pas encore si ses établissements sont concernés. «Postfinance n'a jamais activement démarché de clients à l'étranger et certains de nos véhicules d'investissement ne sont pas accessibles aux clients mais nous sommes un fournisseur de base et nous avons dû ouvrir des comptes pour des étrangers résidant en Suisse, dont des citoyens américains.»

Depuis 2010, elle exige de ses clients américains qu'ils confirment par écrit que leurs avoirs sont correctement déclarés. A ce titre, La Poste n'a reçu aucun signe des autorités américaines qu'elle encourait la moindre procédure, ajoute le président qui précise que les volumes en question ne représentent nullement un danger.

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