Bilan

La pharma veut aussi exploiter le «Swiss made»

Le groupe pharmaceutique bâlois Acino utilise l'image des montagnes suisses pour commercialiser ses génériques à l'étranger. Même s'ils comportent des ingrédients provenant d'Asie.
L'entreprise pharmaceutique Acino, basée à Aesch dans le canton de Bâle, est très connue avec ses génériques dans des pays comme l'Irak, l'Arabie Saoudite ou encore le Sénégal. Où elle se fait une place au soleil à coups de Swissness, la marque de fabrique suisse.

«Swissness fonctionne partout dans le monde, même en Afrique», a souligné le directeur général Peter Burema. L'horlogerie exhibe le Swiss made en gage de qualité, riche d'une longue histoire; pourquoi la santé ne fairait pas de même? «L'exigence de qualité et de prestige ne concerne pas que le luxe mais aussi les médicaments au Proche-Orient, en Afrique et en Asie», a expliqué le Hollandais au Tages Anzeiger.

Problèmes de fabrication dans les pays à bas coûts

Le groupe vise spécialement des nations émergentes qui ont choisi les génériques et ont les moyens. «Ils ne veulent pas de médicaments anonymes de leur propre pays, et encore moins de Chine ou d'Inde», explique le directeur. Le scandale en 2008 de l'anticoagulant Héparine fabriqué et contaminé en Chine n'a pas été oublié. «Des produits provenant des Etats-Unis ou d'Europe ont toujours une grande importance».

Le groupe vise spécialement les médecins et les pharmaciens en leur faisant miroiter son côté suisse. Une image qui ne correspond pas complètement à la réalité puisqu'une partie des médicaments est fabriquée en Europe, en Allemagne notamment. En outre, certains des principes actifs proviennent souvent de Chine ou d'Inde.

Un approvisionnement qui pose souci au groupe bâlois. Ce dernier avait vu son Clopidogrel, un générique de l'anticoagulant Plavix, rappelé par l'Agence européenne du médicament (EMEA) en 2010 suite à des vices de fabrication en Inde.

60% du prix de revient pour bénéficier du label

Le groupe pharma dispose toutefois d'une marge puisque selon le texte accepté par les deux chambres fin juin 2013, 60% au moins du prix de revient des produits industriels suisses devra avoir été réalisé dans le pays pour bénéficier du label Swissness. Les coûts de recherche et développement entrent aussi dans cette proportion.

A titre de rappel, les denrées alimentaires doivent comporter 80% du poids des matières premières de provenance nationale et les produits laitiers devront être 100% suisses pour avoir droit à l'appellation.

Les sommes en jeu sont conséquentes puisque des chercheurs de l’université de Saint-Gall avaient calculé que la valeur ajoutée grâce au label «swiss made» pouvait atteindre 20% selon la branche économique.
Pascal Schmuck

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